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Danse des accrochés (la) (2015)
de Thibault Dentel
publié le mercredi 7 décembre 2016

par Laurent Berger-Vachon
Jeune Cinéma n° 377, décembre 2016

Sortie le mercredi 7 décembre 2016

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La liberté se perd plus facilement qu’elle ne se gagne…
Thibault Dentel, réalisateur de ce premier long métrage, semble avoir déjà éprouvé la dure réalité des rapports de force qui régissent l’équation sociale du commun des mortels. C’est du moins ce que l’on pourrait penser, à travers l’univers sur lequel il choisit de se pencher, au fil des obsessions qu’il révèle dans son écriture cinématographique.

D’un angle, il plante, sans aucun fard, sa caméra dans le domaine rural comme le ferait un documentariste. De l’autre, il recompose la banalité du réel et introduit la faille dans le déroulement quotidien d’un processus perpétuel.

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D’image en image, de séquence en séquence, le film mêle intimité psychologique, approche sociale et intrigue meurtrière, pour finalement délivrer un message de grande cruauté des êtres envers leurs semblables et envers eux-mêmes. Aux tréfonds d’une histoire résolument sombre, où l’on s’efforce souvent de sentir ne serait-ce qu’un éclat de lumière, pas un seul protagoniste n’aura la capacité de stopper la mécanique d’une destruction inexorable.

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La fatalité du récit pousse à l’interrogation. L’aptitude d’un système à réintégrer des êtres sortis des rails prend un coup saillant en plein cœur. Beaucoup plus qu’en filigrane, l’homme demeure encore un loup pour l’homme.

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C’était probablement la volonté de l’auteur en pointant son objectif sur cet homme sortant d’une longue période carcérale avec un dispositif de semi-liberté (Jean-Claude Gauthier), pour retomber dans les mêmes engrenages face à un enchaîné psychologique (Christophe Sauvion) semi-alcoolique et matricide.

Le résultat, servi par une interprétation toujours juste et parfois touchante, oscille entre analyse sociétale et thriller campagnard.
Cela fait beaucoup de genres à la fois pour un seul film. Il ne reste plus qu’à choisir un axe d’approfondissement.
Au-delà des effets de contrastes des plans nocturnes qui jouent d’une valeur esthétique d’opposition, la force expressive propre à l’utilisation du noir & blanc dégagera peut-être ainsi les nuances d’une véritable couleur.

Laurent Berger-Vachon
Jeune Cinéma n° 377, décembre 2016

La Danse des accrochés. Réal, sc : Thibault Dentel ; ph : Thomasz Cichawa. Int : Jean-Claude Gauthier, Christophe Sauvion, Nicole Turpin, Sylvain Solustri, Dorothée Dentel (France, 2015, 106 mn).

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