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Semaine télé du 5 au 11 mars 2016
Salut les câblés !
publié le vendredi 4 mars 2016

Samedi 5 mars 2016

20.45 : L’Invitation de Claude Goretta (1973), Classic
Le permier film du cinéaste qui nous soit parvenu, après ceux de Soutter et Tanner. Est-ce pour cela qu’on le préfère ? La fête offerte par Michel Robin à ses collègues dans sa nouvelle maison et ce qu’elle déclenche est un des plus intenses portraits de groupe - l’enfer, c’est les autres - que l’on connaisse. Avec une interprétation hors pair : Bideau, François Simon, Jean Champion, Jacques Rispal.

20.45 : Lock Charmer de Natalia Smirnoff (2014), Sundance Channel
Pas vu, mais la cinéaste (pas russe, malgré son patronyme, mais argentine) a réalisé en 2009, un premier film étonnant, Puzzle, suffisamment costaud pour que l’on voie celui-ci en confiance.

22.30 : Bon vent, Claude Goretta de LIonel Baier (2011), Classic
Le complément du film précédent sur la chaîne, indispensable.

23.30 : L’Inconnu de Shandigor de Jean-Louis Roy (1967), Classic
Un chef-d’œuvre du second rayon, sur lequel se ruent tous ses fanatiques à chaque programmation (rare). Un scénario qui mêle espionnage et science-fiction, où s’affrontent Dufilho, chef de la secte des Asiatiques, et Gainsbourg, chef de la secte des Chauves, avec Daniel Emilfork en savant fou. Le film n’a pas été tourné à Shandigor (qui ne semble pas exister), mais en Belgique et à Barcelone. Il a représenté la Suisse à Cannes 1967, il fallait oser.

00.00 : La Possédée de Curtis Bernhardt (1947), TCM
Pas question de rater l’hommage - bizarrement baptisé "intégrale", alors qu’il ne passe que quinze films sur la centaine répertoriée - que rend TCM à la star. Une bonne chose : on échappe aux films les plus célèbres, trop souvent vus (mais il y aura tout de même Mildred Pierce et Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?). Le Bernhardt de ce soir est assez rare et date de la période où Hollywood découvrait la psychanalyse.

00.50 : Le Dahlia bleu de George Marshall (1946), Polar
Le film est en VO, profitons-en. Alan Ladd n’est pas plus taillé pour incarner un détective qu’un cow-boy, mais il s’en sort très bien. C’est le seul scénario écrit directement pour le cinéma par Raymond Chandler et cela vaut bien une visite tardive.

Dimanche 6 mars 2016

Attention, journée suisse sur Ciné+Classic.
On peut sans dommage s’installer dès

13.30 : La Vocation d’André Carel de Jean Choux (1925), dans une belle copie, qui permet de découvrir Michel Simon à ses tout débuts et le travail des carriers sur le lac.

Tous les amis du fondateur de la Cinémathèque suisse ont ensuite rendez-vous à

14.55 : Freddy Buache - le cinéma, doc de Fabrice Aragno (2012)

15.40 : Ella Maillart - Double Journey de Mariann Lewinsky & Antonio Bigini (2015), un superbe moyen métrage, fait à partir des documents filmés par l’exploratrice dans son voyage de 1939, avec Annemarie Schwarzenbach, entre Genève et Kaboul.

On enchaînera avec deux films de Jacqueline Veuve :

16.20 : Delphine Seyrig, portrait d’une comète de Jacqueline Veuve (2000)

17.10 : La Petite Dame du Capitole de Jacqueline Veuve (2015).

What an afternoon !

20.40 : Je pleure mon amour de Lewis Allen (1958), Paramount Channel
Pas vu, mais Allen a signé plusieurs polars réussis (The Uninvited ou Sudenly) et on a rarement l’occasion de découvrir Sean Connery en ses jeunes années.

20.40 : Nimitz, retour vers l’enfer de Don Taylor (1980), OCS Géants
Une belle variation sur le paradoxe temporel. Pearl Harbor or not Pearl Harbor, c’est toute la question.

20.45 : Gremlins de Joe Dante (1984), Arte
Le film a connu un énorme succès et il le méritait : la petite ville emblématique de l’Amérique profonde envahie par une armée de bestioles, qui à chaque multiplication deviennent de plus en plus dangereuses, est une vieille idée de SF. Mais la trouvaille est de partir de mignonnes peluches pour aboutir à des monstres voraces, Dr. Mogwaï et Mr. Gremlin. En outre, le film est drôle.

20.45 : Le Roi de New York d’Abel Ferrara (1990), Club
Déjà noté le 10 février 2015. Mais on peut revoir une fois par an le meilleur film (le seul ?) de Ferrara.

20.45 : Charles mort ou vif d’Alain Tanner (1969), Classic
Après Goretta, Tanner, avec son premier film. Un an après Mai, l’heure était encore au changement de vie et aux rêves enfin réalisés. François Simon, fils de, découvert à 52 ans, est extraordinaire.

20.50 : Shutter Island de Martin Scorsese (2010), France 4
Quoi qu’on en dise, Scorsese ne transfigure pas tout ce qu’il touche, mais ici, rien à reprocher à son adaptation du beau roman de Dennis Lehane. Il faut dire qu’avec Leonardo Di Caprio (enfin oscarisé !), Mark Rufalo et Ben Kingsley, il avait des acteurs de poids.

22.15 : La Salamandre d’Alain Tanner (1971), Classic
La suite logique de Charles. Sans doute, malgré Rivette, le plus grand rôle de Bulle Ogier et le plus beau film de l’auteur (avec Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000). Le film fit l’ouverture du studio St-André-des-Arts et y resta à l’affiche plus d’un an (même plus, peut-être).

22.30 : Gremlins 2, la nouvelle génération de Joe Dante (1990), Arte
La suite, mais cette fois-ci, c’est New York qui sert de lieu d’exercice à de nouvelles portées de monstres. Mais c’est aussi réussi et drôle que l’épisode 1.

00.15 : La Petite Histoire du cinéma suisse romand d’Emmanuel Barnaud (2011), Classic
Pas vu, mais le sujet…

Lundi 7 mars 2016

20.40 : L’or se barre de Peter Collinson (1969), TCM
Classique - la préparation d’un casse fabuleux - mais de bon goût. Collinson nous a fait découvrir Martine Beswick dans The Penthouse et on lui doit beaucoup. Ici, Michael Caine, et des grands anciens, Noel Coward et Benny Hill. Et comme ça se passe en Italie, Raf Vallone et Rossano Brazzi. Toute une époque.

20.45 : Home d’Ursula Meier (2008), Club
Le film suisse du jour, contemporain cette fois-ci. La cinéaste fait partie de la bonne cuvée récente, avec Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Jean-François Amiguet. Depuis ce premier titre, elle a tourné L’Enfant d’en haut, excellent lui aussi.

21.00 : Remorques de Jean Grémillon (1941), TV5
On ne peut pas dire que les chaînes nous submergent de films de Grémillon. S’il fallait en choisir un seul, ce serait celui-ci, à égalité tout de même avec Lumière d’été. Ultime film de la première époque de Gabin, tourné, sur un scénario de Prévert, alors que la guerre commençait, c’est un des chefs-d’œuvre du cinéma français que le temps n’a pas épuisé. Pour l’anniversaire de Michèle Morgan, qui vient de fêter, le 29 février, ses 24 ans.

22.15 : Marie-Octobre de Julien Duvivier (1959), OCS Géants
Puisque c’est la soirée des nonagénaires, allons jusqu’au bout. Danielle Darrieux aura bientôt 99 ans. C’est la seule survivante de tous les interprètes, le top du moment, Blier, Meurisse, Ventura, Frankeur, Reggiani. Le huis clos tragique (une réunion d’anciens résistants quinze ans après la chute de leur réseau) est souverainement dialogué par Jeanson et Duvivier (notre plus grand cinéaste classique) aidant, le film reste un plaisir pour les amateurs du cinéma français.

22.40 : Winter’s Bone de Debra Granik (2010), Arte
Un Grand prix au festival de Sundance peut être un repoussoir (indé américain formaté) ou un choc. C’est la seconde possibilité qui est ici la bonne. Il faut dire que le roman de Daniel Woodrell n’était pas non plus du genre formaté. Pour découvrir Jennifer Lawrence, qui n’avait pas encore porté la révolution de Hunger Games.

00.10 : Quelque part en France de Jules Dassin (1942), TCM
Les débuts de Dassin (son troisième film), soutenant l’effort de guerre, à la mode MGM. Si John Wayne, à peine sorti des Tigres volants, est crédible en pilote de l’US Air Force, Joan Crawford en jeune fille de la Résistance l’est un peu moins. Mais on peut faire avec - et la vision d’un village français reconstitué à Hollywood en 1942 est fort plaisamment kistsch.

Mardi 8 mars 2016

20.40 : Hollywoodland d’Allen Coulter (2006), TCM
Enquête sur la mort de George Reeves, le Superman de la série télé de 1959. Tout sur les dessous du Hollywood du temps, bien orchestré par un réalisateur qui a fait ses classes dans les meilleures séries des années 90, X-Files, Soprano, Six Feet Under, Rome, et ça se sent.

20.45 : Le Jeune Cassidy de Jack Cardiff & John Ford (1965), Classic
Comme Ford n’avait fait que commencer le tournage avant d’être remplacé par Cardiff, on a fait la fine bouche. En réalité, le film, biographie de Sean O’Casey, est tout à fait réussi et bien habile qui saura séparer ce qui vient de l’un ou de l’autre. Rod Taylor est aussi bon que d’habitude, Maggie Smith, quasi débutante, a tenu toutes ses promesses. Quant à Julie Christie, troisième film également, elle était déjà éblouissante.

20.50 : Je dois tuer de Lewis Allen (1954), Polar
Film en VO (il faut le préciser pour cette chaîne) On évoquait Lewis Allen plus haut. Bon exemple des polars qu’il savait tourner, ce complot de trois ganggsters qui ont pour mission d’éliminer le président des États-Unis (où les scénaristes allaient-ils chercher une telle idée ?). Frank Sinatra, en dur impitoyable qui ose gifler un enfant, est parfait.

20.50 : Zatoichi de Takeshi Kitano (2003), Action
Impossible de vérifier si le film est en VO. La saga du masseur aveugle a connu 28 films (1962-1989), cent épisodes télé (1974-1979), c’est une des plus solides figures de la mythologie japonaise des guerriers solitaires. Kitano a voulu s’y mesurer, c’est méritoire.

22.45 : À tombeau ouvert de Martin Scorsese (1999), TCM
Un "petit" Scorsese, ceux que l’on préfère à ses grosses productions. Nicolas Cage en ambulancier borderline traverse la nuit new-yorkaise à fond les manettes.

00.40 : Duel de femmes de Robert Z. Leonard (1941), TCM
Toujours la MGM, dont Crawford était une locomotive, ne tournant qu’avec des réalisateurs de première catégorie. Leonard n’est pas vraiment reconnu comme il devrait l’être (son Tourbillon de la danse, 1933, est vraiment bien) ; il assure pourtant sa partition, en bon directeur d’acteurs (Robert Taylor, Herbert Marshall, Greer Garson).

Mercredi 9 mars 2016

20.40 : La Chevauchée des bannis d’André De Toth (1959), TCM
Le plus beau des films du vieux gentleman hongrois (mais La Rivière de nos amours n’est pas loin derrière). Un hameau perdu du Wyoming, de la neige, des méchants comme on les aime (Burl Ives, Jack Lambert, Frank De Kova, ne manque que Jack Elam), un justicier paisible (Robert Ryan), le huis clos est superbe. Un noir & blanc comme on n’en fait plus.

20.40 : Shalako d’Edward Dmytryk (1968), OCS Géants
À découvrir. Ce fut un des plus forts accidents industriels de la décennie : rassembler Sean Connery et Brigitte Bardot, tous deux à leur firmament, était une idée de producteur. Le western ne seyait ni à l’un ni à l’autre et le tournage à Almeria, en Espagne, en fit un sous-sous-western italien.

20.45 : La Dentellière de Claude Goretta (1977), Classic
Le premier rôle principal d’Isabelle Huppert (certes, il y avait eu Le Petit Marcel de Jacques Fansten, mais elle ne faisait qu’y accompagner Jacques Spiesser), adaptation tout en douceur, à la Goretta, du roman de Pascal Laîné. On pensait qu’Yves Beneyton ferait une grande carrière, elle ne fut qu’honnête. Dommage.

22.10 : L’Esclave libre de Raoul Walsh (1957), TCM
Il y a Walsh, sa patte et son élégance, il y a Clark Gable et Yvonne De Carlo, couple magnifique, il y a le Sud profond et l’affrontement des classes et des races. Il y a également à la base, le roman de Robert Penn Warren, l’auteur des Fous du roi, assurément un des plus grands romanciers du siècle : "Un endroit où aller" n’est-il pas "the great American novel" ?

22.30 : Les Petites Fugues d’Yves Yersin (1979), Classic
Bon, on l’a recommandé il y a une semaine à peine, mais ça vaut bien une seconde vision.

00.05 : Grand Hotel d’Edmund Goulding (1932), TCM
Un peu perdue, Joan Crawford, parmi la foule de stars du film, Garbo, deux Barrymore, Wallace Beery, mais c’est le genre choral qui veut ça. Goulding était un grand bonhomme, qui fit tourner en muet Garbo, Swanson, et Crawford, et plus tard, Bette Davis, dont il tira quelques grands moments.

Jeudi 10 mars 2016

Soirée étique côté découvertes sur les chaînes Ciné+. Que des titres passés plusieurs fois ces dernières semaines : Seven, Dallas Buyers Club, Le Dernier Train du Katanga, 12 Years a Slave, L’Exorciste, et le couronnement sur Classic qui présente la trilogie Pain, amour et…, comme le vendredi 9 octobre dernier. Le seul film inédit étant Les Amazones de Terence Young (1974) (Club, 22.40), péplum nul qui mériterait à peine de passer sur Ciné FX après minuit.

Quelques bribes quand même :

20.40 : La Ville sous le joug d’Edward Ludwig (1953), Paramount Channel
Pas vu, mais John Payne + Coleen Gray, on sait tout de suite que l’on est dans la série B, souvent bien plus savoureuse et moins boursouflée que sa supérieure. Et comme Ludwig a signé quelques petits films réjouissants, Le Réveil de la sorcière rouge ou Le Trésor des Caraïbes, on y jettera un œil curieux.

20.50 : Mort à l’arrivée de Rudolph Maté (1950), Polar
Encore une VO sur Polar, c’est la fête. Excellent petit film de suspense, inspiré par un ancien titre de Siodmak (L’Homme qui cherche son assassin, 1931) : Edmond O’Brien découvre qu’il ne lui reste que 24 heures à vivre et recherche son empoisonneur. Le remake de 1988 (par Annabel Jankel & Rocky Morton) était lui aussi très bien.

20.55 : Le Mari de la ministre de Paula Mine (2013), Arte
Arte nous a offerts une si bonne suite de séries étrangères que l’on peut suivre en confiance ces deux premiers épisodes de ce produit BBC, marque déposée et qui nous trompe rarement.

00.30 : L’Inconnue du palace de Dorothy Arzner (1937), TCM
L’adaptation des pièces hongroises était alors à la mode à Hollywood, ce qui permit de fabriquer une belle série de chefs-d’œuvres, Lubitsch en tête. Ce soir, c’est Ferenc Molnar qui est à l’affiche. C’est brillant, comme le peu de films que l’on connaît de la réalisatrice (Le Phalène d’argent), et la distribution, outre Crawford - Robert Young, Franchot Tone - garantit la qualité de cette comédie du mariage (titre original : The Bride Wore Red).

Vendredi 11 mars 2016

20.40 : Phase IV de Saul Bass (1974), Paramount Channel
Les débuts dans le "vrai" cinéma de l’auteur, après quarante génériques plus beaux les uns que les autres, pendant vingt ans. Les débuts et la fin, puisque c’est son unique film. Mais ça valait la peine d’attendre. Jamais on ne regardera les fourmis avec les mêmes yeux.
La semaine suisse s’achève avec des soirées dédiées à des réalisateurs pas encore choisis, Jean-François Amiguet et Michel Soutter

20.45 : Au sud des nuages de Jean-François Amiguet (2003), Club
Amiguet est un auteur à découvrir, ses quelques rares films (six depuis 1983) n’ayant connu ici que des distributions confidentielles (ou même pas du tout). Bernard Verley en vieux sage et François Morel en jeune chien fou en route vers la Chine avec quelques autres, ce n’est pas du Tarantino, mais c’est ainsi.

20.45 : Les Arpenteurs de Michel Soutter (1972), Classic
Le chef-d’œuvre de l’auteur, vu trois fois le jour de sa sortie tellement cela semblait fort. Jean-Luc Bideau et Jacques Denis (mort il y a juste deux mois) à la recherche de Marie Dubois. Ni La Lune avec les dents ni Haschich, les précédents Soutter, ne laissaient prévoir une telle réussite harmonieuse.

22.05 : Alexandre de Jean-François Amiguet (1983), Club
Inédit et inconnu. Donc, prioritaire.

22.10 : L’escapade de Michel Soutter (1974), Classic
Encore Marie Dublois, cette fois-ci avec Philippe Clévenot, toujours aussi étrange, et Antoinette Moya, grande actrice "de complément" qu’on est heureux de voir encore surgir au détour d’un film (dans L’Ombre des femmes de Philippe Garrel, 2015). Premier film en couleurs de Soutter, il fera encore plus beau avec Repérages.

00.15 : Le Tourbillon de la danse de Robert Z. Leonard (1933), TCM
Une curiosité : Clark Gable qui danse. Certes, ce n’est pas Fred Astaire - qui chante et danse dans le film en tant que Fred Astaire, sa première apparition à l’écran -, mais il était si beau. Crawford également, mais elle avait plus de grâce dans ses mouvements. La comédie musicale est plaisante, et les chansons sont remarquables. Les amateurs des Trois Stooges découvriront Moe, Curly et Larry dans des petits rôles.

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