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Un soir au club (2009)
de Jean Achache
publié le mardi 11 novembre 2014

par Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 11 novembre 2009

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Longtemps les mouvements révolutionnaires orthodoxes se sont méfiés des wild side et autres borderline.

Si on voulait vivre dangereusement et cultiver ses passions, c’était d’accord, nous disaient-ils. Mais fallait que ça serve à quelque chose, une cause juste (de préférence), la nôtre (forcément). Ils avaient bien raison.

La passion amoureuse, le jazz, la drogue, l’alcool, la nuit, tout ça, c’est pas très fiable, et, comme le disait Jean Genet, on tourne facile traître quand on a certains goûts.
C’était à des époques sombres et graves.

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Et puis le temps (qui arrange tout) est passé par là.
On a pu y voir plus clair, quand les horreurs de la première moitié du 20e siècle ont cessé, quand les années de paix occidentale ont permis de reprendre souffles et pavés. On a vu qu’il y avait la place pour d’autres engagements.

Il a suffi d’un petit coup de jeune sur les tragédies des vieux (qui les avaient bien cherchées, sans doute), et on a (re)découvert des énergies révolutionnaires dans mille autres mouvements : artistiques, musicaux, littéraires, poétiques. Car ça sort de partout, les révoltes et les révolutions, et rien ne vaut d’être amoureux pour construire une barricade vite fait.

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On n’oublie pas le Palais d’hiver, mais pas non plus les rades, les rues, ou les terrains vagues, où survivent les sauvageons, leurs musiques, leurs peintures, leurs "commerces". On n’oublie pas ses émotions et que les philistins-épiciers se méfient même de nos mélancolies.

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Quand on aime les histoires d’amour, les ports, Coltrane, ou simplement si on est un peu bluesy, après avoir trop marché ou crié, il faut aller voir Un soir au club.

On y dérive comme il convient avec Simon Nardis, Debbie Parker et Suzanne, avec la musique de Michel Benita.

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On n’y apprend rien sur les révolutions.
Si ce n’est, peut-être, que, collectivement ou individuellement, elles arrivent toujours sans crier gare, et qu’il faut être prêt à les accompagner, hasta la victoria, hasta la muerte.

Car c’est un luxe nécessaire de se dissoudre, de temps en temps, avant de retourner à ses affaires courantes.

Anne Vignaux-Laurent
Jeune Cinéma en ligne directe

Un soir au club. Réal : Jean Achache ; sc. : J.A. & Guy Zilberstein d’après le roman de Christian Gailly ; ph : Crystel Fournier ; mont : Sophie Fourdrinoy ; déc : Mrine Blanken ; mu : Michel Benita. Int. : Thierry Hancisse, Élise Caron, Marilyne Canto (France, 2009, 88 mn).

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