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Dernières nouvelles du cosmos (2016)
de Julie Bertuccelli
publié le mardi 15 novembre 2016

par Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 9 novembre 2016

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Après l’inoubliable Depuis qu’Otar est parti en 2003, et récemment La Cour de Babel en 2014, Julie Bertuccelli poursuit une œuvre très particulière et originale.

Il est difficile d’écrire sur un tel film, surtout après les phrases de la jeune autiste Hélène Nicolas (Babouillec Sp) adressées à la cinéaste à la sortie du film : "Avec le recul, mon œil a retrouvé son sens critique. La beauté que dégage l’image nous offre la possible interrogation de l’émotion. Rire ou pleurer face à ce monde d’un ailleurs". Le monde d’un ailleurs évoqué par Hélène est celui des autistes, monde sans parole dans lequel elle vit, résiste et se bat, et qu’elle symbolise à la suite de son nom, Babouillec, par Sp (Sans parole).

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Dans le premier plan, Hélène trébuche sur le chemin, la taille entourée d’une grosse bouée - bouée de sauvetage, bouée au cas où, bouée qui l’attache à un monde étranger. Pour Hélène, le film est une étape expérimentale, un palier à franchir, scène après scène ; elle s’accomplir et s’affranchit, prenant du plaisir à composer des mots avec les lettres disposées sur la table, semblables à un alphabet typographique. Elle semble épanouie et heureuse de partager cette complicité avec sa mère (Véronique Truffert), extraordinaire de dévouement et de force, elle se plaît et se projette à envisager une mise en scène d’après ses mots.

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Il y a une beauté intérieure dans les images de Julie Bertuccelli, devant les paysages, les arbres et face à la silhouette d’Hélène où sur son visage magnifiquement filmé resplendit la pensée. Et cette beauté du film transcende la douleur d’Hélène, de sa mère et de ceux qui l’entourent, beauté qui offre, comme l’exprime Babouillec, le rire ou les larmes, le rire et les larmes, devant cet autre monde dont elle a conscience. Leçon d’intelligence, de clairvoyance, de générosité et d’espoir.

Le film a cette qualité inestimable de mettre le spectateur face à Hélène, seule, et à cette énigme mentale. De la même façon que face à des œuvres d’artistes de l’art brut, qui dessinent ou peignent en repoussant sans cesse le cadre, évoquant la cosmogonie et l’univers dans un monde de spiritualité.
D’où la préoccupation cosmique chez Hélène également, et le titre choisi par Julie Bertuccelli.

Dernier plan du film, Hélène, de dos, marche d’un pas assuré et léger vers son avenir.

Gisèle Breteau Skira
Jeune Cinéma en ligne directe


Dernières nouvelles du cosmos. Réal, sc, ph, son : Julie Bertuccelli ; mont : Josyane Zardoya (France, 2016, 85 mn). Documentaire.



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