home > Films > Ulysse (2026)
Ulysse (2026)
de Laetitia Masson
publié le mercredi 17 juin 2026

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n°444-445, été 2026

Sélection officielle Un certain regard du Festival de Cannes 2026

Sortie le mercredi 17 juin 2026


 


Laetitia Masson aurait aimé intituler son film Les Grandes Espérances, mais il était déjà pris… Alors elle s’est rabattue sur Ulysse, le prénom tout simple que le couple a choisi pour son petit garçon pas comme les autres. Hélas, l’enfant de Luc et d’Alice n’a rien du héros de légende, paré de mille talents et multiples courages. À 2 ans, il ne marche toujours pas et ne veut pas manger non plus. L’administration ne mettra pas longtemps à le placer dans une petite boîte et à lui coller un acronyme quasi orwellien : il est classé PSH, "Personne en situation de handicap".


 


 

On va suivre Ulysse jusqu’à ses 18 ans, à travers son parcours, notamment scolaire, avec toutes les embûches, les commissions et les paperasses à remplir par les parents. L’aide se résumera rapidement à la seule mère, puisque le père les a laissés, sans doute blessé dans son ego par l’image que lui renvoie son unique petit garçon. On souffre pour cet enfant, on souffre pour sa mère, même si le film se garde de sombrer dans le pathos.


 


 

L’ambiance est pesante, mais Laetitia Masson a écrit un scénario qui possède toutes les nuances de la romance avec une musique magnifique (le père est un pianiste classique renommé), une histoire d’amour entre la mère et le thérapeute de son fils et, enfin, une amitié avec une comédienne enjouée (Romane Bohringer), proche de la vie et de la fantaisie. Pas de frères et sœurs jaloux, de belles-mères pleurnichardes ou de beaux-pères hargneux. C’est presque un huis clos où les éléments extérieurs sont plus des obstacles que des soutiens…


 


 

Une belle brochette de comédiens donne du sens et de la force à ce film sur la résilience. En premier lieu, bien sûr, Élodie Bouchez, géniale comme souvent. Stanislas Merhar, qui revient en beauté. Alphonse Roberts, magnifique dans le rôle d’Ulysse - il faut le voir dans le passage du Bourgeois gentilhomme - et, une découverte intéressante, Gringe dans le rôle de l’orthophoniste sentimental.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n°444-445, été 2026


Ulysse. Réal, sc : Laetitia Masson ; ph : Emmanuelle Collinot ; mont : Alexandre Auque. Int : Élodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer, Alphonse Roberts, Gringe (France, 2026, 97 mn).



Revue Jeune Cinéma - Mentions Légales et Contacts