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Revue Médiamorphoses (2007)
Les séries télé
publié le dimanche 15 avril 2007

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n°308-309, printemps 2007

Éric Maigret et Guillaume Soulez (dir.), "Les raisons d’aimer… les séries télé, MédiaMorphoses, hors-série, janvier 2007.

Nul n’est besoin de la préciser encore une fois, les séries télé ne sont pas du cinéma.

Longtemps (toujours ?) considérées comme le parent pauvre de la fiction, elles n’ont jamais été dignes de louanges.

Nul désir de ma part de revenir sur ce genre que je n’aime pas non plus et que je connais très mal.
Partant du principe que je n’ai, hélas, pas le temps de voir tous les films qu’on nous propose chaque semaine, je n’ai donc aucune envie de voir des feuilletons à la télé, sauf quelquefois pour me rendre un peu compte par moi-même des engouements médiatiques ou populaires qui ne durent jamais trop longtemps d’ailleurs, balayés qu’ils sont souvent par d’autres séries venues la plupart du temps des États-Unis, grand pourvoyeur de séries.
Mais il est nécessaire de se pencher sur le phénomène au moins pour en mesurer l’impact et tenter de comprendre les raisons du succès.

C’est à cela que se sont attelés Éric Maigret et Guillaume Soulez, dans ce numéro hors-série de MédiaMorphoses et que nous voulons souligner.

En effet, sous le titre peu ambigu : "Les raisons d’aimer… les séries télé", les auteurs et leurs collaborateurs du monde entier (puisque telle est l’optique fort louable de cette revue coéditée par l’INA et Armand Colin) se sont penchés sur le phénomène.

La rédactrice en chef, Geneviève Jacquinot-Delaunay, met l’accent dès le titre de son éditorial sans qu’on sache s’il s’agit d’un constat ou d’une provocation :
"Comment peut-on encore ne pas regarder les séries télévisuelles ?"

On observe le chemin parcouru depuis les années 80, à une époque directement issue de mai 68 où une telle assertion aurait plongé le Landernau audiovisuel dans une bataille digne de celle d’Hernani.
De nos jours, c’est un fait, il faut vivre avec et même une universitaire aussi prestigieuse peut le constater sans avoir à en rougir.
D’ailleurs, Éric Maigret et Guillaume Soulez, éminents professeurs de l’université de Paris-3, enfoncent le clou en parlant de "Nouveaux territoires de la série télévisée", lorsqu’ils précisent que "en septembre 2006, le film du dimanche soir a laissé la place aux séries américaines comme Les Experts (CSI), permettant à TF1 de reprendre le terrain perdu sur France 2, qui avait sauté le pas quelques années auparavant, en particulier avec le succès d’Urgences (E.R.)".

Il paraît qu’il faut vivre avec son temps, et il est vrai que des titres de séries, comme Desperate Housewives, Friends ou Sex and the City sont sur toutes les lèvres et qu’elles scellent une communauté de téléspectateurs (et pas seulement si l’on en juge par le nombre de DVD vendus) autour des mêmes valeurs et des mêmes attentes.

Faut-il s’en féliciter ou le déplorer ?
Ce n’est bien sûr pas le propos de ce numéro spécial qui répond parfaitement à son projet en analysant le phénomène dans tous les pays producteurs à travers trois chapitres :
- "Avec et au-delà de Hollywood" ;
- "Après les séries familiales, le temps des micro-politiques" ;
- "Vers de nouvelles esthétiques".

C’est d’ailleurs cette dernière partie qui devrait faire froid dans le dos des cinéphiles, sachant que les séries sont peut-être en train de détrôner le cinéma à la télévision.

C’est un constat que n’envisagent pas les concepteurs du dossier puisqu’ils sont avant tout observateurs des médias, même si Guillaume Soulez est coauteur d’un beau livre sur le cinéma, Stendhal, le désir de cinéma (cf. Jeune Cinéma, n° 305, octobre 2006).

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n°308-309, printemps 2007.

Éric Maigret et Guillaume Soulez (dir.), "Les raisons d’aimer… les séries télé, MédiaMorphoses, hors-série, janvier 2007.

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