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Classe moyenne (2025)
de Antony Cordier
publié le mercredi 24 septembre 2025

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°437-438, été 2025

Sélection de la Quinzaine des cinéastes au Festival de Cannes 2025

Sortie le mercredi 24 septembre 2025


 


Mehdi passe l’été dans la très belle demeure des parents de sa fiancée. Mais dès son arrivée, une querelle éclate entre la famille et le couple de gardiens de la villa. Antony Cordier, dès son court métrage Beau comme un camion (2000) a montré combien son observation de la classe ouvrière était son sujet. Il n’a cessé depuis de scruter avec toujours plus d’acuité, de finesse et de justesse, les différences de classe et les caractères des individus.


 


 


 

Classe moyenne n’échappe pas à l’œil aigu du cinéaste, mais cette fois pour une critique acerbe et virulente de la lutte des classes, de l’impossibilité des individus de s’entendre, de communiquer ou de vivre ensemble. C’est un film noir, profondément désenchanté, sur la nature humaine, capable des pires méchancetés et c’est aussi une comédie qui par la moquerie, l’ironie, l’humour - dont on ne sait s’il est le fruit de la gentillesse ou celui de la perversité - parvient à faire rire. Un conte cruel, où les mots prononcés blessent les êtres à jamais ou leur donne la force de lutter. Chacun des acteurs porte le film avec un bonheur communicatif. Les personnages sont très bien campés, habités par leurs névroses, interdits, médiocrité, questionnements et toutes sortes de lâchetés. Le couple de gardiens formé par Ramzy Bedia et Laure Calamy est désopilant, leurs gestes, leurs corps, leurs paroles ont beaucoup de saveur.


 


 


 

Face à eux, le couple des parents, Laurent Lafitte et Élodie Bouchez, bien trempés, sont exécrables. Quant au couple de jeunes, Sami Outalbali et Noée Abita, on préfèrera Mehdi, le seul qui soit honnête, mais l’honnêteté n’apporte pas le bonheur et Garance retrouvera ses larmes qu’elle croyait ne pas exister grâce à l’honnête Mehdi. Ce qui d’ailleurs la fera rire aux éclats. Sans oublier Marylou Azizi qui a l’aplomb de réclamer une somme phénoménale en sympathique petite prolo. Cette tragicomédie grinçante est décapante à souhait.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°437-438, été 2025


Classe moyenne. Réal : Antony Cordier ; sc : A.C., Jean-Alain Laban, Steven Mitz & Julie Peyr ; ph : Nicolas Gaurin ; mont : Camille Toubkis ; mu : Clémence Ducreux. Int : Laurent Lafitte, Élodie Bouchez, Ramzy Bedia, Laure Calamy, Sami Outalbali, Noée Abita (France-Belgique 2025, 95 mn).



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