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Mes jours de gloire (2019)
de Antoine de Bary
publié le mercredi 26 février 2020

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle de la Mostra de Venise 2019

Sortie le mercredi 26 février 2020

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Dans L’Enfance d’un chef, le court métrage de Antoine de Bary, Vincent Lacoste interprète un jeune comédien à succès devant incarner la jeunesse du général de Gaulle, pendant que ses parents déménagent en province et le laissent seul face à sa nouvelle vie d’adulte. Le long métrage Mes jours de gloire peut passer pour le deuxième volet d’un hypothétique triptyque sur la jeunesse d’Adrien, toujours interprété avec charme, dérision et tendresse par Vincent Lacoste.

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Adrien a 30 ans, il vit chez ses parents, sans se soucier du lendemain ni envisager la moindre perspective de travail. Assez fauché et un peu paumé, il multiplie les bévues auprès de ses amis et poursuit les répétitions du rôle pour le biopic gaullien, qu’il doit réinterpréter à la demande des producteurs. Dans des séquences assez burlesques où, revêtu de l’uniforme, il arpente les rues, aussi gêné d’être vu dans cet accoutrement qu’innocent de la chose, Vincent Lacoste affiche sans y croire mais en y croyant tout de même, un réel talent comique.

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L’Enfance d’un chef, la nouvelle de Sartre, évoque l’apprentissage d’un jeune homme dans sa formation d’une vision fasciste du monde.
Dans ce deuxième film, Antoine de Bary s’interroge uniquement sur le passage à l’âge adulte d’un jeune homme inquiet de sa virilité et de sa capacité à obtenir une érection. Un sujet peu abordé au cinéma, les rôles masculins montrant souvent une superpuissance sexuelle. Le scénario est par moments un peu bancal, mais il a le mérite de susciter, avec drôlerie, gravité et humour, une certaine empathie devant une jeunesse masculine désemparée face à l’impuissance passagère.

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Les parents sont assez inexistants, même sa mère (Emmanuelle Devos), qui ne manifeste aucune curiosité à l’égard de son fils, ni d’interrogation spéciale lors de sa tentative de noyade dans la Seine. Il ne lui reste que la jolie escapade auprès de Léa (Noée Abita) dans la grande roue du jardin des Tuileries pour sentir le vent frais passer sur son visage et le remettre debout. Adrien/Vincent, au jeu subtil, entre mélancolie et crudité, s’en sort tant bien que mal : après un séjour en hôpital psychiatrique, il rencontre enfin le vrai désir amoureux.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe


Mes jours de gloire. Réal, sc : Antoine de Bary ; sc : Elias Belkeddar ; ph : Nicolas Loir ; mont : Joëlle Hache. Int : Vincent Lacoste, Emmanuelle Devos, Christophe Lambert, Noée Abita, Damien Chapelle (France, 2019, 98 mn).



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