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Rogosin, Lionel (1924-2000)
Une vie, une œuvre
publié le lundi 15 janvier 2001

par Andrée Tournès
Jeune Cinéma n°266, janvier-février 2001

Lionel Rogosin (1924-2000)


Lionel Rogosin vient de mourir à 77 ans.

Son premier document-vérité, On the Bowery, avait suscité l’enthousiasme par la nouveauté du sujet et la dureté du regard.

Il réalisa en 1959 son œuvre la plus aboutie, Come Back Africa, sur l’apartheid en Afrique du Sud, puis, en 1966, Good Times Wonderful Times qui opposait, en montage parallèle, la fiction d’une soirée entre riches et des images d’archives sur la misère.

Il continua à pratiquer dans ses films suivants un cinéma de dénonciation (sa trilogie sur la situation des noirs).

Come Back Africa constitua, dans les années soixante, un modèle de cinéma militant, très libre dans une forme alliant les témoignages et les scènes jouées par des non-professionnels, à la manière des films néoréalistes d’enquête. Une belle séquence de meeting y présentait l’encore très jeune et inconnue Myriam Makeba.

En comparaison, On the Bowery pouvait un peu choquer par son naturalisme et son insistance à filmer la déchéance, tandis que Good Times Wonderful Times truquait un peu la confrontation riche-pauvre en jouant de la caricature contre le document.

Depuis son Dialogue arabo-israélien de 1973, on n’avait plus rien vu de lui.

Quoi qu’il en soit, Rogosin a été, avant Leacock, un précurseur du document social aux USA, et finalement plus important, par sa façon de prendre parti et de soutenir son propos, que l’école de Leacock qui l’a éclipsé.

Andrée Tournès
Jeune Cinéma n°266, janvier-février 2001

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