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Ouragan (2016)
de Cyril Barbançon, Andy Byatt & Jacqueline Farmer
publié le mardi 7 juin 2016

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 8 juin 2016

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Ouragan est un film magnifique.

Il est visible en versions 3D et 2D lors de sa sortie, et il conviendra, dans la mesure du possible, de privilégier la première pour savourer ce spectacle à la fois féerique et apocalyptique.
Il ne s’agit cependant pas d’un film catastrophe.
Au contraire : les réalisateurs, en collaborant avec la NASA, ont juste voulu suivre la vie et la mort de l’ouragan Lucy, durant les milliers de kilomètres parcourus en quelques semaines, entre Afrique et Amérique.

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Il y a plusieurs niveaux dans cette mise en scène.

Tout d’abord, les scientifiques et les cinéastes, qui suivent précisément l’itinéraire de ce monstre.

Puis les mots de Victor Hugo : un chapitre inédit, "La mer et le vent", des Travailleurs de la mer) et la voix de Romane Bohringer, celle de Lucy herself.

Enfin, sur la terre et sur les flots déchaînés, la mort et la désolation au travail.

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"Il nous est apparu indispensable de multiplier les points de vue, tant l’ouragan est gigantesque et protéiforme, déclarent les réalisateurs. Nos caméras devaient être au cœur de l’événement, mais aussi sous la surface de l’océan et dans l’espace. Mieux : elles devaient offrir une expérience en immersion. Au son, mais aussi en image. La stéréoscopie (3D) s’est alors rapidement imposée. Elle retranscrit sur un écran notre vision du monde stéréoscopique, avec nos deux yeux. Elle sublime la multiplicité des points de vue proposés : contemplé depuis l’espace, l’ouragan est aussi beau et mystérieux qu’une pierre précieuse ; sous la surface de l’océan, il inquiète. Éprouvé de face, en première ligne, il est tout simplement l’enfer".

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Il faut se laisser emporter par ces images surprenantes, ces détails émouvants, comme ce labrador qui flotte, attaché au toit de sa niche, ce reptile vert fluo qui nous regarde après le cataclysme, ou ces menus jouets que la tornade a déchiquetés.
Il faut se laisser porter par ce grand texte, par la voix grave de la narratrice, et par la musique de Yann Tiersen, bien loin du sirop de Amélie Poulain.

En dehors de sa teneur poétique et scientifique, digne d’intéresser tous les publics, il y a une dimension qui échappera sans doute au spectateur envoûté, la prouesse technique du film.

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C’est en effet ce qui a inquiété et passionné à la fois les trois réalisateurs : "Les moments magiques. Les moments qui vous coupent le souffle. Quand tout se déroule, devant la caméra, et vous savez que c’est dans la boîte. Comme la tempête de sable que nous avons filmée au Sénégal. Nous savions que la possibilité de filmer une tempête de sable, de se trouver au bon endroit, au bon moment, avec des caméras 3D en action, était quasi nulle. Et soudain, elle était là, pile face à nous. C’était effrayant, parce que nous n’avions aucune idée de ce qui allait se passer - si le sable n’allait pas s’introduire dans les caméras et les bousiller, si nous allions pouvoir respirer. Mais en même temps, c’était exaltant. Ce type de moments a fait que toute la pluie, le vent, le froid, la boue, les pneus à plat, en valaient la peine".

Le film est passionnant, à la fois leçon de cinéma, de vie, et ode à la nature.
Car, sous ses dehors de monstre, l’ouragan est nécessaire à la vie terrestre, c’est lui qui fait vivre les forêts et met du désordre pour un bon ordre.

"Nous avons voulu montrer que cette beauté effrayante, destructrice et mortelle révèle aussi l’immense leçon que donne la vie : regarder les choses en profondeur, remarquer l’espoir jaillir du chaos, réaliser que l’adversité forme la force, observer que, de l’horreur de cette tempête, naît la vie. Sentir que l’homme et l’élément sont parties intégrantes d’un tout, que l’ouragan est à la fois impénétrable et sans fin, et que cette fusion nous fait ressentir tout ce qui nous transcende : l’humain n’est ni le début, ni la raison de ce tout".

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Belle leçon d’humilité que la COP 21 aurait pu méditer.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Ouragan. Réal : Cyril Barbançon, Andy Byatt & Jacqueline Farmer ; sc : Philippe Blasband, Frédérique Zepter & Olivier Lorelle ; ph : Cyril Barbançon ; mont : Philippe Ravoet & Luc Plantier ; mu : Yann Tiersen ; voix : Romane Bohringer (France-Belgique, 2016, 83 mn). Documentaire.

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