Les incipits du Verrou
Pour le plaisir des amateurs en ligne 33
publié le samedi 12 mars 2016

Jeune Cinéma en ligne directe (mars 2016)

Nul n’est censé ignorer les incipits glorieux, alias les "phrases-seuil", quelle belle idée, ce seuil, passage d’un monde à l’autre.

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Longtemps je me suis couché de bonne heure. J’ai connu Dean peu de temps après qu’on eut rompu ma femme et moi. J’avais vingt ans et aujourd’hui, Maman est morte. Que je suis aise d’être parti. Je suis entré par la rue Saint-Denis. Le docteur à qui j’en ai parlé m’a conseillé de commencer mon travail par une analyse historique de mon goût pour le tabac. C’était une journée d’avril froide et claire. Henri-Maximilien Ligre poursuivait par petites étapes sa route vers Paris. Le vieux Faust contempla avec sévérité la plume de son stylographe.
Il était tard quand K arriva. Comme il faisait une chaleur de trente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert. Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aurelian Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. Majestueux et dodu, Buck Mulligan parut en haut des marches. Un spectre hante l’Europe. Doukipudonktan se demanda Gabriel excédé.
Dans la tristesse du petit jour, hier comme l’avant-veille, elle s’est levée, la vaillante petite femme. Il ne se doutait pas que chaque fois qu’il passait devant sa boutique, elle le regardait, la commerçante le soldat Brû. Le pire arrive. Ce qu’il y a de sûr, c’est que la petite chatte blanche n’y fut pour rien. Le yacht La Nellie évita sur l’ancre, sans un battement dans ses voiles et se trouva arrêté. Il n’est que de renoncer au fantôme de l’esprit, une fois pour toutes ; le reste suit, sans l’ombre d’un doute, fût-ce au cœur du chaos.

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On rangeait la maison.
On est tombé sur une petite collection, Le Verrou, celle où on a appris le polar, avant le Masque et avant la Série noire.
Avec, en guest star, Alexandra Pecker, qui dédicaçait ses romans à Alain Virmaux.

Comment ça, vous ne connaissez pas la collection Le Verrou des éditions Ferenczi qui fut un éminent précurseur ? (1)

* N° 38 : Max André Dazergues, Le bossu n’est plus dans la course (1952).
Sous les arcades, l’homme allait d’un pas tranquille.

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* N°39 : Claude Ascain, Mort au volant (1952)
C’était le brouhaha classique, sous la haute verrière de la gare d’Austerlitz.

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* N°76 : P.A. Logan, Pan… dans le mille (1953)
Andy Rochter respira profondément, et s’arrêta un instant pour s’accouder à la balustrade, et humer à son aise, le grand air du large.

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* N°81 : Étienne Retterdy, La Proue du diable (1953)
Saint-Germain, au versant de l’autre montagne, était tout près, posé sur la brume, qui noyait la vallée, comme un fruit rare sur du coton.

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* N° 82 : René Poupon, Une corde au cou (1953)
C’était un petit bristol blanc sur lequel une main hâtive avait avait tracé au stylo à bille, ces deux mots : "Sale nègre !"

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* N° 87 : Alexandra Pecker, De notre envoyé spécial (1954)
Les deux hommes marchaient sans bruit, tenant chacun une laisse tendue par un chien invisible.

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* N° 88 : René Poupon, Je n’ai pas tué Katie ! (1954)
Quand la sonnette de la porte d’entrée a retenti, dans le vestibule, j’ai sursauté.

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* N° 89 : Maurice-Paul Renaud, Drôles d’étrennes pour le concierge (1954)
Le bar venait d’ouvrir.

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* N°92 : Gilles Grey, Du sang au visage (1954)
Les rues de Nice ruisselaient de lumière et la Promenade des Anglais était encore parcourue, à cette heure tardive, par une foule de promeneurs qui sortaient des palaces vibrants de jazz.

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* N°96 : René Poupon, L’Autre que j’ai tué (1954)
I’m nuts of every gal of Paris ! éructa Louis Loggan en cliquant de l’œil vers la blonde dont il pinçait la gorge opulente.

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* N°110 : Lawrence G. Blochman, Ne kidnappez pas l’héritière, traduit de l’américain par Michèle Brémont (1955)
Aux environs de midi, Mitchell fut tiré de son profond sommeil par des coups répétés sur la porte de sa modeste chambre (6 dollars par semaine).

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* N°136 : Alain Martial, Gare à la fausse oronge (1956)
L’homme était à coup sûr un paysan.

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* N° 139 : L.G. Blochman, La Ville fantôme, traduit de l’américain par Jean Davin (1956)
Le brouillard commençait à se lever lorsque le Cathay, arrivant de Shanghai, pénétra dans le port de San Francisco.

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* N°145 : Jean-Louis Mayne, L’Arrestation de Monsieur X (1956)
Depuis quelques jours, le commissariat central de police de Nice était devenu le théâtre d’une activité fiéveuse et quelque peu désordonnée.

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* N°153 : Alexandra Pecker, Farandole de la mort (1956)
J’en ai marre de ce métier de putain !

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* N°170 : Alexandra Pecker, 2 temps 3 mouvements (1957)
La vieille demoiselle examinait les deux domestiques à travers un face-à-main autoritaire et distingué.

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1. Les Éditions Ferenczi, puis J. Ferenczi & fils, fondées en 1879 par Joseph Ferenczi (1855-1934), étaient sises au 9 rue Antoine-Chantin, Paris XIVe. La collection Le Verrou était consacrée au polar, avec une parution chaque 15 du mois.
Elles proposaient plusieurs autres collections, dites "populaires". Elles ont cessé de publier en 1966.

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