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Semaine télé du 31 décembre 2016 au 6 janvier 2017
Salut les câblés !
publié le vendredi 30 décembre 2016

Samedi 31 décembre 2016

19.45 : Cinéastes des années 80 : David Zucker, Jim Abrahams, Jerry Zucker : les iconoclastes, OCS Géants
La soirée en hommage à ZAZ commence par un doc (pas vu) sur le trio ravageur. À la queue leu leu, leurs trois films les plus nonsensiques : 20.40 : Y a-t-il un pilote dans l’avion (1980) ; 22.05 : Y a-t-il enfin un pilote dans l’avion ? (1982) et 23.00 : Top secret (1984). Pas sûr que l’accumulation soit une bonne chose, il faut pouvoir souffler entre chaque titre. Mais on ne ve pas rechigner sur cette offre de franchir le seuil de 2017 en aussi bonne compagnie.

20.45 : Pauline à la plage d’Éric Rohmer (1983), Club
On a lu quelque part, pour qualifier cette comédie : "un film délicieusement bavard et maniéré." Il suffit de supprimer l’adverbe pour définir plus exactement l’œuvre de l’auteur, dont on continue à s’étonner qu’il soit considéré comme le Marivaux des écrans du siècle dernier. Non que ses proverbes, comédies et autres contes moraux soient tous dépourvus de certaines qualités et de cet "esprit français" propre à réjouir les gens cultivés. Mais avouons notre ennui devant ce ressassement constant des mêmes thèmes minuscules, cette fascination pour une jeunesse idéalisée, cette célébration des égarements du cœur et de l’esprit (mais Rohmer n’est pas Crébillon) d’un tout petit monde. L’auteur a son public captif, inutile de lutter.

20.45 : La Bande à Bonnot de Philippe Fourastié (1968), Classic
Tout le monde est là, Bonnot, Garnier, Raymond la Science, Dieudonné, Kilbatchiche et Rirette. Le film, sorti en octobre 68, fut bien accueilli, tant la description des exploits de Jules et de sa bande d’anarchistes correspondait à la couleur de l’époque, même si les "événements" de mai n’étaient pas encore entrés dans la légende. On est curieux de vérifier quelle résonance il peut éveiller aujourd’hui. Fourastié connut une carrière mince, que ne laissait pas présager le succès de ses films - une bonne adaptation d’une Série Noire de W.P. McGivern, Un choix d’assassins, ce film-ci et une série télé, Mandrin en 1972, tout cela en cinq ans.

21.00 : Le Choix de Sophie d’Alan J. Pakula (1982), Sundance Channel
"Il fallait oser se lancer dans l’adaptation du roman de William Styron. Pakula l’a fait et s’en est sorti au mieux, bien aidé par Meryl Streep, que l’on n’aimait pas beaucoup alors mais qui nous a convaincus, et Kevin Kline. Comment le choix de l’héroïne peut-il encore nous toucher, c’est ce qu’on va pouvoir vérifier." (note du 8 juillet 2016)

22.10 : Viva Maria ! de Louis Malle (1965), Classic
C’est donc une soirée sous le signe de la révolution, anars + guerilleras, que nous offre la chaîne pour achever l’année. On l’en remercie, même si la distance entre l’écran et le réel n’a jamais été si démesurée. Ce qui n’empêche pas de rêver sur les aventures mexicaines des superbes Bardot et Moreau.

22.15 : Piranhas de Joe Dante (1978), TCM
TCM continue d’exhumer les très anciens films de Dante. Si celui-ci fut le premier qu’il réalisa seul, il est déjà bien représentatif de sa manière de jouer avec les codes, de façon à la fois sérieuse et référentielle (qui atteindra son sommet dans Panique sur Florida Beach). Ici, tout est dans le titre, comme dans Hurlements, son suivant.

00.10 : L’Emprise du crime de Lewis Milestone (1946), TCM
Ultime film de la rétrospective Kirk D., et sa première apparition, déjà remarquable. Rétro un peu décevante, qui s’est contentée de programmer (et parfois plusieurs fois) les titres les plus connus : où sont passés L’Homme aux abois, Liaisons secrètes, Ville sans pitié, Quinze jours ailleurs, Le Reptile, entre autres ? Pour son prochain anniversaire ?

Dimanche 1er janvier 2017

On sent que les programmateurs ont jugé que la fatigue inhérente aux lendemains de réveillon ne nécessitait pas d’inventivité. Presque tout ce qui est annoncé sur les différents bouquets a déjà été proposé et reproposé sur toutes les chaînes. Souhaitons que la suite de la saison soit moins triste.

20.40 : Oliver Twist de Roman Polanski (2005), OCS Max
C’est le film inédit (sur le câble) du soir. Polanki n’a pas essayé de transformer le roman de Dickens, il lui est aussi fidèle que David Lean jadis et Ben Kingsley est un Fagin aussi réussi qu’Alec Guiness en 1948 (on laisse de côté la version musicale de Carol Reed). Résultat : une excellente reconstitution de la pègre londonienne du 19e siècle.

20.40 : Brigadoon de Vincente Minnelli (1954), OCS Géants
Chantons sous la pluie la semaine dernière, Brigadoon ce soir, la chaîne gâte les amateurs. Il ne manque que The Bandwagon pour que la fête soit complète. Et pour la trentième fois, on guettera l’arrivée de Cyd Charisse lorsque le brouillard sur le pont qui sépare les siècles se sera dissipé et qu’elle pourra rejoindre Gene Kelly.

20.45 : À la poursuite du diamant vert de Robert Zemeckis (1984), Club
Le film conserve quelque charme, même après plusieurs visions, car Michael Douglas et Kathleen Turner tiennent le rythme imposé pendant 105 minutes. On découvrait Zemeckis, qui semblait plein de promesses (il en a tenu quelques-unes).

00.40 : Rosa la Rose, fille publique de Paul Vecchiali (1985), Club
Si ce titre fait partie des quelques de l’auteur qui ont bien vieilli, c’est grâce à Marianne Basler, dans son premier grand rôle, qui fait oublier les clichés, prostituée au grand cœur, mac protecteur, client à coup de foudre, loi du Milieu, etc.

Lundi 2 janvier 2017

20.40 : Les Cerfs-volants de Kaboul de Marc Forster (2007), Paramount Channel
Entre deux grosses machines pleines d’acteurs de renom, Forster s’est payé une escapade en Afghanistan (surtout en Chine d’ailleurs, plus tranquille pour les tournages) pour adapter le roman de Khaled Hosseini. L’amitié entre des gamins, ça marche toujours. Mais l’auteur n’en fait pas trop.

20.40 : Planète interdite de Fred McLeod Wilcox (1956), OCS Géants
Premier passage télé depuis deux ans, ce qui est étonnant, car il s’agit d’un film de SF parmi les plus célèbres - et avec raison. Le débarquement des voyageurs du Bellérophon sur Altaïr IV, le monstre qui est en réalité (ici, un blanc pour que garder la surprise au spectateur), Anne Francis, à peine sortie des épreuves de Graine de violence et Robby, le plus beau de tous les robots de l’histoire : comment résister ?

20.45 : Mon fils d’Eran Riklis (2014), Club
Le titre original, ou plutôt international, est Dancing Arabs, plus intéressant que le transparent titre français. L’auteur nous avait jadis emballé avec La Fiancée syrienne et Les Citronniers. Il touche encore une fois juste, avec son histoire de lycéen israélien confronté à une classe dont il est le seul Arabe. Ni démonstration, ni prêchi-prêcha, et Yaël Abecassis, toujours égale à elle-même.

20.45 : L’Ultime Attaque de Douglas Hickox (1979), TCM
Déjà passé, mais il y a treize mois. Faute d’autre grand film d’aventures à la même heure, on peut repiquer aux combats des gentils Anglais contre les méchants Zoulous, en Afrique du Sud, au 19e siècle. Burt Lancaster et Peter O’Toole sont du côté des bons, évidemment. Mais le film n’esquive pas la brutalité des méthodes coloniales.

22.15 : La Guerre des mondes de Byron Haskin (1953), OCS Géants
Puisque la soirée sur la chaîne est sous le signe de la SF des années 50, profitons-en jusqu’au bout. Il suffirait de voir Les Survivants de l’infini en troisième partie et on aurait (presque) fait le tour des classiques. Bon, ce n’est pas du Spielberg et c’est tant mieux : les effets spéciaux sont certifiés artisanaux, les rayons de la mort de même. Mais ce n’est pas gênant, on y croit.

00.35 : Guet-apens chez les Sioux de Lewis R. Foster (1956), TCM
Au vu des titres d’après minuit, la rétro TCM est consacrée au studio Republic Pictures, spécialiste des séries B (et des nanars : on rêve de voir Zombies of the Stratosphere de Fred Brannon). Ce soir, après El Paso il y a quinze jours, un autre western de Foster, celui-ci jamais vu. Mais nous le regarderons de confiance, sans trop en attendre parce que Dale Robertson est un acteur qui ne nous inspire pas beaucoup. Mais c’est l’occasion de voir Linda Darnell dans un de ses derniers films.

Mardi 3 janvier 2017

20.40 : Le Syndrome chinois de James Bridges (1979), OCS Géants
Note du 1er octobre 2016 : "Le film, à Cannes, avait fait (un peu) sourire : un accident dans une centrale nucléaire, allons donc, ce n’était que de la frayeur théorique. Depuis, on a compris que cela n’appartenait pas qu’à l’univers du scénario, même si les radiations étrangères ont la bonne habitude de s’arrêter à nos frontières, comme l’affirmait le professeur Pellerin après Tchernobyl. Michael Douglas, à peine sorti des Rues de San Francisco, et Jane Fonda, en pleine forme : le couple de journalistes est performant."

20.45 : Le Secret de la pyramide de Barry Levinson (1985), Famiz
Note du 14 mars 2016 : "Les débuts de Sherlock Holmes, encore adolescent, et sa première rencontre avec le futur docteur Watson. Conan Doyle n’avait pas imaginé cette extravagance, digne d’Edgar Rice Burroughs, pleine de clins d’œil spectaculaires, mais le scénario de Chris Columbus est fûté - le méchant échappe à la noyade et décide de s’appeler désormais Moriarty. L’aventure peut donc continuer."

20.45 : The Good German de Steven Soderbergh (2006), Club
Note du 25 septembre 2016 : "Berlin en ruines, on l’a vu et revu, souvent en presque direct, chez Tourneur (Berlin Express), chez Wilder (La Scandaleuse de Berlin) ou chez Stemmle (Ballade berlinoise). Et en ruines "reconstruites", chez Sirk ou ailleurs, et tout aussi impressionnantes. Ici, c’est au tour du grand Steven, dont on regrette le passage définitif à la TV, d’y planter ses acteurs - et quels acteurs, George Clooney, Cate Blanchett, Toby Maguire, Beau Bridges."

20.45 : Joe Kidd de Clint Eastwood (1972), Classic
Le scénario ne sort pas beaucoup des ornières, Clint n’ayant pas encore accompli sa mutation - la période Leone n’était pas encore très lointaine. Mais le plaisir de la reconnaissance est aussi valable que celui de la découverte. Et plus que l’acteur-réalisateur, on appréciera la partition de Robert Duvall.

20.45 : La Neuvième Porte de Roman Polanski (1999), TCM
Le film n’a pas connu le succès attendu (Polanski + roman d’Arturo Perez-Reverte + Johnny Depp), ce qui est injustifié, car il respecte toutes les règles du genre, et la quête du livre magique, Les Neuf Portes du royaume des ombres (aussi rare que le Necronomicon d’Abdul al-Azred), est haletante. Il est temps de le regarder avec l’attention qu’il mérite.

22.30 : Thomas n’a pas d’écailles de Thomas Salvador (2014), Club
La première œuvre d’un scénariste-réalisateur-acteur, dont on espère bien voir d’autres films aussi inventifs et réussis que celui-ci. Un argument qui joue sur le fantastique, un fantastique très simple, reposant simplement sur une particularité remarquable, on n’en dira pas plus. Ce n’est pas un hasard si Vincent a été sélectionné dans trente festivals (et trois fois primé). On n’avait pas alors l’habitude de voir Vimala Pons quatre fois par an et sa fraîcheur et son aisance décalée nous avait surpris.

00.45 : La Horde sauvage de Joseph Kane (1956), TCM
Ce n’est pas la horde de Peckinpah, que Republic n’aurait jamais pu financer, mais celle de Kane, l’homme aux 130 films de genre. On en connaît une dizaine, dont, honnêtement, on ne se souvient guère, à l’exception de celui-ci, parce que Barbara Stanwyck était étonnante, en maverick queen (titre de la VO), rôle qu’elle reprendra l’année suivante chez Fuller (Forty Guns). Et on trouve dans le reste de la distribution des acteurs qu’on aime bien, Scott Brady, Wallace Ford, Barry Sullivan et Mary Murphy, si émouvante jadis dans L’Équipée sauvage.

Mercredi 4 janvier 2016

20.40 : Les Opportunistes de Paolo Virzi (2013), OCS City
Note du 7 octobre 2015 : "Le titre original, Il capitale umano, est beaucoup plus juste que le français, trop signifiant (et pas cohérent avec le sujet). Excellent tableau de famille, solide et brillant, découvert au festival italien d’Annecy en 2015. Valeria Bruni Tedeschi est bien meilleure dans les films italiens que par chez nous."

20.40 : Les Patriotes d’Éric Rochant (1994), OCS Choc
Le film surprit, parce qu’il était inattendu de la part d’un jeune réalisateur, bien accueilli pour ses "petits" films, le couple de Un monde sans pitié ou le loser de Aux yeux du monde. Plonger dans l’univers plombé de l’espionnage, côté Mossad, c’était hardi, et, selon notre souvenir, le film n’a pas fait un tabac. Mais grâce aux acteurs (S. Kiberlain, Y. Attal et H. Girardot), l’ambiance était crédible. Pas étonnant que, vingt ans plus tard, Rochant soit à l’initiative de la superbe série Le Bureau des légendes.

20.45 : La Famille Bélier d’Éric Lartigau (2015), Premier
La locomotive feelgood de l’année. Si on ne l’a pas encore vu en salles - et quand bien même -, pourquoi ne pas commencer l’année dans une ambiance consensuelle et sympathique, avec de vrais morceaux d’humanité dedans ?

20.45 : La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre (1965), Classic
Soirée Lino Ventura sur la chaîne, et, des trois films choisis, Le Clan des Siciliens de Verneuil (1968) et L’Homme en colère de Pinoteau (1978), c’est le moins connu donc le plus intéressant. Non que le roman d’Alphonse Boudard (adapté par Albert Simonin et dialogué par Audiard) soit inoubliable, au contraire, mais avec la distance temporelle, la distribution est un festival de gloires disparues, Lino, Brasseur, Françoise Rosay, Maurice Biraud, Jean Carmet, Géret, Ceccaldi - seul demeure Aznavour. Et c’est la première période de PGD, que l’on ne revisite jamais, celle qui va du Petit Garçon de l’ascenseur à Paris au mois d’août, sans doute sa plus personnelle, même s’il ne s’agissait que d’adaptations - voir Les Aventures de Salavin, excellente version de l’excellente Confession de minuit de Georges Duhamel (de l’Acadéfraise, qui a écrit au moins un grand livre).

20.45 : Big Jake de George Sherman (1971), TCM
Note du 3 octobre 2015) : "Le grand John Wayne commençait à avoir un peu de mal à se bouger, mais retrouver Richard Boone, le "villain" absolu, est toujours un régal. Sherman est un petit-maître à explorer, cf. Comanche Territory ou Le Trésor de Pancho Villa.

22.25 : Lino de ? (2012), Classic
Il y a eu tellement de documentaires sur Ventura qu’il est difficile de savoir lequel est programmé ce soir. De toutes façons, ceux que l’acteur intéresse sont prêts à le suivre.

22.30 : Aferim ! de Radu Jude (2015), OCS City
Note du 7 septembre 2016 : "Moins célébré que ses compatriotes Mungiu et Puiu, Jude n’en a pas moins signé quelques titres fort intéressants, comme Papa vient dimanche. Ici, un polar qui se passe au 19e siècle, en Valachie, c’est-à-dire, comme la Pologne de Jarry, nulle part. Ours d’argent à Berlin 2015."

00.05 : Johnny Guitare de Nicholas Ray (1954), TCM
Republic Pictures n’a pas fait que dans la série B, la preuve - mais Sterling Hayden n’était pas encore tout à fait une star et Joan Crawford commençait à n’en être plus tout à fait une. Ray était loin d’avoir le renom d’auteur qu’il eut ensuite, en France du moins. Comme souvent chez lui, le film dépasse la somme de ses composants et s’installe dans la catégorie des chefs-d’œuvre qui échappent à leur signataire.

Jeudi 5 janvier 2017

20.40 : Urban Cowboy de James Bridges (1980), Paramount Channel
Bridges est pas mal oublié, malgré Le Syndrome chinois, seul titre régulièrement programmé. On aimerait revoir La Chasse aux diplômes, joli film de 1973, avec le producteur John Houseman en professeur. Ici, Travolta est dans la tradition du péquenot pas bien dégrossi qui découvre la ville (et Scott Glen est un bien meilleur acteur). Mais c’est ce film qui nous fit découvrir Debra Winger.

20.40 : La Bête humaine de Jean Renoir (1938), Histoire
Plus de nanar français le jeudi soir sur la chaîne et on le regrette. Mais enfin, une bouffée de fumée de vraie locomotive, des escarbilles dans les yeux, Carette et Gabin enfournant le charbon dans le ventre de la Lison, Simone Simon en garce magnifiée par le noir & blanc de la photo de Curt Courant, c’est quelque chose.

20.45 : Jeux de pouvoir de Kevin Macdonald (2009), Premier
Note du 26 février 2016 : "Un thriller à la Pakula : Washington, un journaliste tenace, un assassinat politique, une société mafieuse. Rien de nouveau, hélas, mais c’est empaqueté avec efficacité."

20.45 : Open Range de Kevin Costner (2003), Émotion
Le film prouve que "Danse avec les loups" ne fut pas un accident et que Costner, même si son suivant "The Postman" frisa la catastrophe, est un réalisateur non négligeable. et pas seulement parce qu’il sait diriger les acteurs (ici, Robert Duvall et Annette Bening), mais parce qu’il a, comme certains grands anciens, le sens du paysage américain.

20.45 : Boulevard du Crépuscule de Billy Wilder (1950), Classic
Même étonnement que devant Planète interdite : encore un chef-d’œuvre inédit sur le câble depuis deux ans. Chef-d’œuvre labellisé et qui est à la hauteur de sa réputation, ce qui n’est pas toujours le cas. La voix off, le cadavre dans la piscine, la folie de Gloria Swanson, le cynisme de William Holden et la servitude volontaire de Stroheim, les caméos de Keaton et DeMille. L’intelligence du scénario (la mise en miroir de Queen Kelly) et la génie de Wilder.

22.50 : Propriété interdite de Sydney Pollack (1966), TCM
Note du 9 septembre 2016 : "Le film nous fit découvrir en même temps Redford et Pollack, ce qui n’était pas rien. D’autres bonnes fées au générique : Tennessee Williams pour sa pièce, Coppola pour son adaptation, James Wong Howe à la photo. Et un sujet passionnant : les années 30, une bourgade du Mississippi en pleine crise et un envoyé de la société du chemin de fer pour licencier la moitié des employés. Plus une histoire d’amour (Redford et Natalie Wood) et une louche de poésie inattendue, au milieu des wagons abandonnés et des rails repris par la végétation. Pollack a-t-il fait mieux depuis ? Sans doute. Mais c’est ici qu’on le préfère encore."

00.40 : Rio Grande de John Ford (1950), TCM
Oui, Ford a tourné pour Republic, ce qui montre que la frontière entre les catégories A et B n’était pas un mur. C’est l’ultime volet de la trilogie du 7e de Cavalerie US et le moins fréquenté, peut-être parce que Wayne n’avait pas de partenaire masculin à sa taille, comme Fonda (dans Fort Apache) ou McLaglen (dans La Charge héroïque) - si ce dernier apparaît également ici, son rôle est moins important. Première rencontre de Wayne et de Maureen O’Hara, il y en aura d’autres.

Vendredi 6 janvier 2017

20.40 : Préjudice de Steven Zaillian (1998), Paramount Channel
C’est une production (en partie) Redford, donc estimable dès l’abord, et qui entre dans la catégorie film de dossier, type Révélations ou Errin Brokovich - cette fois, de l’eau contaminée qui a tué plusieurs enfants. On y prend le même plaisir à voir dénoncer les malfaisants qu’à suivre les enquêtes de Cash investigation sur France 2. C’est Travolta qui remplace Élise Lucet, et Robert Duvall, comme d’habitude, efface tout le monde.

20.40 : La Course à l’échalote de Claude Zidi (1975), OCS Géants
Avant de travailler dans la grosse cavalerie defunèsienne, Zidi a connu une courte période, dans le mitan des années 70, où il a signé deux comédies débridées pas indignes du tout, grâce au couple Pierre Richard- Jane Birkin : La moutarde me monte au nez et ce film-ci. Rythme, invention, brio, ça n’a pas duré mais c’était bien.

20.45 : Assaut sur le central 13 de Jean-François Richet (2005), Frisson
Même si on attendait un autre profil de filmographie, pour qui avait commencé par État des lieux et Ma 6-T va craquer, que de tourner des remakes américains, reconnaissons que Richet a réussi son coup et qu’il n’est pas indigne de l’original de John Carpenter.

20.45 : La Discrète de Christian Vincent (1990), Club
Débuts en fanfare (mesurée) pour le cinéaste : le scénario était intelligent, les dialogues brillants (la scène sur les différentes mouches jadis utilisées par les élégantes de la cour et dont l’une fournit le titre), Judith Henry étonnante et Luchini étincelant (mais avec justesse, pour une fois). Depuis, Vincent a beaucoup tourné (dix films en vingt-trois ans), sans vraiment décevoir, mais il a fallu attendre Quatre étoiles (2005) pour le voir sortir des sentiers balisés du cinéma français calibré (séparation, enfants, etc.).

20.45 : L’Arme fatale de Richard Donner (1987), TCM
Comme souvent, c’est le premier titre de la série qui est le meilleur. Ça ne décolle pas des ingrédients habituels du buddy-movie, les deux flics dissemblables qui fonctionnent pourtant bien, le duo Mel Gibson-Danny Glover est efficace.

00.55 : L’Homme tranquille de John Ford (1952), TCM
Encore Ford chez Republic, encore avec Maureen O’Hara et Victor McLaglen, encore une réussite - deux Oscars et une grosse poignée de nominations. On connaît par cœur le film, sa vision du village irlandais traditionnel, avec ses rousses incendiaires, ses bagarreurs, etc. Ce qui n’interdit pas d’avoir du plaisir à le revoir - surtout lorsque rien d’autre ne vient le concurrencer dans la nuit.

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