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Spy Gone North (the) (2018)
de Yoon Jong-bin
publié le mercredi 7 novembre 2018

par Lucien Logette
Jeune Cinéma n° 388-389, été 2018

Sélection Hors compétition du festival de Cannes 2018

Sortie le mercredi 6 novembre 2018

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Les relations entre les deux Corée n’ont jamais été autant à l’ordre du jour, et on saura bientôt si leur adoucissement apparent aura débouché sur une situation neuve ou si les délires trumpiens n’auront fait que les envenimer. À savoir si l’histoire, "basée sur des faits réels", que nous raconte Yoon Jong-bin - dont on ne connaît aucun des quatre titres signés depuis 2005 - renvoie à une période révolue ou risque d’être réactualisée.

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Séoul, 1993. Le Nord est encore sous la patte de Kim Il-sung, "Grand Leader, professeur de l’humanité tout entière", fondateur de la dynastie Kim, et, devant les rumeurs de développement de son programme nucléaire clandestin, la guerre froide est prête à chauffer.

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Les services secrets du Sud imaginent alors une opération particulièrement tordue, un espion, nom de code Black Venus, étant chargé d’infiltrer les officiels du gouvernement de Pyongyang, sous couvert de commerce et de marketing publicitaire - la chose paraît peu crédible, le Nord n’ayant déjà pas grand-chose à vendre, mais elle est vérifiée. Pas question de révéler les épisodes de la machination, extrêmement compliquée, le double jeu étant pratiqué à haut niveau, entre Black Venus, Conseil économique extérieur et ministère de la Sécurité d’État nord-coréens.

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Le film ne joue pas sur le spectaculaire, on n’est pas dans Mission : Impossible, (1) plutôt du côté de L’Espion qui venait du froid (2) : pas de galopades ni de créatures fatales, mais des rendez-vous d’affaires, des tractations parallèles, des coups de billard à plusieurs bandes, qui tiennent en suspens durant les 140 mn, avec la dose d’inquiétude attendue à chaque méandre de l’opération.

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Le réalisateur a su allier fluidité narrative (pas évidente a priori, eu égard à l’embrouillamini général) et représentation formelle : sa Corée du Nord, évidemment reconstituée, est d’un réalisme étonnant. Les séances de minuit étaient d’habitude réservées à des films coréens plus saignants, mais nous n’avons pas perdu au change.

Lucien Logette
Jeune Cinéma n° 388-389, été 2018

1. Mission impossible de Brian de Palma (1996) ; Mission impossible 2 de John Woo (2000) ; Mission impossible 3 de J.J. Abrams (2006) ; Mission impossible : Protocole Fantôme de Brad Bird (2011) ; Mission impossible : Rogue Nation de Christopher McQuarrie (2015) ; Mission impossible : Fallout de Christopher McQuarrie (2018).

2. L’Espion qui venait du froid (The Spy who Came in from the Cold) de Martin Ritt (1965) adapté du roman de John le Carré (1963).

The Spy Gone North (Gongjak). Réal, sc : Yoon Jong-bin ; sc : Kwon Sung-sui ; ph : Choi Chan-min ; mont : Kim Jae-beom ; mu : Jo Yeong-wook. Int : Hwang Jun-min, Lee Sung-min, Cho Jin-woong, Ju Ji-hoon (Corée, 2018, 141 mn).



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