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Semaine télé du 27 janvier au 2 février 2018
Salut les câblés !
publié le vendredi 26 janvier 2018
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Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 27 janvier 2018

 

19.50 : Voyages à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier (2017), Classic
Septième épisode ce soir, "Les méconnus". L’auteur a choisi, entre des dizaines de noms, ceux de Jacqueline Audry, Jean Boyer et Maurice de Canonge, chacun représenté par un titre ce soir sur la chaîne.

20.40 : Soirée blanche sur le bouquet OCS, qui recycle Effets secondaires de Soderbergh sur Choc, passé il y a trois mois, Le Troisième Homme de Reed sur Géants, programmé x fois. On ne va tout de même pas revoir Des hommes et des dieux, l’horrible pensum de Xavier Beauvois (2010) sur Max !

20.45 : In Her Shoes de Curtis Hanson (2005), Émotion
C’est à peu près l’argument des Sœurs fâchées d’A. Leclère, passé la semaine dernière : l’une folle de son corps, l’autre sans libido. Mais c’est évidemment bien mieux, avec Cameron Diaz et Toni Collette à la manœuvre (et Shirley McLaine en prime).

20.45 : Minne, l’ingénue libertine de Jacqueline Audry (1950), Classic
La deuxième des adaptations de Colette par la cinéaste, après Gigi (1948) et avant Mitsou (1956). On a longtemps peu considéré "l’unique réalisatrice française de long métrage des années 40 et 50" (en oubliant Andrée Feix), au prétexte d’une inspiration purement féminine (le féminisme n’existait pas encore formellement). Sa transposition des héroïnes de Colette est pourtant toujours juste, grâce, à chaque fois, à Danièle Delorme, parfaite et d’une amoralité tout à fait digne de la romancière. En outre, le film n’est pas fréquent.

22.10 : Circonstances atténuantes de Jean Boyer (1939), Classic
Une fin de carrière guère sauvable ne doit pas faire oublier l’importance de Boyer dans le cinéma populaire des années 30 (et même au-delà, car Nous irons à Paris (1949) est une comédie musicale charmante). Un mauvais garçon (1936), Prends la route (1936), La Chaleur du sein (1938) et ce film-ci demeurent parmi les comédies les plus réussies du moment. Et les chansons, signées Boyer et Georges Van Parys, furent des tubes, tel ici Comme de bien entendu, entonné par toute le troupe, Simon, Arletty, Andrex.

22.45 : Le Loup-garou de Londres de John Landis (1981), TCM
Il paraît que c’est en voyant ce film que Michael Jackson aurait demandé à Landis de réaliser son clip Thriller. C’est plausible, tant les trucages sont costauds : la transformation de David Naughton sous la pleine lune est un régal. À l’époque, Landis réussissait tout ce qu’il entreprenait.

23.35 : Police judiciaire de Maurice de Canonge (1958), Classic
Canonge a la particularité d’être à la fois méconnu et oublié. Pourtant Grisou (1938) est un grand film et Un flic (1947) dépeint le Quai des Orfèvres de façon mieux ressentie que le film de Clouzot. Dix ans après, il revient sur les lieux, qu’il filme avec la même justesse documentaire, bien servi par des acteurs de second plan peu flamboyants, Yves Vincent ou Albert Rémy.

 

Dimanche 28 janvier 2018

 

20.40 : Remember de Atom Egoyan (2015), OCS City
De la vengeance servie froide. Christopher Plummer, 87 ans, entre Alzheimer et fauteuil roulant, part à la recherche du bourreau de ses parents à Auschwitz. Mais quel est le bourreau, sous une fausse identité, Bruno Ganz ou Jurgen Procnow ? On pense qu’on aimait mieux Egoyan à ses débuts.
Ce film excepté, tous les choix proposés par OCS, maintenant et plus tard, sont sans intérêt. On peut éventuellement regarder The Two Jakes de Jack Nicholson (1990) sur OCS Géants à 20.40, honorable suite de Chinatown, si on ne l’a pas vu en mars 2015.

20.45 : Babel de Alejandro Gonzalez Iñarritu (2006), Émotion
Pas vraiment une nouveauté, mais le choix est dramatiquement réduit sur Ciné+. Et le film n’est pas passé depuis le 25 avril 2016. De toutes façons, il faut plusieurs visions pour apprécier pleinement l’horlogerie de la construction.

En deuxième partie de soirée sur Ciné+, opération recyclage, tout étant déjà passé et repassé depuis un temps très court (Un prophète, Le Transporteur, Guibord s’en va-t-en guerre, La Seconde Mort d’Harold Pelham).
Idem pour TCM, qui entre Ocean’s Thirteen et Das Boot, patauge dans la rediffusion.

23.00 : Les Innocentes de Anne Fontaine (2016), Émotion
On pouvait craindre le mélo lourdingue, tant le sujet est miné : des nonnes polonaises enceintes, violées par des soldats russes en 1945, et le combat d’un(e) médecin de la Croix-Rouge. Mais la réalisatrice ne tombe pas dans les pièges du scénario et traite l’affaire avec son intelligence coutumière. On découvre Lou de Lâage dans un rôle enfin différent.

00.25 : Mickey One de Arthur Penn (1965), France 3
Le film avait été un échec sanglant lors de sa sortie française (et américaine tout autant). Il faut dire que Penn n’avait pas facilité la compréhension et que la seule impression qui restait était l’immense et obscure paranoïa dans laquelle baignaient les personnages, Warren Beatty en premier. Trente ans après, si l’obscurité est toujours là, une étrange beauté se dégage du film. Bonne idée qu’a eu Brion de le programmer.

 

Lundi 29 janvier 2018

 

20.40 : Nashville de Robert Altman (1975), OCS Géants
Même en cherchant loin, pas trace d’un passage sur une chaîne, ce qui est effarant. Il s’agit en effet d’un des plus beaux films du maître, 160 minutes d’enchantement, un univers tout entier reconstitué, en un lieu et un moment, un concentré de société américaine. L’entrecroisement des trajectoires est construit de géniale façon et les acteurs, tous chanteurs, les pros, comme Ronee Blakley ou les amateurs comme Keith Carradine, sont extraordinaires. Chef-d’œuvre garanti. Émouvant de constater que l’ultime film d’Altman, A Prairie Home Companion, se passe au même endroit.

20.45 : Bone Tomahawk de S. Craig Zahler (2015), Frisson
Inconnu. Malgré ses prix au Festival fantastique de Gérardmer, et son générique (Kurt Russell, Patrick Wilson, Richard Jenkins), le film n’est sorti qu’en DVD. La liaison entre western et film d’horreur a sans doute effrayé les distributeurs. À découvrir.

20.45 : Éperdument de Philippe Godeau (2016), Émotion
Inutile de le nier : nous ne l’avons pas vu, ne supportant à la fois ni Guillaume Gallienne ni Adèle Exarchopoulos et n’étant pas contraints de le voir. Mais les films précédents du réalisateur ne sont pas négligeables, surtout 11.6 (2013), avec François Cluzel), alors…

20.45 : Objectif : 500 millions de Pierre Schoendoerffer (1965), Classic
Subjectivement, le film nous était alors sorti par les yeux ; cette histoire d’un ancien para, membre de l’OAS, reconverti à sa sortie de prison dans le braquage, même pour les beautés de Marisa Mell, non merci. Revu plus tard, hors problèmes d’actualité, il s’était révélé comme un polar comme les autres, ni meilleur ni pire.

20.50 : Le Choix des armes de Alain Corneau (1981), Arte
Sauf erreur, le film n’est jamais passé sur aucune chaîne, câblée ou non, depuis quatre ans. C’est donc une raison pour (re)voir ce dernier film de la première période du cinéaste, celle où il ne tournait que des polars, tous de haute volée (a-t-on fait mieux depuis que Série Noire ?). Interprétation blindée - Montand, Depardieu, Deneuve, Lanvin, tous fringants -, avec des seconds couteaux de choix (Étienne Chicot, Roland Blanche, Richard Anconina, Pierre Forget). Toute une époque.

20.50 : Soleil rouge de Terence Young (1971), Action
En VF, mais la VO entre Charles Bronson, Toshiro Mifune, Ursula Andress et Alain Delon n’est pas d’une authenticité absolue. Drôle de film, à mi-chemin du western et du film de sabre, tourné à Almeria en Espagne ; c’était lle temps du grand n’importe quoi, mais pas sans charme.

21.00 : Point de chute de Robert Hossein (1970), TV5
Pour ceux qui désireraient découvrir les bas-côtés de la carrière filmique de Johnny Halliday, après D’où viens-tu, Johnny ?, cette projection s’impose. Question : a-t-on fait pire ?

23.05 : Les Mutins du Yorick de Georg Tressler (1959), Arte
Jamais programmé depuis sa sortie en 1962. Arte nous avait montré cet été Les Demi-sels du même Tressler, qui faisait débuter Hosrt Buchholz, qu’il reprend ici. Un vrai film d’aventures à l’ancienne, avec, pour les amateurs, Elke Sommer.

 

Mardi 30 janvier 2018

 

19.25 : Coupable ? de Yvan Noé (1951), Polar
Encore un oublié, mais peut-être également un méconnu. Le Château des quatre obèses (1938) n’est pas si mal. Et ce Coupable ? est un polar en altitude, les Hautes-Alpes si on se souvient bien, curieuse histoire de rachat, Raymond Pellegrin trouvant auprès d’André Le Gall, dans sa scierie, la possibilité d’une vie nouvelle. Ça a vieilli, évidemment, mais l’atmosphère de la fin des années 40 est bien perceptible.

20.40 : Qui êtes-vous, Monsieur Sorge ? de Yves Ciampi (1961), OCS Géants
Jamais revu depuis la sortie, mais le film nous avait semblé très crédible et fort correctement réalisé. Jean Charles Tacchella a raison, dans ses Mémoires, de vouloir sortir Ciampi de l’oubli. Il y a là une bonne poignée de titres à vérifier.

20.45 : Macbeth de Justin Kurzel (2015), Émotion
On pourrait penser que tout a été tenté dans les adaptations de la pièce de Shakespeare. Eh non. Kurzel s’en tire tout à fait bien, et Michael Fassbender tout autant du lourd rôle-titre. On attendait la Cotillard au tournant, elle se lave les mains avec une grande véracité.

20.45 : Quand on a 17 ans de André Téchiné (2016), Club
Honte sur nous de n’avoir pas eu l’envie ni le courage de le voir. Les ados chez Téchiné, on a déjà donné. Mais le film est peut-être intéressant, et il y a Sandrine Kiberlain.

20.50 : Les Quatre Sœurs de Claude Lanzmann (2017), Arte
Suite de mardi 23 janvier 2018, avec les deux "sœurs" manquantes, Paula et Hanna, la première polonaise (Lodz), la seconde hongroise (Cluj). Paula, policière, raconte l’organisation du ghetto par le Judenrat nommé par les nazis (elle n’a été conduite à Auschwitz qu’en août 44). Hanna, avocate, raconte comment les Juifs hongrois ont été envoyés sur le front russe jusqu’en 1943. Les témoignages sont passionnants, mais la forme reste primitive - plans fixes, couleurs hideuses.

21.00 : Les Dents de la mer de Steven Spielberg (1975), Paramount Channel
Le grand cinoche de la soirée. Pourquoi pas, même si l’émotion première a disparu ? Spielberg n’en était qu’à ses débuts, et ses premiers films sont tout de même les meilleurs. L’idée d’engloutir à la suite (23.10, 01.30, 03.10) toutes les séquelles, la 2, la 3, la 4, est un cauchemar.

 

Mercredi 31 janvier 2018

 

20.40 : À vif ! de John Wells (2015), OCS Max
Un grand chef dans sa cuisine, grandeur, décadence et retour au sommet. Les ingrédients sont connus, donc pas grande surprise dans le menu. Omar Sy asure sa carrière américaine, mais on a peur qu’Alicia Vikander (qu’on est fier d’avoir découvert dès son premier film, Pure, en 2010) s’éparpille : treize films en trois ans, elle va s’user trop vite.

20.40 : Les Ogres de Léa Fehner (2015), OCS City
Là, on ne comprend pas : on retrouve une note sur le film, élogieuse (la vie du cirque, le travail sur les acteurs, Adèle Haenel, etc.), mais qui regrette la durée de 150 minutes. Or la durée annoncée ce soir est de 90 mn. Que s’est-il passé ? Après vérification, le film est sorti dans une version de 144 mn. On est curieux de voir ce qui reste.

20.40 : La Dernière Caravane de Delmer Daves (1956), OCS Géants
Daves est un humaniste et tous ses films, noirs ou westerns, Cow-boy, L’Homme de nulle part ou 3:10 pour Yuma, sont baignés par sa morale. Glen Ford était l’interprète idéal pour ça. Mais ici, même avec un cabochard comme Richard Widmark, ça marche : pas si méchant que ça. Avec Felicia Farr, surtout vue chez Daves et très peu ailleurs.

20.45 : Certains soirs, la question de la continuation d’une telle rubrique se pose, tant le paysage est d’une effarante platitude, le bouquet Ciné + se contentant de refourguer des titres passés quelques jours auparavant (les trois Enquêtes du département V, Coco, Carol, Mado), des films transparents à force d’être vus (La Belle Équipe, Le Quai des brumes) ou des films nuls (Pension complète, New York Taxi, Diabolique, Ma bonne étoile). À quoi bon ?

22.10 : Les Géants de Bouli Lanners (2011), OCS City
Enfin un film de Lanners sur le câble. Et Ultranova ? Et Eldorado ? Il n’y a pas cinquante auteurs de son gabarit dans le nouveau cinéma belge ou français. Belle soirée sur la chaîne, Fehner d’abord, Les Géants ensuite. Tout n’est pas perdu.

 

Jeudi 1er février 2018

 

20.40 : The Art of Television… les réalisateurs de série (2017), OCS Max
Reprise de cette série de documentaires (ce soir, n° 1) sur ces inconnus qui fabriquent les séries télé, et qui doivent donc s’effacer devant l’identité de la série à maintenir : aucun épisode ne doit trancher sur les précédents. Donc le mot d’ordre est savoir-faire, efficacité et anonymat. Pas d’auteurisme là-dedans (et c’est bien reposant) mais le respect d’un climat donné. Ce soir, des réalisateurs de Six Feet Under et de Mad Men.

20.45 : Public Enemies de Michael Mann (2009)
Que des personnages réels : Dillinger, en prison puis en cavale, Purvis, le policier du FBI qui le poursuit, Billie, la serveuse amoureuse qui accompagne Dillinger. Comme on connaît l’histoire, la seule occasion de s’y intéresser tient à la manière dont le réalisateur va nous raconter l’histoire. Et avec MM, on est vite embarqué. Johnny Depp est bien, pas de surprise (mais le plus impressionnant Dillinger reste Lawrence Tierney en 1946), Christian Bale égal à lui-même, mais c’est Cotillard, lady Macbeth avant-hier, qui nous surprend le plus.

20.45 : Joy de David O. Russell (2015), Émotion
Encore un personnage réel : la mère de famille qui a inventé un balai-serpillère dans les années 90. Pourquoi pas ? Jennifer Lawrence a laissé tomber son arc de Hunger Games pour bricoler dans son garage et elle réussira, comme tous les enfants de la libre-entreprise qui se donnent du mal. On imagine que Russell, qu’on a connu caustique (Les Rois du désert, Happiness Therapy) a un point de vue critique sur ce qu’il montre.

20.45 : Indiscret de Stanley Donen (1958), Classic
Premier film non musical pour l’auteur (mais il tournera encore Damn Yankees ! l’année suivante). Ce n’est pas le début de la fin, mais rien ne sera plus pareil : alors que tous ses musicals se tenaient sur la crête, ses comédies alterneront entre l’agréable (Charade) et le catastrophique (Le Petit Prince). Ici, Cary Grant, Ingrid Bergman, peut-on rêver mieux ? Eh oui, Gene Kelly et Cyd Charisse.

20.45 : Saluons l’inventivité de TCM qui, pour la troisième fois en trois semaines, programme l’intégrale des Ocean, en quatre volets, de 18.35 à 00.50.

23.00 : Les Passionnées de Gianluigi Calderone (1974), Club
On ne sait rien du réalisateur ni de son film, sinon qu’il est annoncé comme érotique, avec Gabriele Ferzetti (le protagoniste de L’avventura) et Ornella Muti (La Dernière Femme). Pour explorateurs curieux.

 

Vendredi 2 février 2018

 

20.40 : The Place beyond the Pines de Derek Cianfrance (2012), OCS Max
Certes le film est passé en juillet 2017, mais le créneau est si peu excitant à cette heure qu’on peut accompagner derechef Ryan Gosling dans ses braquages. Et puis, il y a Rose Byrne, si convaincante dans sa vengeance dans la série Damages.

20.40 : Fantasmes de Stanley Donen (1967), OCS Géants
Soyons juste : c’est plus un film de Peter Cook et Dudley Moore, scénaristes et acteurs, dans lequel Donen n’a pas beaucoup mis sa patte - il devait d’ailleurs être surpris par le délire nonsensique typically british des deux compères, appliqué à la légende de Faust. Un remake de Bedazzled a été tourné par Harold Ramis en 2000 (pas vu). En tout cas, le film est rarement projeté. Heureusement qu’il y a Géants pour donner un peu de pep au bouquet OCS.

20.45 : Man on Fire de Tony Scott (2004), Premier
Dans la famille Scott, on préfère Ridley, mais Tony n’est pas manchot, même s’il ne nous apporte pas les mêmes éblouissements que son frère. Polar moderne, mais Denzel Washington en protecteur de Dakota Fanning (10 ans alors) est irréprochable, comme d’habitude.

20.45 : Contre-enquête de Sidney Lumet (1990), Classic
Dernier passage, il y a plus de trois ans. On n’oublie pas un film de Lumet, et on prend toujours du plaisir à le revoir, surtout lorsqu’il y a au générique Nick Nolte et Timothy Hutton (pourquoi a-t-il arrêté la série Leverage, avec sa fameuse bande d’arnaqueurs ?)

23.10 : Runaway Train de Andrei Kontchalovsky (1985), OCS Choc
Choc est la bonne chaîne pour proposer un tel film. Peut-être Akira Kurosawa, auteur du scénario, l’aurait-il tourné autrement, mais Konchalovsky a réussi sa gageure du huis clos entre Jon Voight et Eric Roberts dans la locomotive folle.



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