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Duvall, Robert (1931-2026)
Brève
publié le mardi 17 février 2026

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Adriana-Andrea 2026 (lundi 16 février 2026)


 


Lundi 16 février 2026

 

Robert Duvall (1931-2026) est mort hier, dimanche 15 février 2026.


 

Robert Duvall n’est pas une tête d’affiche, de ces acteurs sur le nom duquel on peut monter un film. Il n’est pas non plus un acteur précoce, et son premier rôle, c’est à la télévision en 1960, il a 29 ans. Mais tout le monde le connaît, il était très respecté dans la profession, il a été nommé aux Oscars 7 fois, et il a eu une carrière d’une exceptionnelle longévité de plus de 60 ans, 145 films comme acteur entre 1960 et 2022.


 

Il est né à San Diego, en Californie, issu d’une très vieille famille américaine. Sa mère Mildred Virginia Hart (1901-1985) était apparentée à Robert E. Lee, général sudiste de la guerre de Sécession. Son père, William Howard Duvall (1904-1984), descendait du protestant français Marin Duval un des premiers colons américains du 17e siècle. Il était contre-amiral dans l’US Navy, et son fils, après ses études secondaires, à 19 ans, a fait son service militaire en Corée (1950-1953). Il a pu ensuite bénéficier du "G.I. Bill", qui fournissait aux soldats démobilisés le financement de leurs études universitaires. Il choisit d’entre au Neighborhood Playhouse School of the Theatre à New York, et se met en colocation avec deux autres étudiants, Dustin Hoffman et Gene Hackman.


 


 

Il a quelques rôles à la télévision, et joue notamment dans des épisodes de The Twilight Zone, ou dans Alfred Hitchcock presents. Au cours de sa carrière, la télévision lui offrira d’ailleurs, occasionnellement, des rôles intéressants et complexes. Par exemple, en 1979, il incarnera le général Dwight D. Eisenhower, dans la série Ike.


 

Jusqu’à son premier vrai film, à 31 ans : Du silence et des ombres (To Kill a Mockingbird) de Robert Mulligan (1962), avec Gregory Peck, dont le scénariste est Horton Foote, qu’il a rencontré pendant ses études. Le film remporte 3 Oscars et sa carrière commence bien.


 

Mais ce n’est à partir de la quarantaine qu’il trouve sa voie.
En 1969, il collabore avec le jeune réalisateur Francis Ford Coppola qui lui donne un rôle important dans Les Gens de la pluie (The Rain People) en 1969.


 

En 1970, c’est MASH de Robert Altman, qui ne voulait que des acteurs inconnus. Aux côtés de Donald Sutherland et de Elliott Gould, il n’a pas un rôle très sympathique, mais le film est un grand succès (Palme d’or 1970, Oscar du meilleur scénario 1971), il est en route "pour la gloire".


 

En 1971, dans le premier film de George Lucas, THX 1138, il a le premier rôle. Ce film de science-fiction trouve pas vraiment son public, mais pour tous ceux qui l’ont vu, il a une place de choix dans l’histoire du cinéma.


 

Puis, en 1972 et en 1974, avec le triomphe des deux premiers films de la trilogie du Le Parrain, où il incarne le fils adoptif du Godfather, le conseiller Tom Hagen, calme et rusé et s’impose comme un figure discrète mais majeure aux côtés de Marlon Brando et de Al Pacino.


 

Le rôle lui vaut sa première nomination aux Oscars, et il aborde un tournant décisif de sa carrière.


 

Et c’est tout naturellement que Francis Ford Coppola, en 1979, lui offre un rôle essentiel dans Apocalypse Now, avec le rôle du colonel Bill Kilgore. Il va d’ailleurs devenir une sorte d’icône du public, avec sa réplique, "J’adore l’odeur du napalm le matin", et il remporte une deuxième nomination aux Oscars. Robert Duvall aura joué dans six des films de Francis Ford Coppola.


 

La même année de ces années fastes, il faut mentionner aussi un film moins connu, The Great Santini, où il interprète le rôle-titre, et où il il s’impose comme acteur principal (le film n’est jamais sorti en France). La consécration, il va l’obtenir à 52 ans, en 1983, avec Tender Mercies de Bruce Beresford, un film écrit par Horton Foote, qui lui vaut l’Oscar du Meilleur Acteur 1984. En France, le titre est Tendre Bonheur, distribué un nombre limité de salles de cinéma. Et personne ne l’a vu.


 

Enfin, en 1986, avec Network. Main basse sur la télévision de Sydney Lumet (1976), un succès critique et commercial, et 10 nominations aux Oscars, il est définitivement reconnu comme un grand acteur.


 

Dans la foulée de ses succès, en 1974, à 43 ans, il est passé à la réalisation. Il réalise 5 films, à peu près un tous les 10 an,s sans grande notoriété. Excepté Le Prédicateur (The Apostle) (1997) où il fait tout, réalisation scénario et acteur principal. Le film est sélectionné au Festival de Cannes et sort en salles en France en 1998.


 

Avec son jeu sobre, mais aussi avec son regard ironique et ses yeux qui pétillent, il appartient clairement à une génération, celle de Gene Hackman (1930-2025), Dustin Hoffman né en 1937, ou même Robert De Niro né en 1943. Mais il n’a jamais atteint la même notoriété qu’eux. À son sujet, Francis Ford Coppola disait au New York Times, qu’à un certain stade, "il devient difficile de distinguer les premiers rôles des grands acteurs de composition".


 

Pour son dernier film The Pale Blue Eye de Scott Cooper (2022), distribué sur Netflix, il a 91 ans.



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