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Semaine télé du 12 au 18 octobre 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 12 octobre 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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©Gisele Amantea, Migrant (2017). Exposition Faux Site, au MAC Montréal.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 12 octobre 2019

 

20.40 : Le jour se lève de Marcel Carné (1939), OCS
Cf. note du 31 mars 2016.

20.50 : La Mort de Belle d’Édouard Molinaro (1960), Classic
Curieux. On n’a pas cessé de chanter les louanges du film à chaque fois qu’un titre de Molinaro était programmé et on ne trouve trace d’aucun passage sur le câble depuis 2014. Il s’agit d’une des meilleures adaptations, toutes décennies confondues, d’un roman de Simenon, période américaine, fort bien transféré en province - en Suisse, mais c’est pareil - par Jean Anouilh, qui signe scénario et dialogues. Molinaro a tiré le maximum d’acteurs sans éclat, Jean Dessailly et Monique Mélinand, mais excellents. Alexandra Stewart y trouve son premier vrai rôle, après Le Bel Âge de Pierre Kast.

20.50 : L’Enfer du dimanche d’Oliver Stone (1999), TCM
Cf. note du 5 février 2017.

22.10 : Je préfère qu’on reste amis… d’Éric Toledano & Olivier Nakache (2004), Premier
Le premier long métrage en commun du tandem dont les films ont, depuis, cassé la baraque. La machine était encore en rodage, ce n’était pas l’horlogerie du Sens de la fête, mais le potentiel était là. Jean-Paul Rouve face à Depardieu, opposés et complémentaires, le déroulement était un peu prévisible, mais plaisant. Et Depardieu prenait encore le temps de jouer, au lieu d’aligner les performances comme aujourd’hui (seize titres ces trois dernières années).

23.25 : The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman (1975), TCM
Inédit. Le succès, depuis 45 ans, ne s’est pas émoussé. La preuve : le film passe toujours, deux soirs par semaine, vendredi et samedi à 22.00, au Studio Galande, avec, à chaque fois, une troupe de fanatiques différente pour animer la projection, selon les règles fixées depuis neuf lustres. C’était fort drôle il y a trente ans, ça l’est peut-être encore pour les générations nées depuis.

 

Dimanche 13 octobre 2019

 

20.40 : Le Concert de Radu Mihaileanu (2008), OCS Max
L’auteur n’est pas très prolifique - cinq films en vingt ans. Les deux premiers, Train de vie (1998) et Va, vis et deviens (2005) avaient impressionné, peut-être plus par leur sujet que par leur réalisation. Cette fois-ci, l’histoire de ce chef d’orchestre du Bolchoï devenu balayeur au même endroit et qui réussit à resurgir au Châtelet trente ans après sa chute, est un peu sur la corde raide. Mais Mélanie Laurent, en violoniste solo, s’applique et parvient à être crédible. En prime, Tchaikovski.

20.50 : Le Fils à Jo de Philippe Guillard (2010), Émotion
Premier film (et pour l’instant avant-dernier) d’un ex-rugbyman de bonne catégorie. Gérard Lanvin, en héros local du ballon ovale voulant transmettre son talent à son fils un peu rétif, cela fait-il un film ? Eh oui, à condition de ne pas être allergique à ce sport d’hommes, indifférent à la religion du rugby et gêné par les rituels des troisièmes mi-temps. Mais le sujet n’est pas souvent traité par le cinéma français.
C’est tout ? C’est tout.

 

Lundi 14 octobre 2019

 

20.40 : Pandora d’Albert Lewin (1951), OCS Géants
Seul passage retrouvé : le 14 juin 2014, à 00.25, chez Brion. Qui n’a jamais vu ce chef-d’œuvre, qui a fait rêver tous ses amateurs depuis bientôt 70 ans, va connaître bien du plaisir. LE film illustrant l’amour fou et Ava Gardner encore plus belle que dans La Comtesse.

20.50 : Cœurs brûlés de Josef von Sternberg (1930), Classic
C’est une soirée Marlene Dietrich sur la chaîne. Si les deux titres qui suivent, La Belle Ensorceleuse (22.15) et La Soif du mal (23.35), sont largement passés, ce n’est pas le cas de celui-ci, encore jamais programmé. Premier film aux USA de MD, venue d’Allemagne avec Sternberg après le triomphe de L’Ange bleu. Tout porte la marque de l’époque : le Maroc, la chanteuse de cabaret, le beau légionnaire, képi blanc et sable chaud. Balançant entre Gary Cooper et Adolphe Menjou, on comprend qu’elle choisisse le premier. Le plan ultime où on la voit, souliers à la main, suivre à pieds dans le désert l’escouade de son homme, ne manifeste pas un grand souci d’égalité entre genres. De quoi faire bondir l’autre Marlène en charge de ces questions au plus haut niveau.

20.55 : Ciel sans étoiles d’Helmut Käutner (1955), Arte
Ce grand réalisateur est trop peu présent sur nos chaînes - de toutes façons, depuis 2014, seul Arte a programmé quelques-uns de ses films, La Paloma, Sous les ponts et Le Général du diable, tous remarquables. Et cet Himmel ohne Sterne l’est tout autant. L’Allemagne divisée, la guerre froide, la séparation d’une mère et de son fils : tout échappe à la convention et aux clichés. Il reste encore, merci d’avance, une bonne douzaine de titres à faire découvrir, dont Le Dernier Pont (1954) ou Le Capitaine de Kopenick (1956).

22.40 : L’Allée du Soleil de Leander Haussmann (1998), Arte
La découverte du soir, car totalement inédit en France. Berlin-Est dans les années 70. Serait-ce une soirée Thema ?

22.45 : Retour à la fac de Todd Phillips (2003), Paramount Channel
Deuxième film du récent décrocheur du Lion d’or 2019, avec Joker, qui sort cette semaine. Ne l’ayant pas vu alors, on se fait un devoir de rattraper ce manque.

22.45 : La Chasse à l’homme d’Édouard Molinaro (1964), OCS Géants
Juste pour vérifier que Molinaro peut faire aussi dans la facilité, Audiard et France Roche n’étant pas Anouilh. Mais le numéro d’acteurs (tous les jeunes du moment, Brialy, Belmondo, Rich, Laforêt, Darc, Lafont, Dorléac) sur fond de misogynie légère, est plaisant.

23.50 : Naïs de Raymond Leboursier (1945), France 5
On n’a pas revu le film depuis longtemps, mais dans la copie ancienne, le nom de Marcel Pagnol n’apparaissait pas, ni en tant que scénariste (c’est une adaptation d’une nouvelle de Zola) ni en tant que coréalisateur, alors qu’il est désormais d’usage de ranger Naïs dans sa filmo. Pourquoi cette discrétion à l’époque ? Il n’avait rien publié ni filmé durant l’Occupation, après la sortie de La Fille du puisatier (1940) et le discours de Pétain y inclus (remplacé après la Libération par un discours de de Gaulle !). Bonne façon de ne pas se compromettre. Mais pourquoi en 1945 ne pas s’afficher au générique d’un film dépourvu d’ambiguïté ? Les spécialistes de l’écrivain doivent le savoir. Fernandel est parfait, comme souvent chez Pagnol.

 

Mardi 15 octobre 2019

 

20.50 : Travail, salaire, profit de Gérard Mordillat & Bertrand Rothé (2019), Arte
Série documentaire dont le titre cerne parfaitement le propos. C’est du sérieux et du long - fin du quatrième épisode à 00.25 (deux épisodes supplémentaires sur le coffret DVD qui devrait sortir bientôt). Et pas glamour : économistes, statisticiens, historiens, philosophes, fans de Dany Boon s’abstenir. Mais c’est passionnant et le spectateur, une fois accroché, est coincé jusqu’au bout, avec le sentiment mirifique de comprendre ce qui se passe et d’être un peu plus intelligent à minuit 30 qu’à 21 h.

20.50 : Le Retour de la panthère rose de Blake Edwards (1974), Famiz
Dossard n° 3 dans la série. Edwards en a tourné huit, il y en avait bien quelques-unes de trop. Mais là, c’était encore dans la foulée des premiers, même si, après dix ans, Peter Sellers n’était plus le fringant Clouseau des débuts. Et c’est inédit (et tellement mieux que les remake-ersatz du 21e siècle qui passent régulièrement sur cette même chaîne).

20.50 : Conversation secrète de Francis Ford Coppola (1974), TCM
Pas passé depuis le 15 avril 2016. À défaut de le revoir dans les salles lyonnaises où il est programmé cette semaine grâce au Festival Lumière, on peut se repaître devant son petit écran de cette superbe Palme d’or paranoïaque.

22.35 : What You Gonna Do When the World’s on Fire ? de Robert Minervini (2018), Club
Les films de Minervini sont dérangeants : on ne sait jamais, ni dans Stop the Pounding Heart (2013) ni dans The Other Side (2015), si on est dans le document brut ou dans le reconstitué. Mais c’est construit à chaque fois de façon si habile qu’on se laisse embarquer, quitte à s’interroger ensuite - les toxicos de Louisiane, les vigilantes du Texas sont-ils vrais à 100% ? Idem ici pour les policiers louisianais.

00.25 : Rita Hayworth : Dancing Into the Dream d’Arthur Barron (1990), OCS Géants
Doc inconnu, mais comment ne pas s’y intéresser ? Au générique, Jack Lemmon, Frank Langella, Kim Novak, et le grand chorégraphe d’Astaire (et de Rita) Hermes Pan.

 

Mercredi 16 octobre 2019

 

20.40 : Soirée sans intérêt sur le bouquet OCS
Sauf si l’on n’est pas fatigué de revoir Les Affranchis de Martin Scorsese (1990) à 20.40, sur OCS City et si l’on n’a pas encore vu Gabriel et la montagne de Felipe Barbosa (2017), à 23.00 sur OCS City. Auquel cas, cf. note du 24 septembre 2018.

20.50 : Soirée plate sur Ciné+
C’était trop beau pour durer. Le bouquet reprend ce soir un rythme de mois d’août : un seul titre qui ne soit pas usé par les passages : Pig de Mani Haghighi (2018), film iranien pas vu et qui semble être une comédie ; ce qui représente déjà une telle rareté dans le paysage local qu’on devrait a priori l’apprécier pour sa différence.

 

Jeudi 17 octobre 2019

 

20.40 : Le Sanctuaire de Corin Hardy (2015), OCS Choc
Eu égard à la faiblesse inventive de la programmation du bouquet durant cette semaine, on peut se rabattre sur ce premier film irlandais, pas forcément convaincant. Un couple avec enfant s’installe dans une maison à la lisière d’un bois, qui se révèle plein de choses inquiétantes - où les scénaristes vont-ils chercher tout ça ? C’est ça, ou revoir, à la même heure, La Part des anges de Ken Loach (2012), OCS City) ou Sexe, mensonges et vidéo de Steven Soderbergh (1989) sur OCS Géants).

20.50 : Thelma de Joachim Trier (2017), Frisson
Classer le film dans la catégorie "Frisson" est étrange, car le souvenir qu’on en a n’est pas particulièrement horrifique. Un soupçon de fantastique, et des crises physiques violentes, mais on demeure dans l’univers habituel du cinéaste, un peu détaché, à la narration elliptique, sans effets. Tout ce qu’on aimait dans Nouvelle Donne (2006) et dans Oslo, 31 août (2011).

20.50 : L’Héritage des 500 000 de Toshiro Mifune (1963), Classic
Une rareté sur le câble, puisque le film était inédit en salles et vient seulement d’être exhumé, après 56 ans de placard. Seule expérience de réalisateur pour cet acteur immense que fut Mifune ; qui a fait appel, pour jouer à ses côtés, à son vieux complice Tatsuya Nakadai.

22.25 : Mifune : le dernier des samouraïs de Steven Okazaki (2016), Classic
Cf. Jeune Cinéma n° 392-393, février 2019, p. 26.

23.40 : Barberouse d’Akira Kurosawa (1964), Classic
Belle façon de terminer la soirée consacrée à Mifune avec ce chef-d’œuvre signé par un AK au sommet de sa forme. Problème : le film dure 180 minutes et il ne faut pas avoir à se lever de bonne heure.

 

Vendredi 18 octobre 2019

 

20.35 : L’Année du Dragon de Michael Cimino (1985), OCS Géants
Soirée Cimino sur la chaîne. Les deux titres ont été proposés à plusieurs reprises, mais certains amateurs de l’auteur considèrent que ce film-ci et surtout le suivant, Le Canardeur (1974) à 23.05 sont les plus intéressants qu’il ait tournés

20.40 : Evil Dead de Sam Rami (1981), OCS Choc
Cinq étudiants s’installent dans une maison isolée à la lisière d’une forêt ensorcelée… Non, ce n’est pas le film d’hier sur la même chaîne à la même heure, mais c’est blanc bonnet, etc. Sauf que Sam Raimi, pour son premier film, est à la manœuvre et qu’il y a presque quarante ans, la situation inquiétait encore. Le film, tourné avec trois francs (enfin, 400 000 dollars) a rapporté trois cents fois sa mise. On comprend que Raimi ait été convaincu par les producteurs de lui donner une suite.

20.50 : Indochine de Régis Wargnier (1992), Club
Pas vraiment de l’inédit ou une découverte, mais le film a ses fanatiques. Et dans le genre fresque torrentueuse sur fond d’exotisme colonial, il n’est pas si mal fichu.

20.50 : Le Plus Joli Péché du monde de Gilles Grangier (1951), Classic
On peut se féliciter de la réhabilitation partielle du réalisateur, mal considéré avec quelque raison (toute sa fin de carrière) mais négligé alors qu’il a tourné, sur le nombre, pas mal de choses qui méritent d’être relevées : Histoire de chanter (1946), Gas-oil (1955), Le Sang à la tête (1956). On n’aurait pas mis le film de ce soir au premier rang des rééditions attendues ; le souvenir qu’on en garde est un peu gris, mais on ne demande pas mieux que de revoir Georges Marchal et Dany Robin.

22.05 : Evil Dead 2 de Sam Raimi (1987), OCS Choc
Six ans plus tard, Raimi (26 ans) se remet à sa tapisserie. Il ne s’agit plus de cinq étudiants mais d’un couple (Bruce Campbell, déjà dans l’original, et sa petite amie qui va vite disparaître) qui s’installe dans une cabane à la lisière due forêt qui, etc. Le film ne lésine pas sur les effets, décapitation, amputation à la tronçonneuse, tous réussis. Et on est content de voir surgir le Necronomicon, l’ouvrage démoniaque de l’Arabe dément Abdul al-Hazred, la si belle invention de H.P. Lovecraft.



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