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Moi qui t’aimais (2025)
de Diane Kurys
publié le mercredi 1er octobre 2025

par Lucien Logette
Jeune Cinéma n°437-438, été 2025

Sélection officielle Cannes Classics du Festival de Cannes 2025

Sortie le mercredi 1er octobre 2025


 


La rage des biopics frappe décidément tout ce qui bouge ou a bougé dans notre société culturelle avancée, de Édith Piaf - La Môme de Olivier Dahan (2007) - à l’abbé Pierre (aïe !) - L’Abbé Pierre. Une vie de combats de Frédéric Tellier (2023) -, via Coluche, Dalida, Sarah Bernhardt, Charles Aznavour et Bob Dylan. Cette panthéonisation n’est pas récente, mais elle s’accélère, l’exploitation du patrimoine étant un bon moyen pour éviter les sujets actuels. Inutile que les scénaristes se triturent l’imagination, il suffit de choisir une icône et de lui fabriquer un véhicule consensuel qui renforce le mythe.


 


 


 

Yves Montand (1921-1991) et Simone Signoret (1921-1985), c’était pain béni : un couple à la renommée planétaire qui a incarné les espoirs et les ambiguïtés de la moitié du dernier siècle. Mais les faire revivre était un challenge délicat, le public ayant besoin d’une ressemblance minimum reproductible. Un atout : Diane Kurys, Philippe Rousselot (chef-op), Philippe Sarde (musique) ont tous connu l’époque, garantie de reconstitution vraisemblable.


 


 


 

Pour Marina Foïs (Simone) et Roschdy Zem (Yves), le travail était plus ardu et reconnaissons que les vingt premières minutes sont assez pathétiques, dans la volonté trop affichée des acteurs d’entrer dans la peau de leurs modèles. Les scènes avec Serge Reggiani et Claude Sautet pour les voix off de Vincent, François, Paul et les autres sont ratées. Et Alain Corneau et Moshe Mizrahi, ce n’est pas vraiment ça non plus.


 


 


 

Et puis, on s’adapte, on s’habitue peu à peu, grâce aux performances de chacun, surtout celle de Marina Foïs, qui a récréé une Simone plausible - Roschdy Zem, malgré l’accent marseillais, peine un peu. Il y a des oublis, certes - pas un mot sur Maurice Pons qui a aidé Simone à rédiger La nostalgie n’est plus ce qu’elle était (1976) - il ne fallait pas écorner l’image ?. Mais sur la distance, le film trouve sa cadence et finit même par toucher.

Lucien Logette
Jeune Cinéma n°437-438, été 2025


Moi qui t’aimais. Réal, sc : Diane Kurys ; sc : Martine Moriconi, Sacha Sperling ; ph : Philippe Rousselot ; mont : Manuel De Sousa ; mu : Philippe Sarde. Int : Marina Foïs, Roschdy Zem, Thierry de Peretti, Vincent Colombe, Pauline Cassan, Xavier Robic (France, 2025, 118 mn).



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