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Love and Friendship (2015)
de Whit Stillman
publié le mardi 21 juin 2016

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 22 juin 2016

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Film élégant et sensible, Love and Friendship, adapté du court roman épistolaire Lady Susan de Jane Austen, vient nous divertir au milieu de livraisons cinématographiques moroses.
C’est le journaliste de Métro Montréal qui en rend le mieux compte dans un article intitulé "La beauté de la vanité" : "L’association entre Whit Stillman et Jane Austen tombe sous le sens. Dès son premier long métrage, Metropolitan, le réalisateur américain semblait déjà flirter avec la fougue de l’auteure anglaise, rien que dans sa façon de se moquer de la jeunesse bourgeoise. Vingt-six ans plus tard, il peut enfin célébrer les mots d’Austen."

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En effet, dans ce film léger et grave, qui propose une reconstitution minutieuse du 18e siècle et qui fait parfois penser à Barry Lindon, l’auteur s’amuse avec un texte qui n’est pas a priori drôle, ni facétieux.
Il est vrai que la plupart des adaptations de Jane Austen sont assez austères, et ici on se réjouit de l’ambiance british humour et de la satire du monde des puissants.

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Présenté comme une galerie de portraits, Love and Friendship joue sur tous les tableaux et présente de ce siècle pas si lointain une sorte de Conversation Piece qui nous conforte dans ce que le monde actuel pense des caciques et des gens "de la haute", de leurs manigances, de leurs intrigues et de leurs jeux de séduction.
On pense même à Marivaux, presque contemporain de ces saynètes, dans la présentation de ces miroirs qui se répondent et se déforment au gré des alliances et des changements de situation, mais aussi bien sûr à Laclos et ses Liaisons dangereuses, mis en scène de façon magistrale par Stephen Frears en 1988.

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Épaulée dans ses intrigues par sa meilleure amie Alicia, une Américaine en exil, lady Susan Vernon devra déployer des trésors d’ingéniosité et de duplicité pour parvenir à ses fins, en ménageant deux prétendants : le charmant Reginald et sir James Martin, un aristocrate fortuné mais prodigieusement stupide…
Le coup de théâtre final est épatant et inattendu bien sûr, sans oublier d’être fort cocasse.

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Saluant le retour de son actrice Chloë Sevigny, interprète déjà de son film Les Derniers Jours du disco (1998), Whit Stillman marque ici le 18e siècle de sa patte toute particulière, faite d’acidité et de tendresse. Son film brillant et pétillant ne laissera personne indifférent, même si on peut par moments lui reprocher son côté théâtre filmé.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Love and Friendship. Réal, sc : Whit Stillman, d’après Jane Austen ; ph : Richard Van Oosterhout ; mont : Sophie Corra ; mu : Benjamin Esdraffo. Int : Kate Beckinsale, Chloë Sevigny, Morfydd Clark, Tom Bennett, Jenn Murray, Stephen Fry. (USA-Irlande-Pays-Bas-France, 2015, 92 mn).

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