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Breton, André (1896-1966)
Brève
publié le vendredi 12 août 2016

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Huschpuppy (Jeudi 11 août 2016)

À propos du colloque de Cerisy-la-Salle L’Or du temps. André Breton 50 ans après (11-18 août 2016).

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Jeudi 11 août 2016

 

À Cerisy, commence un colloque, sous la direction de Henri Béhar et Françoise Py : L’Or du temps. André Breton 50 ans après (11-18 août 2016).

André Breton (1896-1966) : Cinquante ans après sa mort.

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On commence par la tombe des Breton, avec sa stella octangula de Kepler, aux Batignolles, parce que nous nous souvenons avec émotion de leurs funérailles.

Les funérailles d’André (1896-1966), ce samedi 1er octobre 1966. Il faisait beau, il n’y avait pas un monde fou, on se souvient de Jean-Louis Barrault, Michel Leiris, et Isidore Isou qui fit quelques gestes de désenvoûtement au dessus du trou béant.
Les funérailles d’Elisa (1906-2000), ce jeudi 13 avril 2000. Là, il faisait un froid de canard, on était pas tellement nombreux non plus, on se souvient du grog triste, pris ensuite au bistrot le plus proche.

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Pas beaucoup de monde.
Breton n’est ni Hugo, ni Sartre. Il est bien plus dangereux.

On commence par la tombe, mais promis Dominique Rabourdin, nous ne pensons pas que "le surréalisme est une affaire classée". Et il ne risque pas de l’être de sitôt, contrairement à tant d’avant-gardes.

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Ce colloque de Cerisy 2016 se présente ainsi : "Cinquante ans après quoi ? D’abord après la célèbre décade de Cerisy, consacrée au Surréalisme, sous la direction de Ferdinand Alquié, suivie à distance par André Breton."

Lors de ce colloque de juillet 1966, Breton devait déjà être à St-Cirq, et pas en très bon état respiratoire - il a été ramené en ambulance deux mois plus tard.
Mais il avait dû charger ses fidèles - Jean Schuster, déjà son dauphin désigné à l’époque - de participer, afin de défendre les positions du groupe historique. Il est peu probable qu’il ait été aussi rigide qu’autrefois, et le colloque ne s’est pas tenu pour autant avec son "imprimatur".
Par ailleurs Alquié n’avait jamais appartenu au groupe, c’était un philosophe "normal", autant spécialiste de Descartes que de Malebranche. Mais son Philosophie du surréalisme, paru en 1955 (le seul livre qu’il ait écrit sur le sujet) n’a pas été refusé par Breton.

Les membres du groupe en 1966 n’étaient pas tous à Cerisy.

Les présents : André Souris (1889-1970, groupe belge), Michel Carrouges (1910-1988), Henri Ginet (1923-1970), Philippe Audoin (1924-1985), Gérard Legrand (1927-1999), José Pierre (1927-1999), Jean Schuster (1929-1995).
Il y avait aussi, déjà, Annie Le Brun, Claude Courtot, et Georges Sebbag alors tout jeunots, et toujours bien vivants.

Seul Robert Benayoun (1926-1996) manquait.

A priori, il n’y avait pas de "traîtres", juste quelques ennemis anciens, exclus mais amnistiés comme Noël Arnaud (1919-2003) ou Alain Jouffroy (1928-2015).

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Mais y étaient les collègues et les compagnons de route : Clara Malraux (1897-1982), Jean Follain (1903-1971), Dr Gaston Ferdière (1907-1990), ou René Passeron (né en 1920), et bien sûr Ferdinand Alquié lui–même (1906-1985).

Et y participaient déjà les intellos estampillés, extérieurs, universitaires, professionnels de la profession, comme Jean Wahl (1888-1974), Henri Gouhier (1898-1994), Alfred Sauvy (1898-1990), Maurice de Gandillac (1906-2006), Michel Zéraffa (1918-1985), Arlette Albert-Birot (1930-2010), René Lourau (1933-2000)...
C’était intéressant, mais c’était mauvais signe.

La journée sur le cinéma - le samedi 16 juillet 1966 - était organisée par Henri Ginet (qui fut directeur du cinéma d’art et d’essai Le Ranelagh et ami de Brunius), avec un exposé de Charles Jameux (collaborateur de Positif) et des textes de Robert Benayoun (1926-1996), Luis Buñuel (1900-1983), Octavio Paz (1914-1998) et Benjamin Péret (1899-1959).

Foin de name dropping.
Nous sommes en 2016.
Vous, lecteurs, ne faites sans doute pas partie des happy few qui assisteront à ces journées.

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On vous confirme que 50 ans après, il y a surtout des professeurs.
Le seul présent survivant du groupe et de la fameuse décade de 1966 précédente est Georges Sebbag.

Mais le Surréalisme n’est pas mort, il est une vision du monde, un savoir-vivre holiste, un art révolutionnaire.
Plus de cent ans après sa naissance, nous en sommes pétris, même inconsciemment. Non-encartés et désormais sans leader charismatique, nous ne risquons plus de nous faire exclure, et - miracle - il y a encore tout à en apprendre.

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Ne vous laissez pas embobiner par les cafards et les charlatans des médias, qui utilisent le qualificatif à tout bout de champ, pour tout ce qui est étonnant, absurde, "décalé", curieux, bizarre.
Ça témoigne de leur inculture, et de plus, c’est ridicule.
Car s’il y a un champ porteur de sens - créateur de sens même - c’est bien le Surréalisme.
Et c’est irritant.
Parce que la marge, l’étrange et le contretemps, s’ils sont récupérés et éventés tels des lieux communs, ne servent plus à rien.
Or la révolution surréaliste est irrécupérable, donc toujours active.

Bonne lectures :

* Ferdinand Alquié, Philosophie du surréalisme, Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique, 1955.

* Ferdinand Alquié, éd., Entretiens sur le surréalisme. Décades du Centre culturel international de Cerisy-la-salle, Éd. Walter de Gruyter GmbH & Co KG, 1968.

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* Adam Biro & René Passeron (dir.), Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du livre, Genève & Presses universitaires de France, Paris, 1982.

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