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Trouble No More
Dylan en ses métamorphoses
publié le samedi 4 novembre 2017

par Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe

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Après sa trahison de 1965 - il délaisse la guitare acoustique et choisit l’électrique -, après son retournement de veste de 1969 - il revient à la country, musique de l’Amérique blanche profonde -, Dylan avait de nouveau rassemblé ses fans historiques, à travers la Rolling Thunder Revue, au mitan des années 70.

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Patatras !

Slow Train Coming, en 1979, proclame une conversion toute neuve, et, en outre, à un christianisme en version born again, pas la plus rigolarde.
Trois ans durant, jusqu’en 1981, ce ne seront que célébrations de la parole céleste, références aux Écritures et appel à Dieu, au fil de trois albums peu goûtés par ses fidèles.

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Où étaient passées l’inspiration poétique, les images inédites, la formulation sans égale ?
Les chansons produites durant cette parenthèse, une quarantaine, furent rejetées en bloc - The Lord décliné à perte de vue, non merci !

Et pourtant, il suffisait de regarder d’un peu près les textes pour constater que, sous le regard divin, la bouche d’ombre s’exprimait avec toujours autant de force et que le discours n’obéissait pas au premier degré de la poésie de patronage, mais au même hermétisme cultivé par Dylan en des temps anciens - décrypter les vers de The Groom’s Still Waiting at the Altar demandait quelques heures d’effort.
Mais Bob retira assez rapidement son froc et à la sortie de l’album Infidels, en 1983, le monde respira.

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Le bootleg n° 13, Trouble No More, revient sur la production de ces années honnies - quatre CD contenant deux concerts entiers, deux CD anthologiques des meilleurs enregistrements live entre 1979 et 1981, deux CD de chansons inédites ou de prises non conservées dans les albums Slow Train Coming, Saved et Shot of Love.

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Et l’on constate que, musicalement, il s’agit de l’une des meilleures périodes de la carrière de Dylan (comme le savaient les spectateurs du concert du stade de Colombes, en juin 1981).
Plus de blues, mais du gospel (avec un chœur de chanteuses remarquables, dont Mavis Staple), du rock ( Pressing On, Solid Rock ), de la ballade ( Every Grain of Sand ) et même du reggae ( Man Gave Names to All the Animals ), le tout soutenu par des musiciens, sur scène ou en studio, de première catégorie.
De quoi arpenter le chemin de Damas pour les anciens admirateurs alors déçus, et, pour les plus jeunes qui n’ont pas connu ces temps héroïques, découvrir le chaînon manquant entre Like a Rolling Stone et Things Have Changed.

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Durant ses concerts du Never Ending Tour, Dylan a rarement repris ces morceaux et c’est peut-être dommage : Making a Liar Out of Me (un parfait inédit) ou Trouble in Mind auraient eu leur place dans la discographie en mouvement que constituent ses quelques milliers de concerts depuis 1981.
Il y a là de quoi patienter, en attendant un album neuf - cinq ans depuis Tempest, il serait temps qu’il s’y mette, maintenant qu’il n’a plus à écrire de discours de réception pour l’Académie Nobel.

Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe

PS. Merci à Maria Zerres.

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