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Histoires de la nuit (2026)
de Léa Mysius
publié le mercredi 16 septembre 2026

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°444-445, été 2026

Sélection officielle En compétition du Festival de Cannes 2026

Sortie le mercredi 16 septembre 2026


 


Léa Mysius a réalisé une fort belle adaptation du roman de Laurent Mauvignier. Des belles images, des interprètes éblouissants, des éclairages nuits pleins d’ombres et lumières : Nora (Hafsia Herzi), Thomas (Bastien Bouillon) et Ida (Tawba El Gharchi) vivent dans une belle demeure de pierres au cœur d’une campagne isolée. Leur voisine, Cristina (Monica Bellucci) est artiste peintre, auteure de grands tableaux noirs traversés d’une ligne frémissante blanche.


 

Un soir débarque une bande de trois voyous, Franck (Benoît Magimel), Flo (Paul Hamy) et Begue (Alane Delhaye). On comprend, sans que ce soit dit, qu’une histoire ancienne les lie aux habitants. Ils prennent place dans la maison, s’installent, commencent à donner des ordres, à organiser la soirée, les intimidant de plus en plus. L’atmosphère est bizarre, chaotique et ordonnée à la fois, comme si tout se passait comme prévu. L’ambiance générale côtoie l’univers de Michael Mann, une certaine mélancolie du danger et de l’étrangeté.


 

Lorsque Nora pénètre dans la pièce, le climat s’électrise, soudain s’installe une sensation passionnelle, le film tourne au thriller, à l’angoisse, à l’appréhension, à la peur. Très beaux mouvements de caméra autour des personnages, rythmes rapides et changements de points de vue, gros plans sur les visages. On ne négocie rien, pas d’argent, juste des regards et des invectives, parfois des échanges artistiques entre Cristina et Begue. Malgré la terreur de la situation, Léa Mysius distille une belle harmonie dans les rapports.


 

Quand surgit malencontreusement la mort de Cristina, suivent les prières de rédemption de l’assassin agenouillé devant sa dépouille, une scène presque christique dans la composition solennelle et silencieuse. La réalisatrice confirme sa totale maîtrise et présente un film d’une grande richesse à la fois plastique et psychologique, avec un rare suspense et une issue morale, la vengeance des bons sauvés du carnage.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma n°444-445, été 2026


Histoires de la nuit. Réal, sc : Léa Mysius, d’après Laurent Mauvignier ; ph : Paul Guilhaume ; mont : Yorgos Lamprinos ; mu : Florencie Di Concilio. Int : Hafsia Herzi, Bastien Bouillon, Benoît Magimel, Monica Bellucci, Tawba El Gharchi (France, 2026, 114 mn).



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