par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe
Sélection officielle du Festival international du film de Toronto 2025
Sortie le mercredi 4 mars 2026
Le film de David Michôd, Christy, est un vrai-faux film sur le "noble art". Certes, il s’agit d’un film sur la boxe, féminine en l’occurrence, mais c’est surtout un biopic sur une femme forte qui s’est d’abord battue contre sa famille qui rejetait son homosexualité, puis contre son manager-mari qui la battait et la maltraitait. Sans vouloir divulgâcher ce magnifique film, impressionnant par sa force, sa maestria et l’interprétation de Sydney Sweeney, et de tous les autres acteurs, quelques mots sur l’argument.
Christy Martin n’avait jamais imaginé une vie au-delà de sa petite ville natale en Virginie, jusqu’à ce qu’elle découvre son talent pour mettre ses adversaires K.O. Elle qui pratiquait le basket s’est mise à la boxe pour gagner trois sous au début. Avec son courage, sa détermination sans faille et son désir inlassable de gagner malgré les coups et les aléas, elle se lance dans le monde de la boxe sous la houlette de son entraîneur et manager devenu son mari, Jim (Ben Foster). Mais si Christy affiche une personnalité déchaînée sur le ring, ses combats les plus difficiles se déroulent en dehors, face à sa famille, à son identité et à une relation toxique qui pourrait bien se transformer en une question de vie ou de mort.
Basée sur des faits réels, l’histoire de Christy Martin est celle de la résilience, du courage et de la lutte pour reprendre le contrôle de sa vie. Mais il convient d’ajouter que la boxe y est remarquablement filmée, aussi bien que par Clint Eastwood, jadis, dans Million Dollars Baby (2004) avec sa jeune et méritante boxeuse.
Il est vrai que le réalisateur a eu de la chance que Sydney Sweeney accepte d’endosser ce rôle particulièrement difficile. Elle ne joue pas à ressembler à cette boxeuse malchanceuse, elle l’incarne à la perfection. On a vu combien elle était capable de changer de registre, passant de Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino (2019) à La Femme de ménage de Paul Feig (2025) et, bientôt, dans Le Diable s’habille en Prada 2 de David Frankel, dévoilant ainsi les diverses facettes de son talent et sa présence de caméléon.
Comme le déclare David Michôd, "interpréter Christy Martin était bien plus qu’un rôle pour Sydney Sweeney, c’était l’occasion de donner vie à l’histoire d’une femme dont le courage, la complexité et la résilience méritaient d’être pleinement reconnus. Elle a été frappée par la dureté de son parcours et par l’injustice d’une trajectoire aussi exceptionnelle restée largement méconnue du grand public. Ce sentiment d’inachèvement, d’histoire incomplète, l’a poussée à s’engager dans un projet qu’elle percevait comme nécessaire et profondément humain".
Le résultat, c’est un film d’une force et d’une intensité rares de la part d’un réalisateur qui, lui aussi, aime le changement après quatre films importants : Animal Kingdom (2010), The Rover (2014), War Machine pour Netflix (2017) et, tout récemment, Wizards.
Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe
Christy. Réal : David Michôd ; sc : D.M. & Mirrah Foulkes ; ph : Germain McMicking ; mont : Matt Villa ; mu : Anthony Partos ; déc : Chad Keith ; cost : Christina Flannery. Int : Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever, Katy O’Brian, Ethan Embry, Chad Coleman, Tony Cavalero (USA, 2025, 135 mn).