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Le Brun, Annie (1942-2024)
Brèves
publié le mercredi 14 août 2024

Jeune Cinéma en ligne directe

Journal de Adja Cissokho 2024 (1er et 13 août 2024)


 


Jeudi 1er août 2024

 

Annie Lebrun (1942-2024), vient de mourir, le 29 juillet 2024.


 

Le Surréalisme a cent ans, cette année.
Elle, elle n’aura pas passé le tournant dangereux de tout destin, celui des 80-84 ans, le cycle de Uranus.
À notre connaissance, André Breton (1896-1966), astrologue, n’a pas dressé la carte du ciel de sa jeune disciple. On le regrette, on aurait aimé qu’il la regarde comme il a regardé ses amis.


 

On revoit le film qui lui a été consacré, il y a 10 ans : L’Échappée. À la poursuite d’Annie Le Brun de Valérie Minetto (2014).


 

On relit un entretien de Lundi Matin : "Pour un communisme des ténèbres".

Sur France Culture.


 


Mardi 13 août 2024

 

Annie Le Brun (1942-2024), morte le 29 juillet 2024, avait rencontré André Breton à 21 ans, en 1963, et participé aux activités du mouvement jusqu’en 1969.


 

En 2023, dans un entretien avec Lundi Matin, Le communisme des ténèbres elle racontait que l’irruption de Mai 1968, après la mort de André Breton en 1966, pouvait être considéré comme une sorte d’accomplissement partiel des idées du mouvement, rappelant que "Transformer le monde (Karl Marx) et changer la vie (Arthur Rimbaud) : ces deux mots d’ordre pour nous n’en font qu’un". Mai 1968 avait finalement hâté sa désagrégation, et elle en avait été heureuse. Si cela n’avait pas été le cas, on aurait été dans "la fameuse survivance du signe à la chose signifiée", cela aurait été trop triste. Et puis cela valait mieux que les inévitables enjeux de pouvoir qui s’y profilaient.
Elle précisait aussi qu’elle était "allergique à ceux qui ont voulu ou veulent encore faire survivre le Surréalisme ". Et elle ajoutait : "Là, on va en entendre avec les 100 ans du Surréalisme. Vous imaginez ce que ça va être !"


 

Dans ses nécrologies, elle a été présentée comme "la dernière des Surréalistes". Il aurait été plus exact de dire qu’elle avait accompagné la dissolution du mouvement, qu’elle a fait partie, en quelque sorte, du dernier carré. Et aussi qu’elle ne lui a pas "survécu" mais, qu’avec quelques autres, elle l’avait prolongé, par ses écrits et sa vie de résistante, grâce à quelques méthodes héritées, en puisant notamment dans les ressources de la pensée analogique, et en occupant l’espace subversif situé au croisement de l’imaginaire et du politique.

Annie Le Brun n’appréciait pas les commémorations, qui ressemblent toujours à des récupérations. Et elle n’aura pas complètement vécu la célébration de ce centenaire de 2024, qui, pour l’instant, n’est pas encore terminée, puisque le Manifeste du surréalisme est paru le 15 octobre 1924.


 

Mais il est probable que, elle qui, en 2022, avait accepté de jouer les commissaires d’exposition au Musée d’art moderne, en rendant hommage à son amie Toyen (1902-1980), avec Toyen. L’écart absolu (25 mars-24 juillet 2022), n’aurait pas été si agacée qu’elle l’augurait par les manifestations proposées dans les musées ou les bibliothèques, ces derniers refuges silencieux et réticents face au spectacle de la "collusion de l’art, de la mode et de la finance" qu’elle fustige en 2018.


 

Bonnes lectures :

* Annie Le Brun, Ce qui n’a pas de prix, Paris, Stock, 2018.


 

* Annie Le Brun, L’Infini dans un contour, anthologie, Paris, Bouquins, 2023.


 



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