Mardi 22 octobre 2024
Christine Boisson (1956-2024) est morte hier, le 21 octobre 2024.
C’est à l’occasion de sa mort et des nécrologies dans la presse qu’on a su qu’elle avait commencé sa carrière d’actrice, à 17 ans, dans Emmanuelle de Just Jaekin, en 1974, ce film "sulfureux", "culte", et tout ça, et surtout d’actualité grâce au remake de Audrey Diwan.
Nous, nous ne l’avons découverte que six ans plus tard, en 1980, avec Extérieur, nuit de Jacques Bral, sélectionné au Festival de Locarno 1980, alors qu’elle avait déjà joué dans 9 films, avec notamment Michel Deville, Alain Robbe-Grillet, Jacques Deray...
Il y avait Paris la nuit, le Canal St Martin, le bassin de la Villette, la musique bluesy matinée de tango de Karl-Heinz Schäfer, il y avait les images de Pierre-William Glenn, il y avait Gérard Lanvin la déprime, il y avait l’ambiance des polars de William Irish. Mais tout le le charme de ce film reposait sur elle, Cora, sa coquetterie dans l’œil droit, son regard étrange dans le rétroviseur de son taxi de nuit, et son personnage libre, sauvage, indifférent, dans une inimitable atmosphère after hours.
On la vit encore dans Identification d’une femme de Michelangelo Antonioni (1982), parce que c’était Antonioni.
Puis pour elle, dans Liberté, la nuit de Philippe Garrel (1983).
Et dans Rue Barbare de Gilles Béhat (1984).
Au début des années 1980, on la suivit au théâtre, tout particulièrement dans les pièces de Botho Strauss et Peter Handke, mises en scène par Claude Régy. Elle n’y était plus la vedette, mais elle s’intégrait magnifiquement à la troupe. Et, du coup, on avait découvert que, depuis 1975, elle menait une belle carrière dans le théâtre public de la Décentralisation, en jouant avec Roger Planchon, Luc Bondy, Jacques Lassalle, Jérôme Savary, Gérard Desarthe et même Harold Pinter... et cela jusqu’en 2012.
Elle figure aux génériques d’une cinquantaine de films, entre 1974 et 2015, dans des films qu’on a vus sans forcément les intégrer à nos panthéons personnels, avec Yves Boisset, Claude Lelouch, Olivier Assayas, Laetitia Masson, Maïwenn, Miklós Jancsó, Tonie Marshall, Jonathan Demme... On la voyait aussi à la télévision, dans une trentaine de téléfilms entre 1979 et 2014, dont beaucoup non négligeables.
Mais on la perdit de vue.
"Elle a rejoint les étoiles" a déclaré sa fille Juliette Kowksi.
La vérité, c’est que, à travers une riche carrière de 40 ans, elle fut quand même, dans nos mémoires, comme une étoile filante, de celles devant laquelle on fait un vœu important, et qui en devient inoubliable.