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Dimanches (les) (2025)
de Alauda Ruiz de Azúa
publié le mercredi 11 février 2026

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle En compétition au Festival international du film de Saint-Sébastien 2025
Coquille d’or

Sortie le mercredi 11 février 2026


 


Après de nombreux courts métrages récompensés, et un premier long en 2020, Lullaby (trois Goya et un Gaudi), la jeune réalisatrice Alauda Ruiz de Azúa, diplômée de l’Université polytechnique de Valencia, nous offre Les Dimanches, un second film sobre, maîtrisé et fort original puisque sa thématique, la foi, va à l’encontre de presque tout ce qui se fait de nos jours en matière de cinéma, notamment en Espagne, loin de Luis Buñuel ou de Pedro Almodóvar.


 


 

Ici, un sujet tout simple, une foi toute pure et, pourtant, la révolution à la maison. L’action se passe dans le pays basque espagnol, dans une famille un peu explosée que rien ne prédestinait à ce mini tsunami. Qu’on en juge : Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s’apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. À la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent, afin d’embrasser la vie de religieuse.


 


 

La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, mais, pour Maite, sa tante, cette vocation inattendue est la manifestation d’un mal plus profond, d’autant plus étonnant que la jeune fille ne semble pas insensible au charme d’un jeune homme qui chante dans la même chorale qu’elle.


 


 

La réalisatrice explique comment lui est venue l’idée aujourd’hui assez surprenante de ce film. "On m’a raconté cette histoire quand j’avais une vingtaine d’années. En tant que personne non-croyante, élevée dans la laïcité, j’ai été très frappée par une renonciation aussi radicale : laisser derrière soi l’université, les voyages, des nouvelles amitiés, tout ce qui, pour nous, commençait avec la vie adulte".


 


 

Il est vrai que les adolescents peuvent ressentir, au moment de la puberté, une forte inclination vers la foi et les rites religieux. Cependant, ici, il semble n’en être rien, et Maité, la tante athée qui mène l’enquête, est forcée de constater que personne, ni l’Église, ni ses camarades, ne semble influencer sa nièce d’une quelconque manière. C’est d’ailleurs tout ce qui fait l’intérêt de ce film qui montre de manière presque phénoménologique la force de cette foi qui entraîne à renoncer à la fois à la vie laïque, à ses désirs et à s’engager dans une vie monastique.


 


 

Le film ne pose jamais de limite ni d’un côté ni de l’autre et on entre de plain-pied dans ce pur mystère. Alauda Ruiz de Azúa déclare n’avoir pas voulu faire un film sur des oppositions idéologiques, mais créer des situations qui ouvrent des questions et poussent le spectateur à s’interroger sur ses propres émotions. Le cinéma qui l’intéresse est celui qui ouvre des conversations, pas celui qui les clôt.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe


Les Dimanches (Los domingos). Réal, sc : Alauda Ruiz de Azúa ; ph : Bet Rourich ; mont : Andrès Gil ; cost : Ana Martínez Fesser. Int : Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz , Miguel Garcès, Juan Minujín, Nagore Aranburu, Mabel Rivera (Espagne-France, 2025, 115 mn).



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