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Vive le sport ! (1925)
de Fred Newmeyer & Sam Taylor
publié le mercredi 22 avril 2026

par Francis Guermann
Jeune Cinéma n°443, mai 2026

Sorties les mercredis 16 décembre 1925 et 22 avril 2026


 


Harold est un jeune homme qui entre en première année à l’université. Il cherche à s’intégrer et rêve d’être élu étudiant le plus populaire de l’année. Il lui manque cependant beaucoup des codes de la vie étudiante, il ne connaît personne et ses ressources financières sont plus que limitées. Très timide et naïf, c’est grâce à son audace et un brin d’inconscience qu’il réussit à intégrer la prestigieuse équipe de football américain de la fac, sous les regards enamourés de la jolie Peggy (Jobyna Ralston) qui travaille comme réceptionniste chez son logeur.


 


 


 

Les ingrédients du succès des films de Harold Lloyd sont reconduits : une double histoire, celle de l’amour trouvé et celle de l’ascension sociale de son personnage. Si celui-ci paraît ordinaire et maladroit, il atteint malgré tout, et même dépasse son objectif initial, mais difficilement et presque malgré lui, après de multiples épreuves. On retrouve l’actrice Jobyna Ralston qui tourna, après Mildred Davis, dans les cinq longs métrages que fit l’acteur entre 1924 et 1926, depuis Girl Shy (Ça te la coupe !) jusqu’à For Heaven Sake (Pour l’amour du ciel), incarnant dans chaque film la femme amoureuse, partenaire idéale pour manifester les effets des multiples coups de foudre entre les deux personnages.


 


 


 

The Freshman force le trait avec un Harold plus crédule et vulnérable qu’à l’ordinaire, mais le film est sauvé par son rythme, ses effets comiques et surtout par son morceau de bravoure, cet épique match de football dans un stade comble, qui verra Harold sauver son équipe d’une lourde défaite et d’un déshonneur certain, alors qu’il n’était au départ pas même remplaçant mais simple porteur d’eau, et qu’il méconnaissait les règles de ce sport. Cette séquence hilarante, filmée dans un gigantesque stade lors d’un véritable match, intègre habilement des plans tournés avec les acteurs dans le même lieu mais à d’autres moments, et elle se révèle très dynamique. Elle innove même dans le domaine propre aux filmages des événements sportifs, avec des points de vue variés tenant compte des réactions du public et de l’ambiance générale, tout en suivant de près les actions sportives.


 


 


 

L’une des forces du cinéma de Harold Lloyd tient en ce mélange, cette intégration des actions dans le réel, la ville, les mouvements de circulation, l’architecture. On retrouve, dans chacun de ses films de cette période, un point culminant, une séquence où Harold donne tout, dans des décors naturels, en plein air, exploit autant physique pour l’acteur que technique avec des innovations dans les prises de vue et le montage.


 


 


 

Des trois grands comiques de l’époque, avec Charles Chaplin et Buster Keaton, Harold Lloyd se distingue par cette ambition d’intégrer ses films dans un réel bien concret et quasi-documentaire, occupé par des foules, des embouteillages, ancré dans l’énergie du quotidien. Harold est toujours un personnage positif et optimiste en phase avec son époque. Son immense succès tenait aussi en cela : il représentait l’Amérique, celle qui était sortie victorieuse de la Première Guerre mondiale, plus encore que les Alliés européens qui avaient perdu beaucoup, une Amérique d’une énergie folle, insouciante, dont la puissance économique et l’industrie du cinéma s’imposaient au monde.

Francis Guermann
Jeune Cinéma n°443, mai 2026


Vive le sport ! (The Freshman). Réal : Fred Newmeyer & Sam Taylor ; sc : S.T., Ted Wilde, John Grey & Tim Whelan ; ph : Walter Lundin ; mont : Allen McNeil. Int : Harold Lloyd, Jobyna Ralston, Brooks Benedict, James H. Anderson, Hazel Keener, Joseph Harrington, Pat Harmon (USA, 1925, 77 mn).



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