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Moka (2015)
de Frédéric Mermoud
publié le mardi 16 août 2016

par Sol O’Brien
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 17 août 2016

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Après la mort accidentelle de son fils, renversé par un chauffard qui a pris la fuite sur quelque route vicinale et qu’on n’a pas retrouvé, Diane déprime et rumine dans une maison de repos.
Un jour, elle se décide, s’échappe, disparaît du cercle de famille, et entame une vraie enquête, la sienne. Elle commence par traverser le lac vers Evian.
Elle ne sait trop comment s’y prendre. Mais elle a lu des polars comme tout le monde et elle se fait aider par un détective privé, qui ne lui fournit que des pistes, pas des preuves.

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Alors "ça" va lui arriver comme dans les polars.
Une coiffeuse très blonde et un peu bizarre ne peut que devenir mystérieuse. La recherche d’une arme et son acquisition, pas de problème, les heureux hasard sont là pour ça. Il y a une voiture à vendre, une maison de campagne multi-usages, une petite frappe quasi amant, il y a un mari raisonnable, des tentations, des sous-entendus, des soupçons. Il y a aussi, bien sûr, le lac Léman, qui est bien beau et qui a largement fait ses preuves, dans le genre.

Il va de soi que la grande idée de ce film, c’est la rencontre de Nathalie Baye et Emmanuelle Devos. C’est du lourd. Les deux comédiennes assurent, dans le registre prévu, elles s’accordent et se répondent, sans symétrie, en une sorte de déséquilibre assez fin, et finalement, sur ce point le pari est réussi.

Il semble aller de soi, aussi, que le tout est très inspiré par Chabrol et son Que la bête meure, avec Devos dans le rôle de Duchaussoy et Baye dans celui de Yanne.

Comme on dit, "ça se laisse voir", et c’est dommage comme un manque d’ambition.

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Car, hélas, une fois posées la situation et l’enquête, on peut prévoir à la minute près ce qui va se passer, l’approche, l’encerclement (particulièrement maladroit), les fausses pistes et le dénouement final, tant tout repose sur des rails rectilignes.

Peut-être est-ce un film qui vient trop tard dans un monde trop vieux.
On ne saura jamais, peut-être faudrait-il un œil innocent.
Parce que nous aussi, on a lu des polars.

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Et alors, le titre ?
Ben, c’est la couleur de la voiture.

Sol O’Brien
Jeune Cinéma en ligne directe

Moka. Réal : Frédéric Mermoud ; sc : F.M. & Antonin Martin Hilbert, d’après le roman de Tatiana de Rosnay ; mu : Christian Garcia et Grégoire Hetzel ; ph : Irina Lubtchansky ; mont : Sarah Anderson ; déc : Ivan Niclass ; cost : Françoise Nicolet. Int : Emmanuelle Devos, Nathalie Baye, Samuel Labarthe, Jean-Philippe Ecoffey, Samule Labarthe, Diane Rouxel, Olivier Chantreau (France-Suisse, 2015, 89 mn).

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