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Semaine télé du 19 au 25 mars 2016
Salut les câblés !
publié le samedi 19 mars 2016

Samedi 19 mars 2016

C’est samedi, donc les chaînes ont concocté des programmes pour contraindre les téléspectateurs à sortir ; c’est très bien de favoriser ainsi le cinéma.
Tous les films du prime time (Une nuit en enfer, Pas sur la bouche, La Marque du tueur, American Beauty) ont déjà été vus ces derniers mois et recommandés.

Quelques nouveautés :

20.40 : Quai du Point du jour de Jean Faurez (1959), OCS Géants
L’avant-dernier film d’un cinéaste méconnu qui a signé quelques jolies réussites, Service de nuit ou La Vie en rose, qu’on aimerait voir resurgir. Bussières en prolo de choc y défend Dany Carrel, poursuivie par des méchants. À inscrire dans la filmographie des milieux parisiens populaires des années 50.

00.45 : Humoresque de Jean Negulesco (1946), TCM
L’aventure Joan Crawford continue avec ce beau mélodrame, remake d’un film de Borzage de 1920, à partir du roman de Fannie Hurst. Sur le papier, on aurait du mal à prendre John Garfield pour un violoniste virtuose ; à l’écran, il s’en sort très bien, comme de tous les personnages qu’il a interprétés. Crawford, en mécène passionnée, est excellente.

Dimanche 20 mars 2016

20.40 : Un homme est passé de John Sturges (1955), TCM
À la frontière du polar (une Série Noire de Michael Niall) et du western (Black Rock, village perdu où le train s’arrête tous les quatre ans), une dénonciation du racisme qui a gardé toute sa force. Spencer Tracy, manchot (mais capable avec une seule main de fabriquer un cocktail Molotov ou d’aplatir Ernest Borgnine), affronte une communauté criminelle menée par Robert Ryan. Une des premières utilisations intelligentes du CinemaScope.

20.40 : Traître sur commande de Martin Ritt (1970), Paramount Channel
Quelle soirée ! Après le chef-d’œuvre de Sturges, un chef-d’œuvre de Ritt. Ou comment noyauter une société secrète, les Molly Maguires, au sein des mineurs irlandais de Pennsylvanie, en 1876. Sean Connery contre Richard Harris, le duel est mortel.

20.45 : La Ville abandonnée de William A. Wellman (1948), Classic
Magnifique western, un des plus beaux de son auteur (avec L’Étrange Incident et Track of the Cat). Richard Widmark et Gregory Peck (+ Anne Baxter, ce qui n’est pas rien), échoués à Yellow Sky, ville-fantôme du Nevada, filmée dans un noir & blanc d’anthologie.

20.50 : Dix de la Légion de Willis Glodbeck (1951), Action
Pour les amateurs de nanars en v.f., une aventure dans les sables chauds (un des rares films où Burt Lancaster n’expose pas son torse dénudé).

23.00 : Dans l’ombre de Manhattan de Sidney Lumet (1996), Paramount Channel
À 74 ans, Lumet filmait comme un jeune homme, exemple rare d’un cinéaste dont la fin de carrière est à la hauteur des débuts. Andy Garcia, coincé entre devoir de procureur et amour filial envers son père corrompu. Vous avez dit cornélien ?

23.25 : Vandal de Hélier Cisterne (2013), OCS City
Déjà noté la semaine dernière (le 12 mars), mais programmé enfin à une heure plus accessible.

00.20 : Intrigues en Orient de Raoul Walsh (1943), France 3
C’était la période de l’effort de guerre pour la Warner. Les espions du monde libre s’attaquaient aux espions nazis, avec l’aide des espions soviétiques, la guerre n’étant pas encore froide. George Raft et Peter Lorre (et Sidney Greenstreet, son adversaire-complice de l’époque) en Turquie, dans un scénario écrit par trois plumes renommées, Burnett, Faulkner et Daniel Fuchs, d’après l’excellent roman d’Eric Ambler, Au loin, le danger.

Lundi 21 mars 2016

Soirée guerrière sur OCS Géants, avec deux titres notables :

20.40 : La Bataille pour Anzio d’Edward Dmytryk (1968)

22.30 : Les Vainqueurs de Carl Foreman (1964)
Le premier est un des derniers bons film de Dmytryk - description d’un combat perdu par l’armée américaine en janvier 1944. Le second est bien moins connu, unique film de ce producteur-scénariste de qualité, et malgré sa longueur (trois heures), mérite que l’on veille.

20.45 : Viva la liberta de Roberto Ando (2013), Club
Le chef du parti d’opposition, en perte de vitesse, décide de disparaître. Par chance, il a un jumeau, prof de philo candide, que l’on installe à sa place. Évidemment, le naïf va faire un carton et remettre le parti en ordre de marche. C’est beaucoup plus drôle et fin qu’il ne semblerait. Toni Servillo est génial dans le double rôle + le plaisir de retrouver Valerio Mastandrea, un des meilleurs acteurs italiens actuels.

20.45 : Les Plus Belles Années de notre vie de William Wyler (1946), Classic
C’est avec des films comme celui-ci que l’on peut comprendre le fameux slogan de Roger Leenhardt dans L’Écran français de 1946, "À bas Ford, vive Wyler". Bien avant le trauma du Vietnam, le retour à la vraie vie des soldats américains en 1945 avait été problématique. En presque trois heures, Wyler en trace un tableau étonnant.

23.30 : Babette s’en va-t-en guerre de Christian-Jaque (1959), Classic
Qui eût cru que ce succès populaire, une des premières occurrences de la Résistance traitée sur le mode comique, serait encore visible presque soixante ans plus tard ? À examiner, en tant que symptôme du temps, celui l’arrivée au pouvoir du gaullisme. Et du triomphe de la bardotmania. Et les fanatiques de Francis Blanche se souviennent de Papa Schulz, le gestapiste ridicule…

23.50 : Easy Money de Daniel Espinosa (2010), Arte
Inconnu, mais le réalisateur (suédois malgré son nom) avait signé en 2007 un très bon Outside Love, vu en festival mais hélas jamais sorti ici. Donc une découverte.

Mardi 22 mars 2016

20.40 : Le Refroidisseur de dames de Jack Smight (1968), Paramount Channel
Film très rare d’un réalisateur presque oublié, en lequel on avait beaucoup cru à cause de Détective privé, avec Newman. S’il a raté sa version de L’Homme illustré de Bradbury, cette adaptation du roman de William Goldman, No Way to Treat a Lady est fort intéressante, pas tellement pour Rod Steiger, égal à lui-même, que pour Lee Remick.

20.45 : Pas son genre de Lucas Belvaux (2014), Émotion
Depuis vingt ans, le réalisateur trace son chemin particulier, alternant comédie (Pour rire !), polar (Rapt) et drame social (La Raison du plus faible) avec la même aisance. Ici, on est dans la confrontation de sociocultures différentes. Banal ? Pas tant que ça. Émilie Dequenne nous a fait depuis longtemps oublier Rosetta.

22.25 : Les Terrasses de Merzak Allouache (2013), Club
Un huis clos à ciel ouvert sur quelques terrasses d’Alger. Tout un petit monde populaire s’y découvre. Ce que Allouache a signé de meilleur depuis longtemps. En attendant la sortie de Madame Courage, tourné l’an dernier.

22.55 : Moi et toi de Bernardo Bertolucci (2012), OCS City
C’est une bonne idée de programmer le même soir Little Buddha, super-production essoufflée, et le dernier (et sans doute ultime) film de BB, drame à trois personnages dans une cave. C’est la simplicité du second que l’on préfère et sa justesse dans le portrait d’un adolescent paumé.

Mercredi 23 mars 2016

Soirée polar allemand sur Arte.
Le "krimi" commence à être un peu connu ici, mais il reste du travail. Si l’on n’a vu aucun des trois films indiqués, la curiosité impose de les voir :

20.55 : L’Année du chat de Dominik Graf (1987)

22.50 : Les Romans policiers et le Troisième Reich de Christoph Rüter (2015)

23.45 : La Femme du policier de Philip Gröning (2013)

20.40 : Captive de Brillante Ma Mendoza (2012), OCS City
On le cite car il s’agit du premier film de l’auteur présenté depuis deux ans sur une chaîne du câble. Isabelle Huppert capturée par des terroristes islamistes dans la jungle des Philippines et filmée "à l’arrache". C’est bien, mais on préfère Serbis ou Lola.

20.45 : Les Promesses de l’ombre de David Cronenberg (2007), Frisson
Déjà recommandé le 20 avril 2015. Une fois l’an, on peut goûter sans ennui aux aventures saignantes de Viggo Mortensen.

20.45 : Samson et Dalila de Cecil B. DeMille (1949), Classic
Certes, c’est un sommet de kitsch et Victor Mature n’est qu’une grosse nouille qui mérite ce qui lui arrive. Mais il y a Heddy Lamarr en couleurs (surtout si la copie est aussi belle que celle revue il y a quelque temps) et George Sanders, pour lequel on est prêt à regarder n’importe quoi.

20.50 : Au-delà du rêve de Mikhaïl Karzhukov & Otar Koberidze (1963), Ciné FX
Un film de SF totalement inconnu, et en VO sur FX, pas d’hésitation. Des extra-terrestres entendent une chanson et décident de visiter la Terre. Volià une gentille idée. À regarder toutes affaires cessantes.

22.15 : La Balade sauvage de Terrence Malick (1974)
Et si l’auteur s’était arrêté après son deuxième film ? Il n’y aurait dans sa filmographie que cette superbe promenade entre amour et mort et Les Moissons du ciel, largement de quoi figurer dans l’Histoire. Dommage…

00.00 : Fascination de Clarence Brown (1931), TCM
Un des chefs-d’œuvre de Brown et des plus beaux films de Crawford. Le Code Hays n’était pas encore vraiment installé. Heureusement, car trois ans plus tard, cette ascension sociale de la petite ouvrière qui quitte sa province pour vivre dans le péché (et le luxe) à New York n’aurait pas franchi le stade du scénario. La séquence du début où Crawford, sortant de son usine contemple un train à l’arrêt où est étalé tout ce qui la fait rêver, richesse, beauté et arrogance, est inoubliable.

Jeudi 24 mars 2016

20.40 : Tess de Roman Polanski (1979), OCS Géants
Ce n’est pas le film de Polanski que l’on préfère, car l’univers de Thomas Hardy nous y semble un peu empesé, moins bien restitué que chez d’autres, Schlesinger ou Winterbottom. Mais il y a la beauté du spectacle et Nastassja Kinski en majesté.

20.45 : Miss Daisy et son chauffeur de Bruce Beresford (1989), Émotion
Le film illustre parfaitement le concept de la chaîne. Mais l’émotion est de qualité, car l’amitié entre Jessica Tandy, vieille dame pète-sec, et Morgan Freeman, bonne pâte de chauffeur, est traitée légèrement, sans effets tire-larmes (ce qui n’empêche pas d’en verser quelques-unes). Quatre Oscars en 1990, dont celui du meilleur film.

20.45 : Mademoiselle Vendredi de Vittorio De Sica (1941), Classic
Ce n’est pas une version italienne de His Girl Friday de Hawks, simplement une comédie charmante, comme celles qu’interprétait ou réalisait VDS à l’époque (cf. Madeleine, zéro de conduite au début de ce mois). Premier rôle pour Adriana Benetti, très peu vue ensuite.

22.45 : Godzilla de Gareth Edwards (2014), Premier
Pas vu, mais la seconde partie de soirée étant vierge de toute découverte ailleurs, on peut y jeter un œil, en sachant que le remake vaut toujours moins bien que l’original et que la simplicité naïve du premier monstre post-nucléaire, né en 1954 (77 films et séries depuis) n’avait pas besoin d’effets spéciaux numériques pour nous étonner.

Vendredi 25 mars 2016

20.40 : Le Point de non-retour de John Boorman (1967), TCM
Les premiers "vrais" débuts de l’auteur (mais son tout premier, Catch Us If You Can, était très sympathique). En 1967, les adaptations de Richard Stark-Westlake fleurissent : celle-ci, Mise à sac de Cavalier et Made in USA de Godard. Mais Boorman l’emporte haut la main. Lee Marvin, tel qu’en lui-même, et Angie Dickinson, tout autant…

20.45 : Mr Nobody de Jaco Van Dormael (2009), Émotion
Les films du cinéaste belge se font régulièrement assassiner par la critique, sans doute pour lui faire expier ses succès anciens, Toto le héros ou Le Huitième Jour. Pourtant, cette science-fiction n’était pas négligeable et la représentation de l’univers de 2092, avec son vieillard de 118 ans prêt à disparaître et qui se souvient de tout, était bien agencée. Bon, ce n’est ni Philip K. Dick, ni Soleil vert, mais ça vaut la peine d’être racheté.

20.45 : L’Empereur et l’assassin de Chen Kaige (1999), Club
À peine plus compréhensible que le récent The Assassin de Hou Hsiao-hsien, mais visuellement aussi superbe. Gong Li à la place de Shu Qi. Chen Kaige n’a pas depuis atteint de tels sommets.

20.45 : Le ciel peut attendre d’Ernst Lubitsch (1943), Classic
Le film le plus émouvant du maître, là où la mécanique horlogère se double d’une tendresse rare pour ses personnages (mais comment ne pas être tendre avec Gene Tierney ?). Un chef-d’œuvre, comme neuf Lubitsch sur dix. Si on ne l’a jamais vu, quelle découverte. Si on le connaît par cœur, quel plaisir.

22.10 : Légitime violence de John Flynn (1977), TCM
À ce titre racoleur, on préfère l’original Rolling Thunder. Le film est remarquable, comme presque tous ceux de Flynn, sur la corde raide de la justice et de la vengeance particulières (Paul Schrader était au scénario, ce qui explique la tendance). On découvrait alors Tommy Lee Jones.

22.30 : Tigre et Dragon de Zhang Yimou (2000), Premier
Certes, on l’a déjà indiqué le 8 février 2016, mais c’était pour Zhang Ziyi. Cette fois-ci, c’est pour Chow Yun-Fat et Michelle Yeoh. Chacun son tour.

22.40 : Promised Land de Gus Van Sant (2012), OCS City
Le dernier grand film, pour l’instant, de GVS - et le premier à dénoncer l’exploitation du gaz de schiste. Matt Damon, scénariste et interprète, est parfait en agent d’une multinationale touché par la rédemption. Le film repassera lors de la rétrospective de l’auteur qui va commencer à la Cinémathèque de Bercy en mars 2016.

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