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Arène, Paul (1843-1896)
Une vie, une œuvre
publié le mercredi 26 octobre 2016

par Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe

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Cf. aussi son portrait d’Antibes en 1876.


Qui se souvient de Paul Arène ?
Excepté les amateurs des marges de l’histoire littéraire du 19e siècle, pas grand monde. Oubli normal, puisque aucun de ses titres ne semble avoir été réédité depuis les années 20.

Il a pourtant laissé quelques traces dans la littérature, perceptibles encore aujourd’hui : la plus grande partie de l’inspiration - et de l’écriture - des Lettres de mon moulin de Alphonse Daudet, serait de son fait, selon le témoignage de Octave Mirbeau, toujours bien averti des dessous littéraires de son temps.

Nègre de Daudet ?
En tout cas, son ami - solidarité parisienne entre méridionaux (Alphonse était né à Nîmes, Paul à Sisteron) -, suffisamment proche pour collaborer étroitement aux chroniques provençales parues dans la presse de l’époque, et recueillies par le seul Daudet en 1869.

L’année précédente, Arène avait publié Jean-des-Figues, description de son arrivée, de sa réussite et de sa chute (fictive), dans le Paris littéraire du Second Empire, Parnasse et compagnie.
Le roman vaut largement les Scènes de la vie de bohème de Murger, et ses personnages, qui font preuve d’une belle modernité dans le libertinage, ont bien moins vieilli.

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Ce premier titre fut suivi d’une grosse vingtaine d’autres, dont une série de contes, situées en Haute-Provence ou sur la côte, tout à fait savoureux.

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Retiré à Antibes - qui servira de décor à plusieurs de ces contes -, il y est mort à 53 ans.

Quoique dans la lignée de Mistral (il animera même un félibrige parisien), il n’a pas écrit en occitan et ses récits échappent au folklore : Jean-des-Figues n’est pas Tartarin, ni même la galerie de personnages de Pagnol.
En conséquence, la postérité l’a moins considéré.

Sa cote n’étant pas très élevée, on peut encore trouver à faible prix, au hasard des bouquinistes, quelques-uns de ses ouvrages dans l’édition Lemerre, si pratique à glisser dans la poche, mais à la typographie redoutable (1).

On aimerait une réédition de La Chèvre d’or (2), par exemple, dont quelque éditeur suicidaire pourrait se charger.

Lucien Logette
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1. On le trouve aussi encore en belle édition ancienne.

2. La Chèvre d’or de René Barberis d’après Paul Arène (1942), avec Jean Murat, Yvette Lebon, Antonin Berval, Félix Oudart, René Génin, Henri Poupon, Roger Gaillard, Maurice Schutz, Marcel Maupi, Mathilde Alberti, Roland Valade.

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