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Semaine télé du 15 au 21 avril 2017
Salut les câblés !
publié le samedi 15 avril 2017

Samedi 15 avril 2017

20.40 : Le Chéri de ces dames de Robert Moore (1978), OCS Géants
Entre deux épisodes, Peter Falk retirait l’imperméable de Columbo pour enfiler celui d’un autre détective (ici, Lou Peckinpaugh), souvent parodique (The Cheap Detective en VO). On y croise Louise Fletcher, moins agréable que Stockard Channing, Ann-Margret ou Eileen Brennan (Betty De Boop !!!).

20.45 : L’Interprète de Sydney Pollack (2005), Émotion
L’ultime film de fiction du cinéaste. La grande salle de l’ONU comme si on y était, un sombre complot contre le président du Matobo, Nicole Kidman et Sean Penn + Catherine Keener. Et le film est un des rares de l’auteur à être inédit sur le câble (en tout cas, depuis trois ans).

20.45 : Another Country de Marek Kanievska (1984), Club
Le premier, et remarquable, film d’un réalisateur anglais peu prolifique (mais on n’a pas vu ses trois autres, entre 1987 et 2004), et premier film également pour Rupert Everett et Colin Firth, qui, depuis… Les années 30 dans un collège, la formation des futures élites, l’homosexualité, affichée mais réprimée, la tentation du communisme - personnages inspirés par les Cinq de Cambridge, Philby, Burgess et les autres, dont certains s’installèrent à Moscou après la guerre.

20.45 : Freaks de Tod Browning (1932), Classic
Chef-d’œuvre sans précédent et sans postérité, personne n’ayant depuis osé utiliser de vrais phénomènes de foire dans un film de fiction. Mais le regard de Browning n’est pas complaisant : ses monstres, homme-tronc, sœurs siamoises, femme à barbe, sont comme des humains, avec des réactions humaines, l’amour, l’amitié, la vengeance. La dernière séquence, la poursuite, sous une pluie d’apocalypse, de la trapéziste "normale", seule véritable monstre du film, est anthologique.

21.45 : Tod Browning, un réalisateur hors norme d’Alain Mazars (2016), Classic
Intéressant, quoique moins réussi que le doc sur Jacques Tourneur, du même Mazars. Le défilé de cinéphiles et critiques décrivant leur passion pour Browning est un peu lassant, mais il y a nombre d’extraits de films peu connus du cinéaste.

22.45 : L’Inconnu de Tod Browning (1927), Classic
Encore un chef-d’œuvre. L’immense Lon Chaney, lanceur de couteaux, qui s’arrange pour s’adapter à la curieuse phobie des mains de sa partenaire Joan Crawford, dont il est follement amoureux. Son rire final, muet évidemment, est un plan d’anthologie (bis).

23.35 : Le Testament du docteur Mabuse de Fritz Lang (1932), Classic
Quelle soirée sur la chaîne ! Ce n’est plus une découverte, mais c’est une bonne manière de continuer à côtoyer les cimes. Toujours la version allemande - on aimerait revoir de temps en temps la version française.

23.55 : L’Homme du peuple d’Andrzej Wajda (2013), OCS City
On ne peut pas dire que la disparition récente du cinéaste polonais ait suscité beaucoup d’hommages sur le câble. Son avant-dernier film, biographie de Lech Walesa, en souvenir des belles années de Solidarnosc, lorsque celui-ci représentait l’espoir.

Dimanche 16 avril 2017

20.40 : Chantons sous la pluie de Gene Kelly & Stanley Donen (1952), OCS Géants
Attention : un seul plan et l’on est scotché durant 103 minutes, même (et surtout) si on connaît le film jusque dans les derniers détails. Le plus beau film depuis La Sortie des usines Lumière.

20.45 : The Full Monty de Peter Cattaneo (1997), Club
Le film ne passe pas si souvent que ça (dernière projection : 21 avril 2016). Ou comment faire rire avec un drame social, ce que, à la différence de nos cinéastes, les Anglais savent concocter.

20.45 : Les Forbans de la nuit de Jules Dassin (1950), Classic
Assurément le plus grand film de Dassin : Widmark, minable voyou, tentant d’organiser des combats de lutte clandestins, dans le Londres des bas-fonds, et que la rencontre de Gene Tierney ne sauvera pas. Les seconds rôles, Francis L. Sullivan, l’étrange Googie Withers, sont inoubliables. En cherchant bien, on peut trouver le roman d’origine, signé Gerald Kersh, presque aussi bien.

20.55 : Nos plus belles années de Sydney Pollack (1973), Arte
Semaine des Pollack inédits ? C’est surprenant, mais cette superbe reconstitution de l’Amérique des décennies 30 et 40 n’a pas été programmée ces dernières années. Barbra Streisand en militante communiste est aussi convaincante que Redford en étudiant-futur-écrivain, à la veille du maccarthysme. Dalton Trumbo a collaboré au scénario, donc l’ambiance est garantie.

23.55 : L’enfer est à lui de Raoul Walsh (1949), TCM
Note du 27 octobre 2016 : "Encore un chef-d’œuvre, que, durant les quinze années qui suivent, Walsh n’égalera pas. Un des grands rôles pour Cagney - et surtout pour sa mère (dans le film) Margaret Wycherly. Le finale apocalyptique dans l’entrepôt demeure une des plus belles séquences de l’histoire du film noir.

00.20 : Fumerie d’opium de Rafaello Matarazzo (1947), France 3
Dans son excellente exploration des films italiens peu vus, Patrick Brion exhume ce soir un Matazarro quasi inconnu, d’avant les grands mélos des années 50, Le Mensonge d’une mère ou Larmes d’amour. Emilio Ghione Jr y reprend le rôle du chef de bande Za-la-Mort, tenu par son père dans les années muette (et, entre nous, Les Souris grises, 1918, c’est beau comme du Feuillade).

Lundi 17 avril 2017

20.40 : Les Leçons de la vie de Mike Figgis (1994), Paramount Channel
Soirée Mike Figgis sur la chaîne - plus exactement, soirée Richard Gere, qui ne commence qu’avec le film suivant, également de Figgis. Dans cette nouvelle version de la pièce de Terence Rattigan, The Browning Version, Albert Finney, âgé, est aussi plaisant qu’il y a trente ans et en plus, il y a Greta Scacchi.

20.40 : Un Français de Diastème (2015), OCS Choc
Le film n’a pas été un succès (56 000 entrées) et c’est dommage, car le portrait qu’il dresse du skinhead ultra-violent peu à peu enrôlé dans les troupes du FN est d’une rare justesse. Alban Lenoir, second couteau depuis dix ans, trouve ici un rôle à sa mesure. Samuel Jouy, un de ses partenaires, vient de signer un très bon long, Sparring, qu’on espère voir sortir bientôt.

20.40 : Échec au porteur de Gilles Grangier (1958), OCS Géants
Bonne idée que d’extraire du purgatoire ce film de Grangier, suspense à partir d’un ballon de foot chargé d’explosifs, d’après le roman de Noël Calef. Reggiani, Meurisse, Jeanne Moreau, un noir & blanc d’époque comme on n’en verra plus.

20.45 : Mustang de Deniz Gamze Ergüven (2015), Club
Film français, bien qu’il se passe en Turquie et mette en scène cinq adolescentes en rupture avec l’étouffement des traditions villageoises. Événement cannois en 2015, une poignée de César, on attend la suite - tout au moins le second film de la jeune réalisatrice turque.

22.25 : Affaires privées de Mike Figgis (1990), Paramount Channel
Un second film du cinéaste, également inédit à la TV. Plus que "privées", ce sont des affaires intérieures (Internal en VO), celles du service de police de Los Angeles. Joli trio : Richard Gere, Andy Garcia, William Baldwin - une histoire d’hommes.

22.55 : Unforgiven de Lee Sang-il (2013), Premier
Toujours inédit en salle, depuis son passage en novembre dernier sur le câble. L’adaptation nippo-coréenne du film d’Eastwood vaut son modèle, Ken Watanabe remplaçant Clint.

Mardi 18 avril 2017

20.40 : Un homme très recherché d’Anton Corbijn (2014), OCS City
Note du 10 août 2016 : "Adapter John Le Carré en 2014 ? Pourqoui pas ? Corbijn, le cinéaste qui monte, a choisi une troupe - Philip Seymour Hoffman, Robin Wright, Willem Dafoe, Daniel Brühl - qui, à elle seule, vaut qu’on s’y arrête. Et Le Carré, ça marche toujours très bien."

20.40 : Cause toujours… tu m’intéresses d’Édouard Molinaro (1979), OCS Géants
Soirée sinistrée sur le bouquet OCS. Pourquoi ne pas jouer la carte de la comédie à la française ? D’autant que le tandem Annie Girardot - Jean-Pierre Marielle fonctionne bien et que Molinaro savait trousser une histoire.

20.50 : Le Secret des poignards volants de Zhang Yimou (2004), Action
Le film est en VF, mais le dialogue est-il bien important ? On coupe le son et on admire la performance de Zhang Ziyi.

22.20 : Bella e perduta de Pietro Marcello (2015), Club
Seul film inédit de la soirée sur le bouquet Ciné+. Curieuse histoire, entre folklore et fantastique, dans laquelle Polichinelle sauve un bufflon et lui fait traverser l’Italie, "belle et perdue". Marcello avait signé en 2009, l’excellent La bocca del lupo.

00.05 : La fièvre monte à El Pao de Luis Buñuel (1959), OCS Géants
On l’indique pour mémoire et parce que, le film étant inédit sur le câble, il permet de compléter la connaissance buñuelienne - et parce qu’il s’agit de la dernière apparition de Gérard Philipe.

Mercredi 19 avril 2017

20.40 : Elefante blanco de Pablo Trapero (2012), OCS City
Le sujet - deux prêtres projetant de construire un hôpital - pouvait faire trembler. Mais Ricardo Darin est un acteur capable de nous faire accepter toutes ses transformations, et Jérémie Renier se sort très bien de l’affrontement.

20.40 : Alleluia de Fabrice du Welz (2014), OCS Choc
Si l’on aime bien les couples mortifères. Lola Dueñas (extraordinaire) et Laurent Lucas, dans une chevauchée meurtrière, digne des Tueurs de la lune de miel. Le meilleur des trois films du cinéaste projetés à la suite - Calvaire (2004) à 22.15 et Vinyan (2008) à 23.45.

20.45 : Spartan de David Mamet (2004), Frisson
Mamet est plus apprécié comme scénariste que comme réalisateur, à tort, si l’on se souvient de La Prisonnière espagnole. Sans être fanatique de Val Kilmer, on peut reconnaître qu’il assure.

20.45 : La Chute de la maison Usher de Roger Corman (1960), Classic
La première adaptation d’un conte de Poe par l’auteur - il y en eut bien d’autres, tous scénarisés par Richerd Matheson. C’était l’époque où Corman tournait six films par an, mais ça ne se sentait pas (trop). Plus spectaculaire que la version muette de Jean Epstein, mais moins estimée, ce qui est dommage.

22.00 : L’Espion noir de Michael Powell (1939), Classic
Rencontre, qui s’avèrera fructueuse, entre un scénariste, Emeric Pressburger, et un cinéaste, Michael Powell. Pendant quinze ans, ils travailleront ensemble et signeront une brouette de chefs-d’œuvre, Colonel Blimp, Narcisse noir et autres. Ici, Conrad Veidt est un méchant de haut niveau.

22.25 : El club de Pablo Larrain (2015), OCS City
Pour achever la soirée latino proposée par la chaîne, l’antépénultième film de Larrain, qui en tourne désormais un par an. On l’avait recommandé le 31 janvier 2017, sans l’avoir vu. Après examen, on maintient la recommandation : une communauté de prêtres suspendus pour divers péchés, dont la pédophilie, n’est pas un sujet très fréquemment abordé.

23.55 : Les Misérables de Raymond Bernard (1933), OCSGéants
Pour les couche-tard, les trois épisodes de la si belle version du roman de Hugo. Sinon, le coffret DVD est disponible.

Jeudi 20 avril 2017

20.40 : Horizons lointains de Rudolph Maté (1955), Paramount Channel
Note du 28 avril 2016 : "C’est, à notre connaissance, le seul film à traiter de l’expédition Lewis et Clark, les premiers à traverser l’Amérique d’Est en Ouest (et retour) entre 1804 et 1806. Fred McMurray et Charlton Heston en explorateurs et Donna Reed en guide indienne (tout est historique)."

20.40 : Voyage en Chine de Zoltan Mayer (2015), OCS Max
À force de jouer des personnages répétitifs, Yolande Moreau finit par toucher moins que lors de ses débuts chez les Deschiens. Mais son mutisme obstiné marche encore, lorsque l’argument le justifie - ici, une mère qui va jusqu’en Chine pour connaître la vérité sur la mort de son fils.

20.40 : Des gens sans importance d’Henri Verneuil (1955), Histoire
Une perle repêchée par la chaîne. Un des meilleurs Verneuil - et des meilleurs Gabin - de la décennie. Noirceur, noirceur et noirceur. Gabin en routier, lâchant Yvette Étiévant et ses enfants pour Françoise Arnoul. Et des seconds rôles, Dalban, Frankeur, Mondy, pour garantir l’ambiance.

22.15 : Quand la mer monte… de Yolande Moreau et Gilles Porte (2004), OCS Max
Le premier film réalisé par la comédienne, aidée par Gilles Porte (par ailleurs spécialiste de Marguerite Duras). Sans conteste une réussite, grâce également à Olivier Gourmet.

22.20 : Beau-père de Bertrand Blier (1981), OCS Géants
Note du 21 octobre 2016 : "Blier accumulait alors les films dérangeants. Ce qu’il pouvait se permettre à l’époque : cette histoire d’adolescente amoureuse de son beau-père, envisageable il y a trente-cinq ans, serait aujourd’hui, tout comme Lolita impossible à tourner, sous peine de se voir soupçonné de promotion de la pédophilie. Dewaere est extraordinaire, mais qu’est devenue Ariel Besse ?"

22.30 : Le Silencieux de Claude Pinoteau (1972), Classic
Un des deux très grands films de Lino Ventura (l’autre étant Un papillon sur l’épaule de Jacques Deray), d’après un très grand roman (parmi beaucoup d’autres) de Francis Ryck, Drôle de pistolet. Et Léa Massari, dans un rôle trop petit…

23.10 : Rendez-vous à Atlit de Shiel Amitay (2014), Émotion
Le retour au village natal, en Israël, de trois sœurs, après la mort des parents. Ce pourrait être convenu, mais passe une réelle émotion dans la redécouverte de la maison d’enfance. Et les trois femmes - Yaël Abécassis, Judith Chemla et Géraldine Nakache - sont remarquables.

23.50 : Séraphine de Martin Provost (2008), OCS Max
Dernier film de la soirée Yolande Moreau, plus célèbre que les deux précédents. La recréation de la peintre "inspirée" est d’une grande justesse, à rapprocher du portrait d’Aloïse par Liliane de Kermadec dans son film éponyme (avec Delphine Seyrig).

Vendredi 21 avril 2017

20.45 : Frankenstein Junior de Mel Brooks (1974), Classic
Le talent comique de Brooks nous a toujours semblé surestimé, mais cette vision détournée du mythe créé par Mary Shelley a été un tel succès planétaire en son temps qu’il vaut peut-être la peine d’être revisité. Et puis Marty Feldman en Igor, serviteur fidèle du docteur, était drôle, comme lorsqu’il jouait avec la première équipe des Monty Python.

20.45 : Robocop de Paul Verhoeven (1987), TCM
Il semble que plus le film s’éloigne dans le temps, plus il se bonifie - ou est-ce l’image que l’on a aujourd’hui du réalisateur qui a évolué dans un sens plus favorable ? Tout juste si, à l’époque, on ne jugeait pas son film comme crypto-fasciste…

23.15 : Maggie a un plan de Rebecca Miller (2015), OCS City
Pas vu, mais plusieurs raisons de le voir : d’abord les deux films précédents de Miller, The Ballad of Jack and Rose et Les Vies privées de Pippa Lee, chacun réussi. Ensuite, la distribution de celui-ci : Greta Gerwig, Julianne Moore et Ethan Hawke (+ pour les connaisseurs, Wallace Shawn). Alors, on n’hésite pas.

C’est tout pour ce soir, les programmateurs ayant pensé que tous les spectateurs relisaient les programmes des candidats avant le vote du surlendemain, et qu’il n’y avait pas besoin de fournir une nourriture fictionnelle satisfaisante.

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