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Berlin, la cité des millions (1925)
de Adolf Trotz
publié le jeudi 11 février 2016

par Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma en ligne directe

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On connaît Berlin Symphonie d’une grande ville (Berlin : Die Sinfonie der Großstadt) de Walter Ruttmann (1927).

Deux ans avant, l’avait précédé un film moins accompli, mais tout aussi riche : Die Stadt der Millionen. Ein Lebensbild Berlins de Adolf Trotz (1925) (1)

C’est un documentaire d’auteur (comme on dit maintenant), avec deux scénaristes qui se présente comme bien cadré en 4 actes.

Mais c’est un documentaire vagabond qui, dans chaque acte, gambade dans l’espace et dans le temps, au gré des images, des montages d’images, avec quelque cartons de hasard.

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C’est en fait, une vraie "dérive urbaine" à la moderne (2), sans contrainte, au fil de l’émotion, avec des "stations", des retours et des digressions.

En 1925, se présentent la ville, les "embarras" des rues, les transports, les quartiers riches, les quartiers pauvres, "les gens", les vieux et la nouvelle génération, les employés, les usines, le cours de la vie, les temps sociaux, la vie quotidienne, la nuit, le dimanche, un zoom sur une petite anecdote avec des flics...

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On découvre les nouveaux studios de Tempelhof et de Neubabelsberg : Babelsberg, le Hollywood allemand, qui appartient à la UFA depuis 1921, s’épanouit.

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On envisage l’An 2000 à Berlin, la circulation comme elle pourrait être, assez bien vue, genre Blade Runner.

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On métaphorise avec des abstractions inhérentes à la ville : l’argent et la presse.

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On convoque aussi, dans ce qui devient une narration, quelques personnages historiques Humbold (1769-1859) ou Lessing (1729-1781), l’écrivain Wilhelm Raabe (1831-1910) qui tous ont à voir avec Berlin ou Potsdam. Il y a même la tombe de Kleist (1777-1811).

Car c’est un film "patriotique", comme il convenait en ce temps-là, à la gloire de l’Allemagne unie (depuis 1871). On y est fier de son patrimoine, on se redresse, on est confiant en l’avenir.

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Mais c’est un film qui envoie les signes de ce qui est advenu dix ans avant (ce dont Trotz et ses scénaristes ont conscience), et les préfigurations de ce qui adviendra dix ans plus tard (ce dont ils n’ont sans doute pas encore l’intuition).

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Comme son titre l’indique, en somme : c’est une "biographie" de Berlin en 1925.
Dans les vies, il y a du roulis et du tangage, de la mémoire et de l’oubli, des rêves, des illusions, des pépins de réalité.
Dans les bios aussi.

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1925, précisément,c’est l’année où le maréchal Hindenburg est élu président du Reich en avril au suffrage universel direct. La guerre et la crise semblent s’éloigner, et où on recommence à vivre, Trotz pense que tous les chemins mènent à Berlin, la ville de tous les ours.

Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma en ligne directe (février 2016)

1. Diffusion sur Arte le 19 mai 2015.. Le film entier est en ligne sur le Net.
On peut se procurer le DVD avec 50 mn de bonus.

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2. Le film résonne à la manière des "gongs" surréalistes contemporains, et préfigure la méthode Debord.

Berlin, la cité des millions (Die Stadt der Millionen. Ein Lebensbild Berlins). Réal : Adolf Trotz ; décors : Artur Günther ; ph : Eugen Hrich ; mu (2014) : Luiz Brago, Bowen Liu, Boris Bojadzhiev ; sc : Willy Rath, Emil Endres ; prod (2015) : Flmmuseums Potsdam und der Filmuniversität Babelsberg Konrad Wolf (ZDF & Arte). (Allemagne, 1925, 85 mn). Documentaire culturel.

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