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Paul Sharits (2015)
de François Miron
publié le mercredi 17 mai 2017

par Jean-MaxMéjean
Jeune Cinéma en ligne directe

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Les artistes inspirés, vidéastes et créatifs, qui creusent leurs traces de manière aléatoire et imprévue sur les sillons des films argentiques ou vidéo posent question.

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François Miron se penche ici avec précision et passion sur l’œuvre, l’influence, la vie et la mort mystérieuse du légendaire cinéaste expérimental Paul Sharits. Le film utilise des archives inédites de tous genres, des extraits, des interviews rares avec des personnages de l’avant-garde et des historiens du cinéma expérimental.

Faisant alors à son tour un film expérimental sur un artiste hors sentier battu, le réalisateur français ne permet pas seulement de le faire découvrir, mais réussit à rendre son œuvre pérenne, alors qu’elle a été quelquefois en partie détruite par l’artiste lui-même.

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Figure emblématique du cinéma d’avant-garde des années 1960-70, Paul Sharits a été un pionnier du cinéma structurel, une approche qui souligne et explore les dimensions formelles et les propriétés physiques caractéristiques du medium.
Artiste profondément engagé et visionnaire, il a commencé à explorer le potentiel du photogramme unique et l’effet flicker, ou clignotement, au milieu des années 1960, pour ensuite réaliser de nombreux films dont le sujet était le ruban de pellicule lui-même.
Admis depuis longtemps parmi les chercheurs d’avant-garde, il est aussi, depuis quelque temps, reconnu par les musées et les galeries pour son travail innovant : films 16 mm retravaillés en installations multi-écrans, rubans de pellicules montés entre des plaques de plexiglas, partitions colorées à l’encre pour ses films abstraits.

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"C’est à cause de Paul Sharits que je fais des films, dit François Miron. J’ai vu une projection de Razor Blades à New York lorsque j’étais jeune adolescent, avant même d’être entré dans une école de cinéma, et j’ai été subjugué. Je ne savais pas qu’un tel type de cinéma existait. Je ne savais pas que des personnes pouvaient créer un tel art perceptif".

Il a commencé à réaliser ses propres courts métrages d’animation expérimentaux à partir de 1982 et sa technique de manipulation d’images - le tirage optique - est devenue une de ses spécialités.

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En 2007, il finalise son premier projet de long métrage intitulé The 4th Life, qui a été présenté dans plusieurs festivals à l’étranger.
En 2008, il reçoit le prix Juno pour son travail photographique sur la pochette du disque Neon Bible de Arcade Fire ainsi que le prix de la création artistique du Conseil des Arts et des Lettres du Québec, pour son court métrage Hymn to Pan, interprétation visuelle du poème du sulfureux Aleister Crowley.

Paul Sharits est son tout dernier film, dérangeant, décapant, artistique et novateur.

Jean-MaxMéjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Paul Sharits. Réal, sc, ph, pr : François Miron ; mont : Yannick Carrier ; mu : Félix Antoine Morin (Canada-USA, 2015, 85 mn). Documentaire.

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