par Gérard Camy
Jeune Cinéma n°168, été 1985
Sélection de la Quinzaine des réalisateurs au Fetival de Cannes 1985
Sorties les mercredis 28 février 1990 et 8 avril 2026
La quasi-totalité du film de Francisco Lombardi se situe dans l’atmosphère étouffante d’un collège militaire au Pérou, vase clos dans lequel se retrouvent des jeunes issus de races, de cultures et de classes sociales différentes. La violence est sous-jacente, permanente, dans ce microcosme, véritable allégorie du fonctionnement social du Pérou contemporain.
Le meurtre d’un élève va obliger les membres de cette mini-société à se découvrir et, en premier lieu, les autorités militaires. Le lieutenant Gamba, soucieux du respect des règles, mène une enquête dont ses supérieurs ne veulent pas et l’affrontement lui coûtera sa place.
Francisco Lombardi démontre, à partir de cette intrigue policière, les réactions des militaires devant une situation grave. Pour Gamba, l’armée doit jouer son rôle strictement. L’affaire doit donc être réglée et les conclusions établies. Les militaires, eux, sont prêts à tous les mensonges et à toutes les compromissions pour éviter le scandale.
Avec des images léchées, une mise en scène classique à la Yves Boisset, Francisco Lombardi développe un discours cohérent et persiste. Gamba quitte la caserne pour un lointain poste dans les Andes, l’armée menace d’intervenir dans les affaires politiques d’un pays qui se débat dans d’immenses difficultés, se prenant pour l’ultime secours d’une démocratie moribonde. Quant à Roberto, le héros, dont le témoignage avait incité Gamba à mener son enquête, il regarde s’écrouler un monde de fausses valeurs qui emporte avec lui son innocence et celle de quelques autres.
Gérard Camy
Jeune Cinéma n°168, été 1985
La Ville et les Chiens (La ciudad y los perros). Réal : Francisco J. Lombardi ; sc : José Watanabe d’après le roman de Mario Vargas Llosa, paru en 1963 ; ph : Pili Flores-Guerra ; mont : Gianfranco Annichini & Augusto Tamayo San Roman ; mu : Enrique Iturriaga. Int : Pablo Serra, Gustavo Bueno, Luis Alvarez (Pérou, 1985, 135 mn).