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Cancre (le) (2016)
de Paul Vecchiali
publié le mardi 4 octobre 2016

par Jean-Marc Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle hors compétition du festival de Cannes 2016

Sortie le mercredi 5 octobre 2016

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Paul Vecchiali nous offre ici un film testamentaire, dans lequel il revient à la fois sur son art, sa vie, ses amours et surtout la vieillesse et la mort.

Crépusculaire et implacable, Le Cancre nous présente un homme au soir de sa vie, qui recherche, auprès de toutes les femmes qu’il a aimées, Marguerite, celle qui a marqué son imaginaire et sa sensibilité. Vieillard atrabilaire, flanqué d’un fils homosexuel qu’il morigène, Vecchiali s’amuse en vieux ronchon qui joue à faire semblant de vieillir.

C’est Pascal Cervo, déjà vu chez Vecchiali - dans Faux accords (2013), Nuits blanches sur la jetée (2014) et C’est l’amour (2015) - qui interprète le rôle de Laurent, le fils tendre et indolent de Rodolphe, ce vieil égoïste qui ne sait pas aimer, dans cette belle maison dont on ne sait pas grand-chose sauf qu’il risque de la perdre, où entrent et sortent des individus, des huissiers et des femmes.

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Cette galerie de portraits un peu répétitive n’est pas ennuyeuse même si on frôle parfois le donjuanisme mal digéré. Mais cette valse mélancolique qui oscille entre regrets et remords ne va pas sans évoquer le fameux film de Duvivier (1937) que Vecchiali évoque d’ailleurs : "Ce n’est qu’une fois le film fini que j’ai remarqué la filiation avec Un carnet de bal, le superbe film de Julien Duvivier. C’est pourquoi j’ai rajouté, dans le générique de fin, ce sous-titre ’Carnet de belles’. Une séquence en particulier y fait référence : celle avec Catherine Deneuve, car on ne sait pas si je l’ai vraiment rencontrée. C’est le cas de Marie Bell dans le Duvivier : a-t-elle vécu ses retours sur elle-même ou les a-t-elle rêvés ?"

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Le rythme fait défaut, certaines séquences semblent artificielles, mais il est difficile de ne pas succomber au charme étrange, un peu mortifère, de ce film qui fait la part belle aux femmes, comme en écho à Femmes Femmes, présenté à Venise en 1974. Les femmes y sont superbes - on en verra plus loin la liste - et apparaissent comme dans un opéra de Mozart, sans que l’on sache très bien si elles sont encore dupes, ou complètement manipulatrices.

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Parmi elles, la grande Catherine Deneuve, sortant de l’eau comme Ondine, avec en filigrane le portrait omniprésent de Danielle Darrieux.
Certains parlent de lacanisme, en raison des jeux de mots que Vecchiali adore, d’autres de marivaudage.
Comme dit l’auteur, "c’est une sorte de train qui, d’année en année, comme de gare en gare, emmène un homme vieillissant mais toujours amoureux."

Jean-Marc Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Le Cancre. réal, sc : Paul Vecchiali ; sc : Noël Simsolo ; ph : Philippe Bottiglione ; mont : Vincent Commaret ; mu : Roland Vincent. Int : Paul Vecchiali, Pascal Cervo, Françoise Lebrun, Annie Cordy, Edith Scob, Marianne Basler, Françoise Arnoul, Catherine Deneuve, Mathieu Amalric (France, 2016, 116 mn).

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