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Filles ne savent pas nager (les) (2000)
de Anne-Sophie Birot
publié le mercredi 20 mai 2020

par Nicole Gabriel
Jeune Cinéma n°264, octobre 2000

Sélection du Festival international du film de Newport 2001

Sortie le mercredi 18 octobre 2000


 


Le premier long métrage de Anne-Sophie Birot approfondit le thème de l’adolescence qu’abordait déjà son court métrage Une vague idée de la mer…, récompensé en 1997 à Clermont-Ferrand. Avec son titre métaphorique et une acuité sans faille, Les filles ne savent pas nager se présente comme une chronique tendue, mi-dramatique, mi-légère, qui capte la "survie" de deux jeunes filles de 15 ans : en quelques semaines, elles surmonteront le péril de sentiments versatiles, d’expériences douloureuses, de révoltes capables de les submerger.


 


 

Une construction en trois temps - Gwen, Lise et leur confrontation - place d’emblée le spectateur en position de témoin, plus informé d’une relation en devenir que ne le sont les protagonistes elles-mêmes. Au cœur de cette articulation, une correspondance échangée à distance, une amitié entretenue et idéalisée par le pouvoir des mots. C’est elle qui fera basculer la narration du point de vue de Gwen à celui de Lise.


 

L’été de cette année-là ne ressemble pas aux précédents : c’est la première fois que Lise ne vient pas passer ses vacances en Bretagne, où habite Gwen. Elle a échoué à son examen et son père l’emmène à la montagne avec lui, explique Lise. Malgré les conversations au téléphone, les lettres, les discussions en famille, les confidences sur son enfance que fait Gwen dans les bras de Frédo, Lise lui manque : elle est la grande absente.


 


 

Ce qu’elle ne sait pas, c’est que le père de Lise vient de mourir et bouleverse, de fait, les projets de vacances. La grande et sombre maison familiale se referme sur Lise, sous l’emprise féminine de ses sœurs, de sa grand-mère, de sa mère qui porte sa solitude avec toute l’intensité du désespoir.


 


 

La troisième partie du film réunit enfin Lise et Gwen au bord de la mer. Mais passé l’immédiat plaisir des retrouvailles, les deux amies ont du mal à reconnaître leur complicité d’hier. À contretemps l’une de l’autre, elles sont devenues trop différentes, Gwen la blonde (Isild Le Besco) qui a la même nature impétueuse que les paysages maritimes dans lesquels elle vit, et Lise la rousse (Karen Alyx), encore dans l’enfance, ignorante des premiers émois de son âge. Restera pour l’une comme pour l’autre, la figure d’un père dont il faudra apprendre à faire le deuil. Une épreuve qui les aidera peut-être à se retrouver, comme par le passé, à égalité.

Nicole Gabriel
Jeune Cinéma n° 264, octobre 2000


Les filles ne savent pas nager. Réal : Anne-Sophie Birot ; sc : A.-S. B. & Christophe Honoré ; ph : Nathalie Durand ; mont : Pascale Chavance. Int : Isild Le Besco, Karen Alyx, Pascale Bussières, Pascal Elso, Marie Rivière, Yelda Reynaud (France, 2000, 101 mn).



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