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Semaine télé du 20 au 26 août 2016
Salut les câblés !
publié le vendredi 19 août 2016

Samedi 20 août 2016

20.40 : The Best Offer de Giuseppe Tornatore (2013), OCS Max
Quelle idée d’intituler en anglais un film italien (La migliore offerta) ! Peut-être parce que, quoique tourné en Italie, tous ses acteurs sont anglais ou américains. On peut néanmoins s’y abandonner, pour admirer Geoffrey Rush et la belle inconnue Sylvia Hoeks.

20.45 : Jack de Francis Ford Coppola (1996), Famiz
C’est un choix par défaut de concurrents - à moins de vouloir revoir à la même heure à tout prix des (bons) films passés il y a moins de trois mois, comme Ed Wood (Club), L’Alliance (Classic) ou des épreuves comme Le Dernier Château (Premier) ou The Fountain (TCM). Coppola a souvent fait mieux que cette fable du gamin qui grandit à la vitesse V (Robin Williams fait ce qu’il peut) et parfois fait pire.

22.10 ; Notre pain quotidien de King Vidor (1934), Classic
Déjà passé également, mais il y a plus de dix mois. De toutes façons, cette épopée lyrique sur l’agriculture coopérative durant la Dépression est de nature à galvaniser les énergies et ça ne peut pas faire de mal avant la rentrée. Une curieuse enclave dans la filmographie de Vidor, humaniste certes mais pas mal conservateur sur les bords.

00.15 : Desperate d’Anthony Mann (1947), TCM
Le premier film de la série "noire" de Mann, avant Railroaded, T-Men et Raw Deal. Des "petits" films, jamais plus de 75 minutes, en N&B, avec des acteurs de second plan (ici Steve Brodie, plus tard John Ireland ou Dennis O’Keefe), des scénarios cousus main. Efficacité et invention. On ne s’en lasse pas.

00.35 : La piel que habito de Pedro Almodovar (2011), Émotion
Déjà passé (bis), mais c’est le premier film de l’Almodovar nouvelle manière, sans affèteries. Cette ingénieuse adaptation du roman de Thierry Jonquet, Mygale, aurait pu être programmée sur la chaîne Frisson.

Dimanche 21 août 2016

20.35 : Star Trek III de Leonard Nimoy (1984), OCS Géants
Pour les amateurs du voyage dans l’éternel espace au silence infini, troisième épisode, couplé avec le quatrième (Star Trek IV, également de Nimoy, 1986) tout de suite après, à 22.25.

20.45 : Extrême préjudice de Walter Hill (1987), TCM
Le seul film intéressant de la soirée sur ce bouquet qui ne soit pas passé X fois. La preuve : Des lendemains qui chantent, Dead Man, Chasse à l’homme, Rue sans issue, The Barber, Sans identité, les deux Winnetou. Navrant. Un film de Hill déçoit rarement, c’est encore le cas avec celui-ci.

23.40 : Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot (1943), France 3
Pour mémoire, car on sait bien que chacun l’a vu et revu. Mais la re-vision de Quai des orfèvres, dimanche dernier, dans l’hommage à HGC proposé par Brion, nous a procuré un tel plaisir que l’on a envie de retrouver ce soir cette petite ville bien française en forme de nœud de vipères.

00.10 : La femme à abattre de Bretaigne Windust (1951), TCM
Quoique son nom n’apparaisse pas au générique, on sait que le film a été en grande partie réalisé par Raoul Walsh. Excellent polar, avec un Bogart encore en pleine forme (entre Le Violent de Ray et African Queen de Huston) et une poignée d’acteurs savoureux, Zero Mostel, Ted de Corsia ou Everett Sloane.

Lundi 22 août 2016

Encore une soirée pauvre en découvertes, les films ayant été, dans la presque totalité, vus récemment : Un homme très recherché (Premier), Morse (Frisson), Cours sans te retourner (Club), Gainsbourg (Premier), The Hole (Frisson), Pas son genre (Émotion), Prisonniers de Satan (Classic). Vivement la rentrée…

20.40 : That Cold Day in the Park de Robert Altman (1969), OCS Géants
Déjà passé au début de cette année, mais le film est suffisamment rare pour être revu. Un Altman jamais sorti en salle ichez nous, introuvable en vidéo. Profitons-en.

20.45 : L’Arriviste d’Alexander Payne (1999), Paramount Channel
Le portrait de la lycéeenne aux dents longues du titre est fort bien dressé : Reese Witherspoon est parfaite dans ce rôle de blonde dévorée par la soif de paraître. Et le tableau de la vie d’un lycée américain conventionnel est terrorisant. Ce n’était que son deuxième film, mais Payne promettait - et il a tenu.

20.55 : L’Incompris de Luigi Comencini (1967), Arte
Le film fut, paraît-il, mal accueilli par la critique en son temps. On se souvient surtout avoir été fort ému, aux larmes même, par ce film superbe. Entre deux comédies grinçantes, Comencini a glissé quelques films sur l’enfance, tous aussi réussis, Casanova, Pinocchio ou Eugenio. Stefano Colagrande, ici le fils du consul Anthony Quayle, a disparu immédiatement des écrans et c’est dommage.

22.15 : Un soir… par hasard d’Ivan Govar (1963), Polar
On éprouve une certaine curiosité pour ce réalisateur belge qui tourna huit films entre 1955 et 1966 (dont deux à l’âge de 20 ans), qui ont pour particularité d’avoir tous été démolis par la critique et boudés par le public. Et pourtant… Que personne ne sorte est un bon polar adapté de S.A. Steeman, Deux heures à tuer réunit Pierre Brasseur, Michel Simon et Raymond Rouleau (sur un scénario de Bernard Dimey !). Celui-ci est un suspense assez tenu, avec Michel Le Royer en personnage principal, handicap compensé par Jean Servais et Brasseur. Et il y a Annette Stroyberg (ex-Vadim), pas assez vue à l’écran.

22.35 : Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro (2006), Arte
Deux chefs-d’œuvre sur Arte le même soir, avec un enfant pour héros (ici une gamine qui rencontre un faune), mais ps vraiment dans le même genre. À la douceur souveraine de Comencini répond le fantastique sanglant de del Toro. À apprécier : le numéro de Sergi Lopez en militaire franquiste, haïssable à souhait.

00.15 : L’Inconnu du 3e étage de Boris Ingster (1940), TCM
La perle du jour. Le premier des trois films (eu égard à la qualité de celui-ci, on souhaiterait voir les deux autres) d’un scénariste devenu producteur dans les années 50. Peter Lorre, l’inconnu du titre, est aussi inquiétant qu’à l’accoutumée, Elisha Cook Jr, encore à l’aube de sa carrière fertile, se débat comme un beau diable pour échapper à l’exécution. Ingster aurait été assistant d’Eisenstein (sur Romance sentimentale, 1930). Le film est très court (60 mn), mais vaut le détour.

Mardi 23 août 2016

20.40 : Les Bacchantes de Giorgio Ferroni (1961), OCS Géants
La chaîne nous surprend régulièrement en exhumant des films oubliés depuis belle lurette - là, plus de cinquante ans. Un 23 août, voici un péplum rafraîchissant, pas génial, sans doute, mais plaisant : avec Pierre Brice, ignoré en France, mais future vedette des westrens allemands, Taina Elg (une des "Girls" de Cukor) et Akim Tamiroff, de partout et d’ailleurs.

20.45 : Black Death de Christopher Smith (2010), Frisson
Pas vu, mais on en a entendu causer, en bien. Le Moyen Âge anglais, la peste noire, ce n’est pas un sujet si fréquemment traité. Et comme il s’agit du seul film inédit proposé à cette heure… Si c’est un mauvais conseil, on battra notre coulpe.

20.45 : Les Opportunistes de Paolo Virzi (2013), Club
On connaît mal ici les films de Virzi, pas tous distribués, et qu’il a fallu souvent aller découvrir au festival italien d’Annecy. Pourtant Catherine va en ville, La prima bella cosa ou Chaque jour que Dieu fait sont des œuvres personnelles et remarquables. On nous promet pour bientôt La pazza gioia, montré à Cannes (à la Quinzaine) en mai dernier. Sorti en novembre 2014, ce film-ci, Le Capital humain en VO, belle description désabusée d’un monde en déréliction, n’a fait, malgré la Bruni Tedeschi et la Golino, que 87000 entrées : il est temps de le rattraper.

20.55 : L’Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier (1973), Chérie 25
En attendant la sortie de son Voyage à travers le cinéma français, on peut vérifier combien, avec ce premier film, le cinéaste s’inscrivait dans une tradition qu’il a su transformer tout en la respectant. Dernier scénario d’Aurenche-et-Bost, ce tandem honnis par la Nouvelle Vague mais dont les films ont souvent mieux vieilli que ceux des Jeunes-Turcs, la transposition de l’Everton américain du roman de Simenon à Lyon, entre Saône et Rhône, est une réussite.

22.30 : La Bataille de Solférino de Justine Triet (2013), OCS City
Le film avait surpris en son temps par sa façon d’insérer une histoire anecdotique (une romance) dans un épisode plus large (l’élection présidentielle de 2012). Le suivant, Victoria, a cassé la cabane à Cannes 2016 (à la Semaine), surtout parce que la réalisatrice est bien accompagnée par la critique qui fait l’opinion. Le public pourra bientôt vérifier sur pièce.

00.05 : La Femme sur la plage de Jean Renoir (1947), TCM
Un Renoir, certes, mais qui pourrait être signé autrement sans qu’on y voit une quelconque différence avec d’autres artisans de la RKO. Mais il y a Robert Ryan et Joan Bennett, et Charles Bickford, excellent troisième côté du triangle.

Mercredi 24 août 2016

Encore une soirée dépourvue d’intérêt, tous les films inscrits sur le bouquet Canal ayant été programmés ces derniers mois ou semaines.
On peut revoir L’Enlèvement (20.45, Émotion), Cutter"s Way (20.45, Club), Domicile conjugal (20.45, Classic), Secrets de famille (22.45, Famiz), A Girl at My Door (22.35, Club), Alexandre Nevski (22.20, Classic), Navajo Joe (22.20, TCM).
Heureusement, le bouquet OCS offre quelques nouveautés.

20.40 : Au plus près du soleil d’Yves Angelo (2015), OCS City
À sa sortie, le film a fait un bide (25000 entrées). C’est fort dommage, car le scénario (Angelo, Dupeyron et Gilles Legrand) est très bien bâti, les situations (conflit entre mères adoptive et biologique) créent un malaise soutenu, l’ambiance évoque certains romans noirs de Simenon et l’interprétation de Sylvie Testud et Grégory Gadebois est solide comme tout (sans compter une inconnue remarquable, Mathilde Bisson). Vision obligatoire.

20.40 : Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore (2015), OCS Choc
Encore une découverte cannoise (Semaine 2015) qui a beaucoup impressionné la critique, plus que ses quelques spectateurs lors de sa sortie. Il faut dire que l’ambition était grande : faire de la guerre en Afghanistan une expérience fantastico-métaphysique. On n’est pas certain d’avoir saisi toutes les intentions de l’auteur, mais le film existe - avec, outre Jérémie Rénier, toute la jeune classe des comédiens d’avenir, Swann Arlaud, Kevin Azaïs, Finnegan Oldfield.

22.20 : Djinns de Hugues & Sandra Martin (2010), OCS Choc
Même chaîne, même sujet : une section de militaires (cette fois-ci en Algérie en 1960) fait des rencontres fantastiques, les djinns du titre, dans le désert. Le film n’a eu aucun écho et pourtant il méritait d’être soutenu ; même système de casting : un acteur connu (Thierry Frémont) et des jeunes d’avenir (Grégoire Leprince-Ringuet, Aurélien Wiik). À rattraper.

Jeudi 25 août 2016

20.40 : El Paso, ville sans loi de Lewis R. Foster (1949), Paramount Channel
L’auteur fait partie de ces "petits-maîtres" hollywoodiens attachants, spécialistes d’aventures tous terrains, westerns, guerre, films exotiques, avec les mêmes acteurs, Ronald Reagan ou John Payne, comme ici. Et ce film ne passe jamais.

20.45 : Les Liens du sang de Jacques Maillot (2008), Frisson
De l’inédit ! Drame racinien (La Thébaïde ou les Frères ennemis) en forme de polar lyonnais. Guillaume Canet, le filc, et François Cluzet, le voyou. Entre les deux, Clotilde Hesme, ce qui nous ravit. Le scénario était suffisamment bien mené pour que Canet en réalise une adaptation aux USA, Blood Ties, qui ne fait pas oublier celle-ci.

20.45 : Ivan le Terrible de S.M. Eisenstein (1945), Classic
On le réclamait, le voici, cet ultime film du maître, classique des classiques, ce qui signifie que l’on ne prend jamais la peine (et le plaisir) de le revoir. En deux parties (la seconde à 22.20). Commande d’État, Ivan = Staline ? Sans doute, mais ça va au-delà de la simple conjoncture d’époque. L’œuvre eut un parcours chaotique : prix Staline pour la première partie, interdiction pour la deuxième, qui demeura seconde alors qu’une troisième était prévue. SME ne s’en remit pas et ne tourna plus avant sa mort en 1948.

20.45 : Ben-Hur de William Wyler (1959), TCM
Lourde soirée, entre Nicolas Tcherkassov-Ivan et Charlton Heston-Ben Hur. Mais si le film d’Eisenstein peut supporter d’être revu sur un écran domestique, celui de Wyler en souffre : la fameuse course de chars exige l’écran en plein air de Bologne ou de Locarno.

21.00 : Mad Men, saison 7
On arrive à la mi-course de cette ultime saison. Ça ne semble pas vraiment s’arranger pour Don Draper.

00.10 : Cape et poignard de Fritz Lang (1946), TCM
On se souvient que lorsque Lang était venu présenter ce film à la cinémathèque de Chaillot, il l’avait pas mal minoré - film d’espionnage de circonstance, etc. Mais le film reflète bien son moment : la guerre, un physicien aux mains des Allemands et qui a trouvé la formule de la bombe atomique, un espion américain qui veut le récupérer, la résistance antinazie. C’est daté. Mais le scénario est signé, entre autres, par Ring Lardner Jr et Albert Maltz, futurs blacklistés du maccarthysme.

02.00 : Dollar de Gustaf Molander (1938), TCM
L’heure de passage est rédhibitoire, mais on peut enregistrer. Un des derniers films suédois tournés par Ingrid Bergman avec Molander, élégant marivaudage amoral, entre Lubitsch et Cukor, où amour et argent vont de pair. Bergman s’y révèle excellente actrice de comédie, ce qu’elle n’a pas eu, hélas, beaucoup l’occasion de prouver ensuite.

Vendredi 26 août 2016

20.40 : Apocalypto de Mel Gibson (2006), OCS Choc
Gibson n’est pas trop bien considéré comme réalisateur. Ses quelques films sont pourtant de première importance (Braveheart est une grande chose). Il a osé faire ce que peu se permettent : tourner son film en langage local, ce qui contraint au sous-titrage dans tous les pays d’exploitation, surtout lorsqu’il s’agit du maya yucatèque, comme ici. Leslie Stevens a réalisé jadis un film en esperanto (Incubus, 1966), mais il s’agissait d’un petit budget. Là, Gibson a risqué gros - et, pour nous, gagné son pari.

20.45 : Larmes de joie de Mario Monicelli (1960), Classic
Reportons-nous au 25 décembre dernier, qui n’était pas la meilleure date pour regarder un film : "La programmation est un peu en avance, puisque le film se passe le 31 décembre. Ne chipotons pas : c’est toujours un plaisir de (re)voir un Monicelli, toujours entre drôlerie et drame. La curiosité ici n’est pas de rerouver la Magnani et Toto, mais des acteurs américains comme Ben Gazzara et Fred Clark."

22.30 : Le Quatrième Homme de Phil Karlson (1952), TCM
Joli film noir, aussi réussi que la plupart de ceux tournés par Karlson. On préfère le titre original (Kansas City Confidential) qui ne révèle rien de l’intrigue. John Payne en héros principal (c’est sa semaine) et une savoureuse galerie de trognes de méchants : Preston Foster, Lee Van Cleef, Neville Brand, Jack Elam.

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