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Bardot (2025)
de Elora Thevenet & Alain Berliner
publié le lundi 29 décembre 2025

par Lucien Logette
Jeune Cinéma n°437-438, été 2025

Sélection officielle Cinéma de la plage du Festival de Cannes 2025

Sortie le mercredi 3 décembre 2025


 


Le sujet est passionnant, évidemment, puisqu’il s’agit de tracer le portrait de la seule star française qui connut un renom planétaire. Et qui, plus de cinquante ans après son retrait des écrans (et en grande partie de la vie publique), demeure un mythe, une icône ou tout ce qu’on voudra.


 


 

Le film est, forcément, décevant, comme tout ce qui a été fait jusqu’ici (1) qui se cantonnait à l’imagerie d’Épinal. L’itinéraire, surgissement et effacement, de Brigitte Bardot est un phénomène culturel sans beaucoup d’équivalent, et aucun film n’a encore pu fixer son importance sociale réelle - il en faudrait plusieurs, chacun consacré à un des aspects du personnage.


 


 

Non que le travail de recherche n’ait été fait ici assez soigneusement par Alain Berliner, comme le prouvent de nombreux extraits de films d’enfance, et tout un album de photos inconnues. Mais le film est contraint, en 90 minutes, de passer trop vite sur un paquet d’épisodes, et de tordre un peu les faits - ce n’est pas Vadim qui a lancé sa carrière, Et Dieu créa la femme (1956) était son quinzième film -, mais Jean Boyer, ce qui est moins classieux (2).


 


 

Sur la bardolâtrie, qui a marqué toute la jeunesse de la charnière des années 50-60, lorsqu’il y avait des BB dans toutes les rues, il faudrait un film de sociologue. Ainsi que sur les haines qu’elle a déclenchées, et les moqueries à propos de sa défense des animaux.


 


 

Et sur sa carrière, il faudrait un film de cinéphile - on voit très peu d’extraits de ses soixante titres, question de droits ?. Et sur ses multiples amours et la rupture avec les conventions (lourdes) du moment, un autre. Ainsi que sur l’ambiguïté de ses prises de position politiques tardives.


 


 

Mais ne demandons pas l’impossible. Le film est ce qu’il est et Alain Berliner a fait un boulot intéressant, qui, s’il n’épuise pas le sujet, fournit suffisamment d’éléments pour que les générations qui n’ont pas vécu les folies de l’époque en sachent un peu plus.

Lucien Logette
Jeune Cinéma n°437-438, été 2025

1. Cf. la série télévisuelle Bardot écrite et réalisée par Danièle & Christopher Thompson, diffusée sur France 2 (8-22 mai 2023).

2. Son premier film, c’est Le Trou normand de Jean Boyer (1952), avec Bourvil. En 1952, elle a tourné dans 2 autres films, Manina, la fille sans voiles de Willy Rozier et Les Dents longues de Daniel Gélin, avec Roger Vadim et Danièle Delorme. En 1953, elle a tourné dans 3 films, en 1954, dans 2 films, et en 1955, dans 5 films.


Bardot. Réal : Elora Thevenet & Alain Berliner ; sc : A.B., E.T., Nicolas Bary & Jessica Menendez ; ph : Boris Abaza, Aurélien Dubois & Gaëlle Tanguy ; mont : Manuel Grafto & Jérôme Pey ; mu : Astrid Gomez-Montoya & Rebecca Delannet. Int : Brigitte Bardot, Christian Ardan, Frédérique Bel, Christian Brincourt, Franz-Olivier Giesbert, Claude Lelouch, Brigitte Rollet, Paul Watson, François-Pier Pélinard-Lambert, Naomi Campbell, Anthony Gordon, Gaia Weiss, Ezra Miller, Ester Expósito, Stella McCartney (France, 2025, 90 mn). Documentaire.



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