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Semaine télé du 6 au 12 février 2016
Salut les câblés !
publié le vendredi 5 février 2016

Samedi 6 février 2016

20.40 : Election 1 de Johnnie To (2005), OCS Choc
Durant les quinze premières années du siècle, To a tourné 31 films, tous aussi brillants et efficaces (la première séquence de Breaking News est un chef-d’œuvre). Du mouvement, de l’action. Mais quand il se mêle de dévoiler les dessous tactiques du choix d’un nouveau chef d’une triade hong-kongaise, c’est du grand cinéma politique.

20.40 : La Môme Vert-de-gris de Bernard Borderie (1953), OCS Géants
Le début de la mythologie Lemmy Caution au cinéma (dans la Série Noire, c’était huit ans plus tôt) ; on a oublié l’importance populaire qu’elle a eue pendant la décennie, et au-delà, puisque Godard y a apporté sa pierre avec Alphaville (1964). Ici, c’est Borderie ; ce sera mieux avec Jean Sacha et John Berry, mais c’est pas mal tout de même.

22.20 : Election 2 de Johnnie To (2006), OCS Choc
Indispensable dès lors que l’on a vu le premier volet.

00.25 : Un jour à New York de Gene Kelly & Stanley Donen (1949), TCM
Glorious ! Les trois marins en blanc débarquent et la ville va leur appartenir. L’extrême richesse des chansons et de la chorégraphie, le rythme effréné, l’humeur vagabonde de Sinatra, la joliesse de Vera-Ellen et l’énergie d’Ann Miller, New York en Technicolor d’époque : impossible de résister.

Dimanche 7 février 2016
La programmation des chaînes cinéma du câble est, ce dimanche soir, d’un manque d’invention effarant : Hunger Games : l’embrasement, qui passe pour la cinquième fois en deux semaines, Les Petits Mouchoirs, Papy fait de la résistance, La Tour infernale. Quelques lueurs tout de même :

20.45 : Le Caïman de Nanni Moretti (2005), Club
La vision de la (dangereuse) marionnette Berlusconi par son ennemi le plus féroce. On aurait aimé encore plus de verve et de méchanceté. Silvio Orlando, en producteur véreux aux abois, est remarquable.

20.45 : Maigret à Pigalle de Mario Landi (1966), Classic
Le film est rare, bien plus rare que les dizaines de Maigret qui passent régulièrement. Gino Cervi, à la place de Gabin, s’en sort très bien.

20.45 : Amen de Costa-Gavras (2001), Arte
Pour une fois, Costa-G. ne s’est pas laissé déborder par son désir de démonstration et l’histoire de l’"espion de Dieu" est fort bien récréée - on en profitera pour lire la biographie de Kurt Gerstein par Pierre Joffroy.

22.15 : À cœur joie de Serge Bourguignon (1967), OCS Géants
Une rareté qu’on ne se souvient pas d’avoir vu programmer depuis la sortie. Une sortie d’ailleurs catastrophique, sans doute le pire échec pour Brigitte Bardot. Le réalisateur ne s’en est jamais remis.

23.45 : Le Mécano de la "General" de Buster Keaton & Clyde Bruckman (1926), Arte
Juste pour mémoire, car qui ne l’a pas encore vu ?

00.00 : Les Ailes de William A. Wellman (1928), TCM
On a rarement fait mieux dans le genre "combats aériens avec des coucous d’époque". Un des plus beaux films de la fin du muet, premier Oscar de l’histoire. Et Clara Bow pour le plaisir des amateurs.

00.20 : Docteur Jekyll et Mister Hyde de Rouben Mamoulian (1931), France 3
La première adaptation parlante du roman de Stevenson. Quoique moins impressionnant que John Barrymore dans la version muette de John Robertson, Fredric March est un Jekyll crédible. Et il y a Miriam Hopkins.

Lundi 8 février 2016

20.40 : Le Salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot (1953), OCS Géants
Ce n’est plus une découverte, mais le cinéma français a rarement fait mieux dans le genre. La première heure, dans le village amazonien écrasé de chaleur, est un régal. Et la seconde, les camions de nitro sur les routes défoncées, tout autant. Certes, ce n’est pas du cinéma psychologique à la française - pour cela, il faut attendre jusqu’à...
... 23.05, pour retrouver sur la même chaîne Le Corbeau (1943), puis 00.35, Manon (1948). La Nouvelle Vague a cru pouvoir se débarrasser de Clouzot - pas si facile.

20.45 : Diplomatie de Volker Schloendorff (2014), Club
Paris, pas encore libéré, 24 août 1944. La discussion entre von Choltitz et Nordling qui va régler le sort de la ville : destruction organisée ou non ? Même si on connaît la fin, l’affrontement verbal est passionnant - merci André Dussolier et Niels Arestrup.

20.50 : Le Secret des poignards volants de Zhang Yimou (2004), France 0
Il y a tout juste un an que le film avait été programmé sur une autre chaîne. On peut sans problèmes admirer Zhang Ziyi une fois l’an - et en profiter pour revoir Tigre et Dragon à 22.40 sans jouer de la zapette : deux fois ZZ dans la soirée, c’est fête.

21.00 : La Folie Almayer de Chantal Akerman (2011), TV5
L’ultime film de fiction de la cinéaste. Le roman de Joseph Conrad était-il un bon sujet ? Sans doute. Convenait-il à l’univers d’Akerman ? On peut se poser la question. On vérifiera une nouvelle fois, en tâchant de supporter le jeu de Stanislas Merhar, ce qui n’est pas toujours aisé.

22.05 : L’Étoile de Robinson de Soren Kragh-Jacobsen (1997), Club
Pas vu (le film est sorti à la sauvette fin juin 1998). Mais son auteur est intéressant : après un intermède Dogma 95, il a choisi la télévision danoise, avec succès, comme l’a récemment prouvé la série Borgen, une femme au pouvoir.

22.45 : Paradis : Foi d’Ulrich Seidl (2012), Arte
Un Paradis moins éprouvant que celui visité la semaine dernière (Paradis : Amour). Quoique… La catholique fanatique et masochiste qui prêche à tout vent et son mari paralytique (et musulman) embarqué sur la même galère, ça pourrait s’intituler Enfer.

00.25 : Les Girls de George Cukor (1957), TCM
Un brillant numéro pirandellien de Cukor. Quelques ballets superbes (dont un pastiche de L’Équipée sauvage), chorégraphiés par Jack Cole, Gene Kelly, évidemment, cernée pas les trois girls du titre, Kay Kendall, Mitzi Gaynor et Taina Elg. Le musical américain, c’est comme le bleu de Chartres : un secret perdu.

Mardi 9 février 2016

20.35 : Big Sur de Michael Polish (2013), Sundance Channel
Quand il eut 40 ans, Kerouac se rendit compte que tous les étudiants américains croyaient qu’il avait 26 ans et faisait du stop. Il en a eu marre de la foire, du monde et du bruit. Il se retira dans une bicoque que lui prêta Ferlinghetti à Big Sur. Mais ce ne fut pas si facile, la vie intérieure.

20.40 : Syriana de George Clooney (2005), TCM
Dix ans déjà ! Quelque chose a-t-il changé dans l’univers de la stratégie pétrolière. La CIA interviendrait-elle encore pour rétablir l’ordre américain ? Est-ce un film historique ou toujours actuel ?

20.40 : Du rififi à Tokyo de Jacques Deray (1962), OCS Géants
Deray avait commencé très fort, avec Symphonie pour un massacre et ce film-ci. Il n’a pas toujours atteint ce niveau, voir ses films avec Belmondo, mais Un papillon sur l’épaule et On ne meurt que deux fois valent de rester dans l’anthologie du cinéma français. Et ici, Vanel est parfait, comme toujours.

20.45 : Les Trois Frères de Bernard Campan & Didier Bourdon (1994), Premier
Maintenant qu’ils font cavalier seul, on s’aperçoit de la qualité des Inconnus et l’importance de la génération comique que le trio a fait lever. Si leurs réussites au cinéma ont été mesurées (pas en termes de popularité), ce film est le plus drôle qu’ils aient tourné - en tout cas, le plus proche de leurs inventions télévisuelles.

22.20 : Histoire de Judas de Rabah Ameur-Zaïmeche (2014), Club
On ne peut pas dire que le sujet nous inspire beaucoup, mais le travail que fait RAZ depuis une quinzaine d’années est toujours intéressant (cf. sa réécriture de l’histoire de Mandrin). Alors…

00.10 : It’s a Big Country de Sturges, Wellman, Brown, et al. (1951), TCM
Une Americana en forme de film à sketches, chantant les louanges de la nation, à une époque où l’âme des États-Unis était menacée par les vilains rouges. Le film n’est pas aussi explicite, mais les intentions étaient bien là. Huit réalisateurs et non des moindres (Sturges, Wellman, Cl. Brown) et un petit rôle pour Gene Kelly, au milieu du Tout-Hollywood.

Mercredi 10 février 2016

20.40 : Demain dès l’aube de Denis Dercourt (2009), OCS Choc
La signature est un gage de qualité. Il est fort rare que, sur la dizaine de films qu’il a tournés, Devourt nous ait déçus. Il y a toujours chez lui une grande inventivité du scénario, une mise en place harmonieuse sur un tempo musical, le tout dès "Les Cachetonneurs" (1998). Ici, Jérémie Renier est remarquable en cinglé des jeux de rôles en grandeur réelle.

Pas un seul titre inédit ce soir sur les chaînes Cinéma + du câble, ni à l’heure de grande vision, ni dans la tranche après 22 h. Remboursez !

20.50 : Les Survivants de l’infini de Joseph M. Newman (1958), Ciné FX
En VF, évidemment. Mais pas besoin du son pour admirer la planète Metaluna et ses mutants à cerveaux apparents. Une des réussites les plus agréables de la SF des années 50.

23.10 : Ulrich Seidl et les mauvais garçons de Constantin Wulff (2014), Arte
Un documentaire sur le plus tordu des cinéastes autrichiens.

00.00 : Paradis : Espoir d’Ulrich Seidl (2013), Arte
Dernier volet de la trilogie. Moins éprouvant que les deux précédents, apparemment, mais le drame de cette ado obèse tombant amoureuse de son directeur de centre de cure est en définitive aussi désespéré et désespérant que les autres.

Jeudi 11 février 2016

20.40 : Big Jake de George Sherman (1971), Paramount Channel
Quoiqu’on en ait dit, John Wayne ne fut pas si mauvais que ça dans sa dernière décennie à l’écran, même si l’arthrose semblait commencer à le figer. George Sherman, très bon petit-maître, signe un de ses meilleurs westerns tardifs, et Richard Boone est dans la troupe, pour notre plus grand plaisir.

20.40 : La Dame sans camélia de Michelangelo Antonioni (1953), OCS Géants
Rien à voir avec l’héroïne de Dumas fils, heureusement. Mais les aventures de Lucia Bosé dans l’univers trouble du cinéma italien du début des années 50 sont également les symptômes d’un mal du siècle. Gino Cervi est là - on ne voit que lui cette semaine : Peppone, Maigret et Ercolino, quel talent.

20.45 : Le Retour de don Camillo de Julien Duvivier (1953), Classic
Vu le succès du Petit Monde, il n’était pas question d’échapper à un deuxième épisode. Un peu moins réussi que le premier, comme souvent. Excellent pour découvrir ce qui faisait rire la France alors - 12 millions de spectateurs pour le premier, 7 millions pour celui-ci…

00.25 : The Long Night d’Anatol Litvak (1947), Classic
Une curiosité : le remake du Jour se lève. Le scénario de Jacques Viot adapté par John Wexley, Henry Fonda à la place de Gabin, Ann Dvorak d’Arletty, et Barbara Bel Geddes de Jacqueline Laurent. Et Vincent Price à la place de Jules Berry, mais là, ça passe moins bien.

00.30 : Match d’amour de Busby Berkeley (1949), TCM
Le dernier film réalisé par le grand homme de la comédie musicale, le plus grand architecte de ballets des années 30. Ici, il n’a plus les moyens de construire ses plans époustouflants avec des girls à l’infini. Mais il se rattrape sur la belle humeur. Au générique Kelly, Sinatra et Jules Munshin, les trois qui passeront leur plus belle journée à New York la même année.

Vendredi 12 février 2016

20.40 : La Terrasse d’Ettore Scola (1979), OCS Géants
À force de ne citer que deux ou trois chefs-d’œuvre de Scola, on en oublierait les autres, comme celui-ci, extraordinaire bilan d’une génération ; on y parle beaucoup, certes - ça arrive souvent avec des intellectuels -, mais tout ce qui s’y dit est passionnant. Et tous les acteurs italiens, immenses, au rendez-vous.

20.45 : Pauvres, mais beaux de Dino Risi (1956), Classic
Risi faisait alors ses gammes, juste après Pain, amour, ainsi soit-il, troisième volet de la trilogie. Il avait déjà le ton juste pour animer ses ados presque adultes, Marisa Allasio, Maurizio Arena et Renato Salvatori, dans les rues de Rome. Le succès fut tel qu’il tourna immédiatement la suite, Beaux mais pauvres - bravo pour l’auteur des titres, quel talent.

22.30 : La Cité des dangers de Robert Aldrich (1975), Paramount Channel
Le dernier vrai polar d’Aldrich, sur un beau scénario de Steve Shagan. Los Anagles, un flic mal embouché, une prostituée. Rien de neuf et pourtant, on marche très fort. Burt Reynolds et Catherine Deneuve, comment rêver une telle rencontre ?

22.35 : Sandrine Bonnaire, actrice de sa vie de Juliette Cazanave (2011), Club
Pas vu, mais un documentaire sur une actrice aussi étonnante ne peut être qu’intéressant. Un peu dépassé, peut-être, car depuis cinq ans, elle a pas mal tourné et même réalisé des films.

00.45 : Les Trois Mousquetaires de George Sidney (1948), TCM
Un régal. Peut-être la meilleure version de l’increvable roman de Dumas père, la plus fougueuse, la plus acrobatique. On connaît par cœur le déroulement, on sait que milady de Winter sera châtiée, que Richelieu sera ridiculisé (pauvre Vincent Price), que les ferrets seront au cou de la reine dans les délais, qu’importe…

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