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120 battements par minute (2017)
de Robin Campillo
publié le mardi 22 août 2017

par Patrick Saffar
Jeune Cinéma n° 381, été 2017

Grand Prix du jury de la sélection officielle du festival de Cannes 2017

Sortie le mercredi 23 août 2017

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Auteur de deux films excellents (Les Revenants, Eastern Boys), monteur et scénariste de films de Laurent Cantet (notamment L’Emploi du temps et Entre les murs), Robin Campillo livre ici une "fiction vécue", à partir de son expérience de militant d’Act Up-Paris.

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Autant dire que le corpus de films auxquels Campillo a participé s’avère remarquablement cohérent : déjà son premier film "traitait" de la porosité de la mort et de la vie, et il est évident que tous ceux qui ont survécu à l’épidémie du sida sont eux-mêmes des "revenants".

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La collaboration avec Cantet s’avère sans doute également fructueuse si l’on se rappelle les discussions de la classe de Entre les murs, ici métamorphosées en de vigoureuses joutes verbales lors des assemblées d’Act Up où, de toute évidence, on sent le "vécu" (mais le film, avec ses tonalités fantastiques, ne s’y résume pas).

Il n’est jusqu’au traitement visuel d’un film comme L’Emploi du temps, avec sa prédilection pour les surfaces vitrées, qui ne se retrouve dans 120 battements, lors d’une descente sauvage dans un laboratoire pharmaceutique, avec ses jets de sang contre les parois transparentes de l’entreprise.

Là où le film de Cantet signalait la frêle frontière entre le temps mort et le temps dit actif, celui de Campillo montre comment la maladie et la mort font partie de la vie de ces jeunes gens, donc de leurs rêves (terrible séquence de la Seine ensanglantée), donc de nos vies.

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L’histoire d’amour entre Sean, qui est séropositif, et Nathan est elle-même infusée de pulsions contradictoires et l’on ne saurait dire si leur relation est affirmation de la vie jusque dans la mort, ou bien l’inverse.

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Finalement, 120 battements par minute retrouve une des vocations fondamentales du cinéma, celle de donner à voir, tout spécialement des corps, corps en lutte, que ce soit contre l’Institution ou la maladie.

Patrick Saffar
Jeune Cinéma n° 381, été 2017

120 battements par minute. Réal, sc, mont : Robin Campillo ; sc : Philippe Mangeot ; ph : Jeanne Lapoirie ; mu : Arnaud Rebotini. Int : Nahuel Pérez Biscayart, Adèle Haenel, Félix Maritaud, Arnaud Valois (France, 2017, 142 mn).



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