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Boullet, Jean (1921-1970)
Une vie, une œuvre, des expos
publié le lundi 25 septembre 2017

par Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe

À propos de l’exposition-vente Jean Boullet, personnage de légende (27 septembre-4 novembre 2017).
Galerie Au bonheur du jour, Paris.

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Rue Chabanais, la galerie Au bonheur du jour ce mardi 26 septembre 2017, c’est jour de vernissage, et on est invité, par Charles Tatum, à célébrer, à 17h00, le peintre-dessinateur-écrivain Jean Boullet, pour une expo qui ne commence que demain pour le commun des mortels non avertis.
C’est Jean Boullet, personnage de légende (27 septembre-4 novembre 2017)

On peut noter que Boullet est un des chouchous de la galerie, puisque c’est la quatrième exposition qu’elle lui consacre (2001, 2008, 2013 et donc 2017).

Célébrité locale du Saint-Germain-des-Prés de l’après-guerre, il était un ami de Boris Vian.
Ils signèrent ensemble, en 1948, Barnum’s Digest, "plaquinette" rassemblant dix poèmes de Vian et dix de ses dessins.

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C’est Boullet aussi qui créa les décors de J’irai cracher sur vos tombes, lors de son adaptation théâtrale, cette même année 1948.

C’était un cinéphile averti, amateur de Bram Stoker, de sa créature et de tous les monstres de l’âge d’or (les années 30) du cinéma fantastique américain.
Il écrivit dans l’éphémère périodique St-Cinéma-des-Prés.
Il conçut le fameux numéro spécial, "L’épouvante" (n° 9, mai 1962) de la revue La Méthode (1960-1963), première ouverture sur un genre longtemps méprisé que Midi-Minuit fantastique, fondé au même moment (et à laquelle il collabora), allait promouvoir durant dix ans (1962-1972).

Ses (rares) apparitions dans la salle de la Cinémathèque, rue d’Ulm, étaient impressionnantes : tout de cuir vêtu, sans jamais quitter ses lunettes noires, il s’installait au premier rang, au centre de la bande de jolis gitons empressés qui l’accompagnaient toujours.

Il avait monté un ciné-club très privé au fin fond de la rue Bobillot, où il projetait, en 16 mm, pour une petite assistance choisie, des films d’horreur de sa collection.

Il ouvrit aussi, rue du Château, une librairie spécialisée où il ne proposait que des BD, américaines de préférence. C’est là que Philippe Druillet fit sa première exposition (merci à lui pour les photos, venues de son site officiel).

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Mais ses goûts étaient trop en avance sur ceux de l’époque (la fin des années 60) et il ne tint boutique qu’un an.

Il faut citer, notamment, la biographie que Denis Chollet lui a consacrée. Ainsi que les catalogues de la galerie (1).

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Il a fini par se pendre en Algérie en 1970, une fin à la Pasolini.
Comme si, pour lui comme pour tant d’autres, la marge revendiquée conduisait forcément à la mort prématurée.

Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe

1. Catalogues

* Jean Boulet. Sous l’aile du désir, Éditions Nicole-Canet, 2008.

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* Jean Boullet. Passion et subversion. Peintures, dessins, livres, lettres
1940-1968,
Éditions Nicole-Canet, 2013.

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Galerie Au bonheur du jour, 1 rue Chabanais, 75002 Paris.



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