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Kluge, Alexander (1932-2026)
Brève
publié le lundi 30 mars 2026

Jeune Cinéma en ligne directe (jeudi 26 mars 2026)
Journal de Adriana-Andrea 2026


 


Alexander Kluge (1932-2026) est mort le 25 mars 2026.


 

C’est le Festival du court métrage d’Oberhausen, qui nous en a avertis, légitime s’il en est.
En effet, créé en 1954, il fut un point de rencontre charnière pour des réalisateurs provenant d’Europe de l’Est, et c’est là qu’a été publié, le 28 février 1962, au cours de sa 8e édition, le "Manifeste d’Oberhausen", qui terminait sa déclaration par ces mots "Die alte Film ist tot. Wir glauben an den neuen" traduit habituellement par "Le cinéma de papa est mort", signé par 25 jeunes cinéastes, dont Edgar Reitz, né également en 1932, et qui donna naissance à une "Nouvelle Vague" allemande.


 

Alexander Kluge, né en RDA, avait fait des études de Droit, et était devenu le conseiller juridique de l’Institut d’études sociales de Francfort dirigé par le philosophe Max Horkheimer (1895-1973). Il y avait rencontré Theodor Adorno (1903-1969), qui, voulant le dissuader de devenir écrivain (parce que, dit-on, il n’aurait jamais égalé Proust), l’avait présenté à Fritz Lang (1890-1976). Cela ne l’a pas empêché d’écrire et de publier, mais cela lui a ouvert un nouveau terrain de création.


 

À son actif, il a 156 films et téléfilms entre 1961 et 2025, en plus de 60 ans. Mais, dans ce bilan, ne figure qu’une douzaine de longs métrages de cinéma. Le reste, ce sont des courts métrages, des téléfilms, des vidéos. Cf. "Alexander Kluge. Une vie une œuvre", Jeune Cinéma en ligne directe.
Peu de ses films sont sortis en salles en France.
On retient tout spécialement, Anita G. (1966), son premier film, sélectionné et primé par la Mostra de Venise 1966.


 

On se souvient également d’un film déconcertant, Les artistes sous le chapiteau : perplexes (1968).


 

Ainsi que de Ferdinand le radical (1976).


 

Mais on n’a pu voir La Patriote (Die Patriotin) que si on était au Festival de Cannes en mai 1980, jamais sorti en salle.


 

Quant à son film de science-fiction, Der Große Verhau (1971), il n’a jamais eu de titre français.


 

En 2013, la Cinémathèque, en collaboration avec le Goethe Institut Paris, a programmé une rétrospective, Alexander Kluge, le radical (24 avril-3 juin 2013).


 

Alexander Kluge était un grand intellectuel, qui a continué à dialoguer avec ses amis de l’École de Francfort, par exemple le jour où on a remis, en 2012, le Prix Heinrich-Heine à Jürgen Habermas (1929-2026), mort une semaine avant lui.


 

De son vivant, il a été reconnu et récompensé pour son œuvre cinématographique : à la Mostra de Venise, Lion d’argent pour Anita G., Lion d’or pour Les Artistes sous le chapiteau, et, en 1982, Lion d’or d’honneur.
Il a également été récompensé pour l’ensemble de son œuvre littéraire, avec le Prix Georg-Büchner en 2003, et le Prix Theodor-W.-Adorno en 2009, pour l’ensemble de son œuvre, et enfin, en 2014, avec le Prix Heinrich-Heine pour l’ensemble de sa carrière
La presse occidentale a largement annoncé sa mort, de Der Spiegel à Variety, en passant par les journaux français, Le Monde ou Libération.

Aujourd’hui, on peut voir certains de ses films en entier sur Internet.

* Anita G. (Abschied von gestern (1966).
* Les Artistes sous le chapiteau (Die Artisten in der Zirkuskuppel : ratlos, (1968).
* Ferdinand le radical (Der starke Ferdinand, (1976).
* Der grosse Verhau (1971).
* La Patriote (Die Patriotin (1979).


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