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K.O. (2017)
de Fabrice Gobert
publié le mardi 20 juin 2017

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n° 381, été 2017

Sortie le mercredi 21 juin 2017

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Deuxième film de Fabrice Gobert, après Simon Werner a disparu, en 2010 et deux saisons de la série Les Revenants sur Canal +, K.O. se présente comme une sorte de fable sur le pouvoir.
D’une histoire simple en apparence, le réalisateur va nous proposer une trame à plusieurs niveaux de lecture : Antoine Leconte (Laurent Lafitte, toujours impeccable) est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulièrement oppressante, il est plongé dans le coma. À son réveil, plus rien n’est comme avant. Il devra alors se poser les questions de circonstance : où est le réel, quelle est la morale de l’histoire, y a-t-il un sens et, si oui, le film va-t-il aussi loin que son synopsis le laissait présager ?

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Le réalisateur explique en quelques mots son intention au départ : "L’écriture du film est née de plusieurs envies. Avec Valentine Arnaud, ma coscénariste, nous avions le désir de parler de la violence au travail, des rapports de pouvoir, du mépris, de l’incapacité qu’ont certains à se mettre à la place de l’autre. Mais nous ne voulions pas aborder ces sujets de manière frontale. Nous voulions prendre un biais. Valentine a eu cette idée d’un scénario qui s’inspirerait d’une certaine manière de ces comédies américaines où l’on voit la vie d’un type basculer dans un univers totalement différent de celui dans lequel il évoluait jusque-là."

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Le film est parsemé de citations - on entrevoit une affiche de L’Enfer de Clouzot - et d’allusions à des films hollywoodiens de l’âge d’or qui aimaient mettre en scène de grandes stars masculines dans des situations absurdes, cf. Chérie, je me sens rajeunir, ou plus récemment Chérie, j’ai rétréci les gosses.
Mais, malgré son talent, Laurent Lafitte n’est pas encore Cary Grant. Le film manque un peu de maturité et de réalisme. Il hésite entre une vision politique du monde du travail et un climax absurde qui aurait gagné à être plus étoffé. Le parti pris serait excellent s’il y avait de la matière, mais la critique du monde machiste du travail perd de son sel dans cette manière de montrer l’antihéros d’une manière aussi ambiguë après l’avoir campé, au début, comme un affreux bonhomme.

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Le but de Fabrice Gobert est de placer le spectateur au cœur du doute : "C’est vrai que dans cette première partie, on pressent que la "belle" situation d’Antoine est précaire. Des indices disséminés laissent à penser que ce modèle vacille. Cette réussite insolente et assez insupportable est en danger. Il y a autour de lui des signaux qu’il ne voit pas mais que nous percevons. Cela crée une tension qui, j’espère, donne déjà un certain plaisir au spectateur. J’ai envie qu’il se demande quelle est la véritable réalité ou si l’on est dans un fantasme."

À ce niveau, on peut dire que K.O. est réussi.
Mais on peut regretter que, commencé en trombe, le film ne se soit pas concentré plus précisément sur un propos social ou moral et se soit perdu peu à peu dans des considérations hésitantes.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma n° 381, été 2017

K.O. Réal, sc : Fabrice Gobert ; sc : Valentine Arnaud ; ph : Patrick Blossier ; mont : Bertrand Nail ; mu : Jean-Benoît Dunckel. Int : Laurent Laffitte, Chiara Mastroianni, Pio Marmaï, Clotilde Hesme, Zita Henrot, Sylvain Dieuaide (France, 2017, 115 mn).

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