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Fits (the) (2015)
de Anna-Rose Holmer
publié le dimanche 29 janvier 2017

par Nicole Gabriel
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection des festivals de Venise 2015 et Sundance 2016.

Sortie le mercredi 11 janvier 2017

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The Fits, premier long métrage de Anna-Rose Holmer tout juste sorti en France, nous présente une préadolescente énergique qui passe de l’apprentissage de la boxe à celui de la danse en découvrant le drill, une variante du hip hop. Le film mêle les genres : documentaire, film de danse, portrait d’une kid de Cincinatti âgée d’une dizaine d’années. Film de transe, également, qui évoque une hystérie collective, les fits étant des crises semblables aux convulsions épileptiques.

Tout se passe dans une cité dont on n’apprendra rien et dans un milieu exclusivement afro-américain. La ville est mise entre parenthèses, comme l’est le contexte familial et social des adolescents. La seule blanche est la directrice du community center du quartier où jeunes gens et jeunes filles s’entraînent physiquement au lieu de traîner dans la rue. C’est dans les salles de sport et les étages de ce vaste complexe, lieu clos et légèrement claustrophobique, que l’action se concentre. Les seules scènes en extérieur se déroulent sur un pont d’autoroute où la protagoniste continue à s’exercer et dans une piscine désaffectée qui se transforme en piste de danse pour toute la troupe.

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Le cadre de l’établissement sportif, avec ses couleurs froides, ses lignes géométriques, ses miroirs, sa propreté clinique, son ordonnancement militaire - chaque chose étant à sa place, rien n’y est superflu - et la discipline qui y règne rassure-t-il pour autant les jeunes gens ?
C’est en tout cas, apparemment, le seul lieu d’apprentissage pour eux qui leur permette de s’exprimer, de se perfectionner, voire d’exceller et de démontrer qu’ils font partie d’un ensemble. Les scènes de danse ne sont pas accompagnées de la musique assourdissante attendue, mais simplement rythmées par la cadence.

Peu de dialogues émaillent la bande-son.
On y compte plus qu’on n’y parle et l’image se dissocie subtilement du son en bien des endroits. L’accent est plutôt mis sur le cheminement psychologique, sur la conjuration de l’angoise par l’ascèse à laquelle se livre la protagoniste.

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Jusqu’à ce que le corps parle. D’étranges spasmes saisissent les danseuses en proie à des phénomènes et des rites de possession. Elles sont, les unes après les autres, dépêchées à l’hôpital. On s’aperçoit qu’elles recherchent cet état et aspirent à la perte de tout contrôle.

Film austère et dysnarratif exigeant un effort d’attention du spectateur, The Fits se conclut sur une scène de danse chorale très spectaculaire et teintée d’onirisme qui ne dissipe pas totalement le malaise.

Nicole Gabriel
Jeune Cinéma en ligne directe

The Fits. Réal : Anna-Rose Holmer ; sc : AEH, Saela Davis & Lisa Kjerulff ; ph : Paul Yee ; mu : Danny Bensi & Saunder Jurriaans ; mont : Saela Davis. Int : Royalty Hightower, Alexis Neblett, Antonio A.B. Grant Jr., Makyla Burnam, Lauren Gibson, Inayah Rodgers, Da’Sean Minor (États-Unis, 2015, 72 mn).

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