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À propos du 25 novembre 2017
Brève
publié le samedi 25 novembre 2017

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Ben Cash (samedi 25 novembre 2017)

Spéciale dédicace à Lucy, découverte le le 24 novembre 1974 à Hadar, Éthiopie.

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Samedi 25 novembre 2017

 

Grande victoire pour les forces démocratiques, les femmes ont maintenant deux jours à elles dans l’année : le 8 mars, et le 25 novembre.

Les débuts ont été tâtonnants, et puis ça a fini par se fixer, sous la pression de l’ONU.

* Le 8 mars, la Journée internationale des femmes, conçue en 1910, reconnue officiellement en 1977.

* Le 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, conçue en 1960, reconnue en 1999.
On aime assez que ça tombe sur le jour de la Sainte-Catherine, la fête des vieilles filles que nous chérissons particulièrement. Peu probable que cette coïncidence soit due à l’humour de ces messieurs de l’ONU, le hasard objectif plutôt, éminemment éphémère en l’occurrence de toute façon, car les les "fêtes" de nos calendriers occidentaux chrétiens varient comme des plumes au vent.

Aujourd’hui :

* À partir de 14h30 : Manif.
Rendez-vous place de la République vers l’Opéra à l’appel des organsiations les plus respectables.

Tous les jours, auto-défense.

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À long terme :

Donc les femmes ont deux jours pour l’ouvrir.
Il s’agit de profiter des vents, et de ce fait social et historique qu’est l’affaire Weinstein, pour amplifier le plus possible cette troisième vague féministe qui se dessine, l’affaire DSK n’ayant été qu’un signe avant-coureur.
"L’ouvrir" dans le vaste ouvroir qu’est le monde, les maisons et les rues, où l’urgence ne sera plus jamais les travaux d’aiguille.

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On ne résiste pas à citer l’historien des sciences, Dominique Pestre, qui, aux côtés de Françoise Héritier, devant la soutenance de thèse de Priscille Touraille, faisait, en substance, le constat suivant : "Le genre, ce n’est pas une question supplémentaire, une sorte de pièce manquante aux sciences sociales qu’il convient d’ajouter de temps en temps aux grands sujets, le mouvement ouvrier, la question sociale… Les sciences fonctionnent comme une justification de l’ordre existant, dont elles sont issues. Si on pose cette question du genre dès l’origine de la recherche, l’histoire qu’on raconte n’est plus du tout la même - et cela est valable pour toutes les disciplines."

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Ce constat fonctionne comme une invitation aux communautés savantes à changer de rôle, à faire table rase du passé et à reprendre leurs méthodes depuis le début, vers de meilleures civilisations.
Ou, au moins, vers des civilisations moins myopes, qui regardent au-delà du court terme, loin dans le passé comme dans le futur.
Même s’il n’est sans doute plus temps, ce serait une question d’honneur.

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Au niveau individuel, pour ce qui concerne cette fameuse complicité des femmes avec leur soumission (et avec leurs maltraitances), leur masochisme bien connu, leur faiblesse et leur destin naturel de victime - même si ce n’est pas le jour - peut-être faut-il rappeler que les hommes aussi peuvent être "sous influence", et qu’il s’agit sans doute d’un des traits essentiels du vivant, la plasticité, qui peut amener au meilleur ou au pire.
Même si c’est une lutte de tous les instants, il nous revient, à nous autres du genre humain, de choisir, ensemble et dans l’entraide, la justice, la résistance et la libération, plutôt que le déni et l’esclavage, ces notions non naturelles que nos esprits ont inventées.

Bonnes lectures :

* François Roustang, Influence, Paris, Minuit, 1990.

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* Priscille Touraille, Hommes grands, femmes petites : une évolution coûteuse. Les régimes de genre comme force sélective de l’évolution biologique, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’Homme, 2008.
Cf. aussi le compte rendu de Irene Barbiera, dans le revue Clio n°37, 2013.

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