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Nino (2025)
de Pauline Loquès
publié le mercredi 17 septembre 2025

par Sylvie L. Strobel
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2025

Sortie le mercredi 17 septembre 2025


 


Il est fatigué, Nino Clavel, et il a mal à la gorge. Est-ce que c’est mortel ? "Comme vous êtes jeune, vous êtes prioritaire pour les soins, vous commencez lundi matin".


 


 

Un thème sensible mais banal, un scénario illustrant les séquences et décors de la vie d’un jeune Parisien du début du 21e siècle, peu passionné par son métier, peu engagé dans des causes sociales ou autres mouvements culturels, mais chaleureusement intégré dans un groupe de camarades encore célibataires en voie de dispersion, bien installés et se réunissant joyeusement quand l’un d’eux en prend l’initiative.


 


 

Justement c’est l’anniversaire de Nino qui a 29 ans, et son ami Sofian a invité leurs vieux copains à cette occasion. Nino n’a pas encore métabolisé l’infléchissement de son avenir immédiat induit pas l’annonce de son cancer. Il est un peu sidéré et flottant dans la soirée mais il est le mieux placé pour aider et égayer une amie à se faire une petite piqure dans le ventre.


 


 

Il pense à demander à Sofian de l’accompagner le surlendemain à sa 1ère séance de chimio. Le médecin lui a conseillé de ne pas y aller seul et Sofian est peut-être assez proche pour comprendre l’origine de la contamination. Mais Nino hésite encore devant ce que cette révélation pourrait contenir de résignation. Il a perdu sa clef, son gardien n’est pas là. Il peut compter sur sa mère qui garde charme et indépendance, elle peut lui parler de sa naissance, de ce qu’ils ont pensé de leur bébé, elle et son père, même si elle reste évasive sur les conditions de sa chute mortelle dans l’escalier...


 


 

Il pourrait rester chez sa mère mais elle a un visiteur, il circule dans Paris, cet espace urbain semi abrité, rencontre aux douches municipales un illuminé de grande classe, retrouve une camarade d’enfance qui l’aide à mettre en scène un contexte stimulant pour récolter sa semence à congeler pour le cas où les soins l’assècheraient. Et à l’hôpital, il se trouve une fonctionnaire pour contourner les divers obstacles à l’aboutissement de la procédure. C’est lundi, il y va, on l’attend.


 


 

La saveur du film passe essentiellement par la qualité du regard des comédiens, et sans doute de la dramaturgie de Pauline Loquès. Ce premier long métrage sonne juste, y compris dans les incidents décoratifs, comme l’AVC du gardien. Timothée Pellerin est impressionnant d’authenticité, de présence, sans exhibition de pathos, il circule, il doute, il vit. Et de même, Jeanne Balibar, Mathieu Amalric ou William Lebghil et tous les autres figurants jouent bien, tous individuellement, la même partition.
Thimothée Pellerin y a reçu le prix de la Fondation Louis-Roederer de la Révélation.

Sylvie L. Strobel
Jeune Cinéma en ligne directe


Nino. Réal : Pauline Loquès ; sc : P.L. & Maud Ameline ; ph : Lucie Baudinaud ; mont : Clémence Diard ; mu : Thibault Deboaisne ; déc : Aurette Leroy ; cost : Martin Barré & Jenn Pocobene. Int : Théodore Pellerin, William Lebghil, Salomé Dewaels, Jeanne Balibar, Camille Rutherford, Estelle Meyer, Victoire Du Bois, Balthazar Billaud,Mathieu Amalric, Alexandre Desrousseaux, Lison Daniel (France, 2025, 96 mn).



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