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Ami-ami (2017)
de Victor Saint Macary
publié le mercredi 17 janvier 2018

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 17 janvier 2018

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Le cinéma français, surtout les comédies, genre de prédilection actuel des producteurs, s’avère être d’une grande médiocrité, oscillant entre vulgarité et grossièreté.

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Pour son premier long métrage, Victor Saint Macary, réalisateur du court Beau-papa (2014) et scénariste du Brio (Yvan Attal, 2017), n’échappe hélas pas à la règle et son film, utilisant délibérément des acteurs venus de la télévision, des séries et des téléfilms, surfe en toute innocence et impunité sur la vague de la comédie franchouillarde.

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En décidant de dépeindre un couple de coloc’ branchés, Victor Saint Macary arrive quelquefois à faire rire, assez grassement, mais sans proposer au spectateur une vision critique de la société actuelle. Il parvient même à malmener la comédie du remariage que Stanley Cavell avait bien analysée dans son ouvrage de référence (1). Il faut dire que William Lebghil n’a rien de Cary Grant ou de Spencer Tracy, ni Margot Bancilhon de Katherine Hepburn. Quant à la réalisation, on dirait qu’on a utilisé les décors d’une série, même si l’image de David Calley est bien maîtrisée. La référence à Cavell n’est qu’anecdotique puisqu’il ne s’agit pas d’un remariage, même si, in fine, les personnages y font penser. Le scénario, écrit à quatre mains, n’est ni labyrinthique ni même choral.

Un jeune homme, échaudé par l’amour, devient le coloc’ de sa meilleure amie. Ils font vœu de chasteté ou presque, pour que l’amour n’interfère pas dans la vie de leur petite communauté, mais le destin en décide autrement.

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Cela aurait pu être traité à la manière légère et sautillante d’un Cukor, mais la petite coterie parisienne décrite est légèrement dépressive, un peu alcoolique, grossière et, surtout, complètement obsédée par le sexe. Même s’il est un peu rehaussé par une fin délibérément sentimentale, ce film prétendument romantique nous montre une société un peu schizophrénique partagée entre paillardises et pudibonderies.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

1. Stanley Cavell, À la recherche du bonheur : Hollywood et la comédie du remariage, Vrin, 2013.

Ami-ami. Réal : Victor Saint Macary ; sc : Victor Saint Macary, Thomas Cailley, Audrey Diwan et Benjamin Charbit ; ph : David Cailley ; mont : Florence Besson ; mu : Victor le Masne. Int : William Lebghil, Margot Bancilhon, Jonathan Cohen, Béatrice de Staël, Hubert Saint Macary, Christophe Odent, Manu Payet (France, 2017, 86 mn).

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