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Quatre histoires fantastiques (2017)
de William Laboury, Steeve Calvo, Maël Le Mée et Just Philippot.
publié le mercredi 14 février 2018

par Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

Sortie le mercredi 14 février 2018

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Au sein de son laboratoire consacré au cinéma de genre, le magazine Sofilm en partenariat avec le CNC, la chaîne Canal+, la SACEM et plusieurs collectivités, encourage l’écriture et la production de courts métrages et de longs métrages de genre (fantastique, SF, thriller, polar, comédie musicale, etc.). Ces résidences ont pour but de favoriser des modes d’écriture innovants en laissant davantage de place aux expériences d’écriture collective, à la littérature et à la musique. Elles permettent également d’associer très tôt, dans l’élaboration des projets, les principaux acteurs de la fabrication des films. C’est donc une initiative qu’il faut encourager et c’est avec curiosité que nous attendons les productions des autres genres déclinés dans ces résidences artistiques.

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Le genre fantastique n’est pas un genre facile. Par goût, on serait plus porté vers le fantastique psychologique qui ne nécessite ni effets spéciaux, ni apparitions de zombies à chaque plan. Des films à la manière du Horla de Jean-Daniel Pollet, du Shining de Stanley Kubrick, ou du sketch de Fellini d’après Poe, Il ne faut pas parier sa tête avec le diable. (1)

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Dans cette série de quatre films, excepté le premier, Chose mentale (William Laboury), il est fait largement usage des effets spéciaux et de l’horreur, voire du gore, voies largement explorées dans le genre.
Sans doute a-t-il été demandé aux jeunes réalisateurs et scénaristes d’utiliser les studios d’effets spéciaux français ?

Du coup, nous voici devant trois petits films assez horrifiques : Livraison (Steeve Calvo), Aurore (Maël Le Mée) et Acide (Just Philippot).
Tous sont habités par la même peur de l’avenir et se déroulent dans une atmosphère pré ou post-apocalypse : allergie aux ondes électromagnétiques, pluies acides, famine et sécheresse, pouvoirs surnaturels imaginaires mais générés par une génération nourrie de jeux vidéo et d’Internet.

Tous témoignent d’une manière très spéciale de jouer avec les corps humains en les présentant soit dénudés, trépanés, mutilés, liquidés, soit métamorphosés en zombies ou en cannibales, soit défigurés par les diverses pollutions de la planète.

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Tous, en obéissant aux codes du genre, proposent un bilan d’une horreur apocalyptique qui n’appartient plus à un lointain avenir mais est déjà installée.
Symbole de cette angoisse : le magnifique plan du début de Acide sur un ours en peluche abandonné sur la route, détruit par une pluie mortelle incessante. Cette seule image, sans effets spéciaux, décrit la détresse qui baigne notre société moderne.

Jean-Max Méjean
Jeune Cinéma en ligne directe

1. Horla de Jean-Daniel Pollet (1966) ; Shining de Stanley Kubrick (1980) ; Histoires extraordinaires d’après Edgar Poe (1968) : Metzengerstein de Roger Vadim ; William Wilson de Louis Malle ; Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa tête avec le diable de Federico Fellini.

Quatre histoires fantastiques. Chose mentale (William Laboury) ; Livraison (Steeve Calvo) ; Aurore (Maël Le Mée) ; Acide (Just Philippot). Int : Sophie Breyer, Malivaï Yakou, Didier Bourguignon, Anne Canovas, Maud Wyler, Fiorella Campanella (France, 2017, 82 mn).

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