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Victoria (2016)
de Justine Triet
publié le mardi 13 septembre 2016

par Bernard Nave
Jeune Cinéma n° 374, été 2016

Sélection de La Semaine de la critique au festival de Cannes 2016

Sortie le mercredi 14 septembre 2016

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En 2013, Justine Triet avait présenté La bataille de Solférino qui avait marqué les esprits par son dispositif de tournage lors de la soirée des résultats de la présidentielle de 2012.
Changement de registre avec son nouveau film, même si l’on retrouve, en personnage principal, une jeune femme, ici avocate, Victoria, au cœur d’un tourbillon professionnel et affectif.
Justine Triet lorgne du côté de la comédie pure, avec références à la comédie américaine de Hawks, par exemple. Les éléments de dialogues dans un anglais approximatif en témoignent, le rythme des répliques et des scènes, le bestiaire aussi.

Victoria cultive le chaos, celui de son appartement avec ses deux petites filles qui jouent dans tous les sens.
Celui de sa vie sentimentale en miettes aussi.
Un ex qui tient un blog dans lequel il nourrit une fiction fondée sur leur relation passée, un copain (Melvil Poupaud), embringué dans une sombre histoire de tentative de meurtre de sa compagne et qui la sollicite pour le défendre.

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Et Sam (Vincent Lacoste), un ex-dealer qui vient lui proposer ses services même s’il n’a aucune formation en droit.
Victoria navigue à vue au milieu de ce chaos, cherche conseil auprès d’un psy, d’une cartomancienne, d’une copine avocate, tous personnages plus improbables les uns que les autres.

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Le film alterne la comédie débridée (les apparitions d’un dalmatien et d’un singe convoqués comme témoins à la barre) et des nuances plus graves en ce qui concerne les sentiments, la sexualité.
On ne s’ennuie pas dans ce film qui assume ses choix jusque et y compris dans le happy-end final.

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La distribution est plutôt cohérente, même si Vincent Lacoste ne parvient décidément pas à convaincre.
Mais Virginie Efira et Melvil Poupaud ont un bel abattage, avec des nuances plus subtiles pour le second.
Victoria se démarque donc du tout venant de la comédie française, en restant toutefois en-deçà des grands modèles hollywoodiens invoqués, car il y manque la profondeur, la causticité d’un Wilder, par exemple.

Bernard Nave
Jeune Cinéma n° 374, été 2016

Victoria. Réal, sc : Justine Triet ; ph : Simon Beaufils ; mont : Laurent Sénéchal. Int : Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud, Laurent Poitrenaux, Laure Calamy (France, 2016, 90 mn).

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