home > Films > Un balcon à Limoges (2025)
Un balcon à Limoges (2025)
de Jérôme Reybaud
publié le mercredi 29 avril 2026

par Sylvie L. Strobel
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle En compétition du Festival international du film de Locarno 2025

Sortie le mercredi 29 avril 2026


 


Le synopsis du film qu’on voit un peu partout pourrait paraître un peu pathétique - deux femmes esseulées se retrouvent et dérivent -, il n’en est rien, chaque personnage est bien campé dans son statut et chacun est incarné par un figurant bien choisi. L’histoire est racontée par un voisin, prof de philo derrière sa fenêtre, qui scrute et interprète ce qui se passe dans l’appartement, et sur le balcon d’Eugénie qui lui font face. À qui raconte-t-il tout ça ? Ce sera la morale du film inspiré d’un fait divers de 1988.


 


 


 

Eugénie, on l’appelle Flon, est aide-soignante en arrêt de travail depuis un an pour mal de dos et vocation à privilégier ses engagements militants, pour l’Ukraine, l’Afghanistan, les Vieux, la Planète, le Care pour les égarés et la désinfection perpétuelle. Son fils Antoine est tout aussi solidement entier. Il se tient à l’écart mais il pige tout. Elle retrouve une camarade de lycée d’il y a trente ans, sans papiers et sans logement et elle l’accueille.


 


 


 

Gladys est l’archétype d’une marginalisée déconnectée, sans gêne, volontaire, saoulée ou saoulante, pouffant au vu des clowns politiques de la télé, primaire dans ses demandes, à prendre ou à laisser. Elle danse et danse encore, réveillant la tendresse d’un amoureux fidèle. Et qui l’aime, la suive. Avec un autre vieux monsieur tout prêt à sourire, elle entraîne une petite bande éphémère dans une ambiance de libération post-covid. Tout le monde fume tant qu’on se demande si les cigarettiers sponsorisent ce défoulement. Eugénie y prend goût. Mais quand elle découvre que Gladys lui ment et a revendu à prix d’or les belles robes qu’elle lui avait cousues, c’est la goutte d’eau…


 


 


 

Anne-Lise Heimburger (Eugénie) est assez juste dans son personnage de nonne laïque. Mais Fabienne Babe (Gladys) en fait des tonnes, jusqu’à la caricature. Si le film est soigné, avec des contours bien dessinés, on s’étonne aussi un peu des intentions du réalisateur de "témoigner de notre époque". On recommandera plutôt une lecture de second degré aux féministes, écologistes et autres vagabonds qui iront voir ce film, primé à Locarno.
Jérôme Reybaud a réalisé, en 2016, Jours de France, sélectionné en compétition à Venise et Prix Louis Delluc en 2017. Un balcon à Limoges est son deuxième film de fiction, il est dédié à Paul Vecchiali (1930-2023), sur qui il avait fait un documentaire en 2012, son premier long métrage.

Sylvie L. Strobel
Jeune Cinéma en ligne directe


Un balcon à Limoges. Réal, sc : Jérôme Reybaud ; ph : Nicolas Contant ; mont : Martial Salomon ; mu : Léonard Lasry ; déc : Isia Reboulet ; cost : Camila Nori. Int : Anne-Lise Heimburger, Fabienne Babe, Patrice Gallet, Émilien Tessier, Antonin Battendier, Jérôme Pouly, Céline Lorena, Hervé Colas (France, 2025, 70 mn).



Revue Jeune Cinéma - Mentions Légales et Contacts