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Un beau soleil intérieur (2017)
de Claire Denis
publié le mardi 26 septembre 2017

par Nicolas Villodre
Jeune Cinéma n° 381, été 2017

Sélection de la Quinzaine des réalisateurs, Festival de Cannes 2017

Sortie le mercredi 27 septembre 2017

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Le film de Claire Denis - ou devrait-on dire de Christine Angot ? -, traite des frustrations d’une brune pulpeuse, jouée par Juliette Binoche, qui n’arrive pas à trouver chaussure à son pied, pour, précisément, le prendre.

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Défilent, devant nos yeux incrédules et ceux de la laissée pour compte, une ronde de prétendants, d’appelés et d’élus, pour la plupart casés ailleurs, les uns mufles et cyniques, les autres névrosés et réticents, des rats des villes et des rats de champs, un échantillon de mâles pris du haut en bas de l’échelle sociale, certains insupportables, tous invivables, une fois passée la nuit.

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Le caractère répétitif des situations décrites, d’emblée vouées à l’échec, que ne parviennent jamais à égayer des mots d’auteur aux pointes émoussées car bien trop prévisibles, au lieu de servir de leçon à la protagoniste, contribuent à l’enfoncer, et nous avec, dans son train-train - elle n’a, a priori, pas motif à se plaindre, exerçant un métier artistique et étant à l’abri du besoin.

La brume, au lieu du soleil annoncé par la titraille météorologique, déteint, dirait-on, sur le jeu de l’actrice qui n’en peut mais et ne parvient pas à donner crédibilité ou consistance à son personnage.

Pour que nous compatissions au malheur de la midinette quinqua, encore faudrait-il que nous soyons par elle un tantinet aguichés.
Or, l’affabulation pêche par son inconsistance.

Pour rire d’elle, ou avec elle, encore faudrait-il que les saillies (spirituelles, non celles de ses partenaires) fassent mouche.
Ce qui est loin d’être le cas.

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La seule réplique qui atteigne son but de tout le film est la sortie libertaire contre le monde de banquiers qu’elle fréquente qui, d’après elle, se croit propriétaire de l’univers entier.

Heureusement, certains caméos comme Philippe Katerine, Josiane Balasko et l’immense Gérard Depardieu viennent apporter un peu de malice, de fraîcheur et, surtout, d’humanité à un récit mollasson.

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Notre monstre sacré, d’une grande finesse psychologique en gourou new age, arrive un peu tard, au moment du générique final, pour sauver l’héroïne en même temps que le film.

Nicolas Villodre
Jeune Cinéma n° 381, été 2017

Un beau soleil intérieur. Réal, sc : Claire Denis ; sc : Christine Angot ; ph : Agnès Godard ; mont : Guy Lecorne ;mu : Stuart A. Staples. Int : Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Philippe Katerine, Josiane Balasko, Gérard Depardieu (France, 2017, 94 mn).

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